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08/07/2008

Le départ de Lancelot

Eh bien oui, je m’en vais.

   

La dernière phrase du billet précédent (combien important pour moi… même si tout le monde n’a pas pu le comprendre avec l’esprit, mais certains l’ont appréhendé avec le cœur, merci à toi ma Bougrenette) était « Cap sur l’océan »

  

Le bateau de Lancelot passe donc un cap, quitte une mer, et se dirige vers d’autres horizons. Je sais : en principe, Lancelot, il sort d’un lac. C’est ce que j’ai fait, au cours des dernières semaines. Un voyage vers la surface qui m’a laissé épuisé. Mais vivant.

C’était un lac très doux, dont j’aimais fouler le fond chaque matin. Je n’étouffais pas, parce que je n’y respirais pas. Je ne m’en rendais pas compte. J’écoutais juste les battements de mon cœur, qui me faisaient oublier cette apnée perpétuelle. J’étais si bien, à caresser les poissons dorés qui glissaient au-dessus de ma tête, à me laisser effleurer par la caresse légère des algues… TiNours était resté là-haut, mais je ne m’en faisais pas, parce que je continuais à l’apercevoir,  et à lui faire signe, depuis le fond. Je continuais cette exploration, cette promenade à coeur battant, à cœur perdu.

 

 

Et puis un soir, il y a eu une tempête. Des remous. Les poissons se sont enfuis. Les algues m’ont cinglé. La température a brusquement chuté. J’ai ouvert la bouche pour crier et c’est alors que l’eau glaciale a tout envahi et que j’ai compris que j’allais étouffer. J’ai voulu remonter vers la surface, mais je ne voyais plus le soleil, tout était si noir. Le sable si léger du fond du lac était devenu une vase spongieuse, qui retenait, aspirait, engloutissait mes pieds nus. Je me suis débattu. J’étais trop lourd pour remonter. Désespéré, j’ai dû lâcher, pour survivre, tout ce que j’avais acquis au fond du lac. Des richesses, des souvenirs, des sentiments, des sensations, par dizaines. Oter le heaume des échanges intellectuels, arracher les gantelets de la tendresse, déboucler le plastron qui enfermait le cœur pour le mettre à nu et à vif. Tout laisser derrière soi. Se sauver, soi. Sauve-toi Lancelot, à brassées affolées vers la surface. Ne craque pas. Ne cède pas à ta tentation de revenir, de regarder en arrière.

 

Emerger près de la rive, toussant, suffoquant, sanglotant. S’abattre dans les orties du réel, sur les cailloux acérés du quotidien. Grimacer. Se relever, faire quelques pas. Réapprendre à respirer l’air pur, mais glacial. La réalité si dure, si nue. Si vraie aussi.

J’ai scruté à nouveau au fond du lac, croyant, qu’après la tempête et mon départ, le fond en serait dévasté. Surprise. Tout était aussi calme et beau qu’avant. Deux poissons lunes ont tournoyé sous mes yeux en un lent ballet gracieux et délicat, puis se sont éloignés l’un de l’autre. J’ai tendu ma main vers l’eau, et elle a heurté la surface sans pouvoir y pénétrer. Le lac était gelé, et je ne pouvais plus revenir en arrière.

 

C’est alors que j’ai pleuré, sangloté. Mais même mes larmes n’ont su faire fondre l’impassibilité, la froidure de la glace. Plus aucun retour n’était possible. J’ai tout laissé couler. Toute l’eau que j’avais absorbée, respirée au fond. La laisser jaillir. Sortir. S’épancher. Se tarir.

Une dame est passée, a posé sa main sur l’épaule nue de Lancelot, et lui a souri. Elle portait une trompette, attachée sur son cœur. Petit morceau de tendresse, petit éclat de lumière de son regard vert tendre. Comme un soupirail qui s’entrouvre. Il a hoqueté, comme un enfant, tout surpris, s’est arrêté de pleurer et a regardé la dame s’éloigner.

 

C’est alors que je me suis rendu compte que je n’avais pas tout laissé au fond du lac : autour de mon poignet droit, un bracelet qui avait perdu son éclat, mais qui restait là, bien tangible, comme preuve de mon passage là-bas. Et surtout, un caillou acéré, coupant, au creux de ma main, arraché aux tréfonds lors du départ, était devenu une perle au contact de laquelle mon sang se tarissait doucement, laissant se refermer la blessure.

  

J’ai levé les yeux. TiNours était assis de l’autre côté du lac, et me regardait. M’attendait. Plein d’amour. De compréhension. De patience.

  

Je vais contourner la rive pour aller le rejoindre. Si vous voulez me suivre, le chemin est ici :

  

 

 http://boatontheocean.hautetfort.com/archive/2008/07/08/t...

 

 

Donc Lancelot s’en va, mais il revient tout de suite.

 

 

20:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fin, départ, épreuve

06/07/2008

Parenthèse douce

La nuit est tendre, les rires fusent, je suis bien, je suis bien.

 

 

Voir la voiture où on s’est tellement parlé, où on a tellement échangé, mélangé nos vies, nos quotidiens, nos souvenirs, presque quatre fois par semaine.

 

 

Ouvrir la malle, fouiller le sac. Où sont-ils ? Ah, les voici. Karen et Denys glissent sans heurt d’un lieu à l’autre, d’un monde vers l’autre.

 

 

Comment c’était déjà ? L’Amour et la Liberté. Ce soir ils sont là. Tous les deux. Cohabitant sans secousse, sans antagonisme. S’imbriquant, se juxtaposant, se complétant, dans un ballet lent et souple sur fond d’amitié, d’hilarité, de sympathies et d’affinités naissantes. Tu es libre d'aimer. J'aime et je suis libre.

 

 

Ce soir, plus de pierres coupantes, plus de poison qui brûle, plus de réflexions acérées, plus d’humour blessant. Finies pour toi les volées de bois vert, ou la pression imposée. Pour moi, plus d’incertitudes, plus d’extrapolations. Tout est simple et clair.

 

 

S’embrasser ? Evidemment… C’est écrit partout qu’il faut le faire. Et il y a ces quelques secondes délicieusement éphémères ou je sens ta bouche sur ma peau, mes lèvres dans ton cou, ton nez qui frôle le mien, ma main dans tes cheveux, ton corps contre mon corps. Après tous ces jours, ces semaines, ces mois. Enfin... Enfin.... Comme c’est doux.... C’était. Déjà.

 

 

La page se tourne doucement, le livre se referme. Je n’aimais pas l’avant-dernier chapitre. Je suis content d’avoir forcé le destin à en écrire un ultime. Le caillou va devenir perle. Je suis serein.

 

 

Et après quelques vannes lancées dans la nuit sur les mérites comparés des seins des femmes et des pecs des hommes (avec découvertes tactiles à l’appui), je te laisse aller de ton côté, parlementer sur la notion de fidélité. Ce soir j’ai acquis quelques certitudes, qui me suffisent.

 

 

Cap sur l’océan.

Fiso, Orpheus et Lancelot

Pour pouvoir rencontrer les uns et les autres, les blogueurs, les non-blogueurs, les hommes, les femmes, les pas vus depuis longtemps, les jamais vus, j’ai effectué, au cours de ces trois jours, un quadrillage de Paris dans tous les sens, qui m’a laissé un peu sur les rotules. La Quête du Graal de Lancelot, si vous préférez.

 

 

 

Au cours de ses errances multiples, le Chevalier du cycle arthurien a pénétré par hasard dans une autre espace-temps : la mythologie grecque. Orpheus ayant été empêché d’assister à la Table Ronde de Paris-Carnet, il m’avait fixé rendez vous le lendemain soir, sur les rivages du Styx, près de Pigalle. N’y voyez là aucun parallèle, juste un hasard.

 

 

 

J’y avais bien sûr entraîné Fiso, toujours ouverte à de nouvelles rencontres sympa-bloguis-tiques. Et c’est ainsi qu’au fond d’une salle à l’ambiance sud-américaine, j’ai eu enfin le plaisir de rencontrer le Blogueur à la Lyre, qui nous a fait un petit signe de la main quand il nous a vus hésiter à l’entrée.

 

 

 

Il était un peu triste, mon Orpheus, suite à une journée mouvementée au boulot avec une collègue à problèmes. Et lui, bien sûr, gentil comme il est, il se dévoue pour chercher des solutions, et il agit efficacement. Altruiste et constructif. Il a déjà très bien résumé tout cela ici. J’espère que grâce à son intervention, tout ira mieux à l’avenir pour L. Même si ce sera sûrement difficile.

 

 

 

Après trois cocktails servis par un garçon à la gouaille bon enfant qui nous appelait « les jeunes » « Mademoiselle » « Jeune Homme » (même si on était certainement tous les trois plus âgés que lui) on a enchaîné sur une conversation à bâtons rompus sur des sujets variés. Les rapports avec les collègues de boulot, les blogueurs fréquentables ou non selon leur degré de pédanterie, comment ne pas se laisser bouffer la vie par son blog, la fidélité à géométrie variable dans les couples pédés, comment faire une réservation à l’hôtel et décrocher une chambre pour deux avec un seul lit lorsqu’on est un couple de mecs, comment ne pas froisser sa famille par un juvénile coming-out trop agressif, de l’utilité ou non de se mettre sur liste rouge ou orange pour éviter le « spam téléphonique », le nombre en croissance alarmante des SDF dans Paris depuis deux ans, les ennuis, malheurs et contraintes liés à l’utilisation du Vélib ou du vélo dans la capitale, bref la vie quoi. La vie en mangeant. Serveur-Gouailleur était plus rapide et nous n’avons pas eu à attendre une heure et demie comme la veille dans le 11°.

 

 

 

Le courant est bien passé entre ma Petite Sœur et mon Barde. Je n’en doutais pas une seule seconde d’ailleurs. La complicité voletait joyeusement autour de la table, pour entrelacer les « paires ». Deux mecs homos. Deux Parisiens. Deux frère et sœur (même virtuels, peu importe). Au final, une soirée-trio très réussie, sans jamais ni silence ni ennui.

 

 

 

Deux ombres au tableau tout de même : tout d’abord il faisait trop frais, la température était retombée à 15° ce soir-là. On en est arrivés à apprécier l’étuve du métro sur le chemin du retour ! Et puis, Orpheus ne se laisse pas prendre en photo, sauf si c’est pour adopter de lascives postures sur sa lunette des WC ou sur son divan (voir son blog…..). Comme il n’y avait ni cuvette ni sofa à l’horizon, j’ai remballé mon appareil en grommelant et je me suis rassis sur ma frustration. Pas de « preuve » à rapporter à Panama. Tant pis pour moi. Faudra me croire sur parole quand je dis qu’Orpheus a des yeux de braise….

 

 

 

Encore une séparation à l’entrée du métro, encore des bisous, encore du bonheur et de la sympathie. Les gens supérieurs ne déçoivent jamais. J’aime ces instants réels arrachés à la virtualité quotidienne de notre toile constellée de blogs. Oui, la vraie vie se cache derrière tout cela, et c’est un plaisir intense de la débusquer par moments, pour se dire que dans ce monde qui paraît quelquefois si dur à supporter, il y a des inconnus qu’on peut aimer. De la gentillesse. De la compassion. De l’altruisme. De l’humour. Tout ce qui fait l’existence belle et bonne.

 

 

 

Orpheus et Fiso ont échangé leurs « flux SSR». Je suis vraiment content si j’ai pu contribuer à la naissance d’une nouvelle complicité dans le monde de la blogosphère.

 

 

 

Il y a des Graals partout. Il suffit de les faire naître.

01:00 Publié dans BlogPotes | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : blogpotes, paris