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05/09/2007

Rentrée

Ca y est, reprise depuis lundi.

 

Il y a un phénomène agréable lorsqu'on bosse dans la même boîte depuis plusieurs années (j'entame ma 4° déjà ! comme le temps file, c'est incroyable, tant pis pour le cliché...) c'est le fait de retrouver des collègues avec plaisir parce qu'on les aime bien, et de plaisanter avec eux, et de leur demander comment se sont passées leurs vacances, et de se redonner des surnoms, etc... C'est vrai que l'ambiance "grande famille" aide énormément lors d'une reprise. On a toujours quelque part une petite fibre qui frémit avec plaisir en se disant "ah quand même, on a l'air de bien m'aimer..." Et si c'était de l'hypocrisie ? Bah tant pis, c'est toujours agréable à prendre, les sourires, et ça ne peut jamais faire de mal.

 

J’ai bien les classes qui avaient été prévues pour moi lors de la réunion de concertation (dont une classe obtenue « à l’arraché » ! mais bon, ne ratiocinons pas, obtenue quand même…). Par contre mon emploi du temps n’est franchement pas top, enfin à mon goût. J’aime travailler tôt le matin (8h) et finir tôt l’après midi (15h au plus tard). Bilan des courses, je travaille TOUS les après midi (le vendredi jusqu’à 17h30, sgroumph…) et j’ai trois matinées de libre, ce dont je n’ai strictement rien à foutre parce que je suis pas un lève-tard, et que travailler le matin à des corrections ou des preps en ayant le souci de faire cours l’après-midi c’est une façon de bosser que je DETESTE. Bref ! il faudra bien faire avec…

 

Face à ça, en ce moment, les bêtises habituelles des « sujets marronniers » à la radio, le retour de vacances, les courses de rentrée et que le budget est serré parce que les enfants réclamment des ‘marques’ , le blues de la maman qui emmène son trésor pour la première fois à l’école maternelle et que c’est un crève-cœur, les interviews des collégiens stressés à la sortie de leur première journée, etc etc. On a même eu le cas d’un mec qui avait été recalé en juin au bac et qui après avoir demandé au rectorat le recompte de ses points, l’a eu en septembre parce qu’on lui avait oublié deux points, dis donc ! Encore un cas qui va faire jurisprudence pour la suite…. Recomptons soigneusement les points sur nos copies….

 

Entendu ce matin à Europe 1 un reportage qui m’a stoppé net dans mon petit déjeuner : à l’occasion du débat habituel sur la différence entre enseignement public et privé, cas d’un collège privé de Marseille, dont le nom m’a hélas échappé, mais qui est dans le quartier de la Belle de Mai. La particularité de ce collège catholique, c’est qu’il accueille un fort pourcentage d’élèves de confession musulmane. L’administration met en avant l’ouverture d’esprit qu’est censé posséder tout bon Catholique. Pourquoi pas … ? Alors interview d’une mère d’élève : « Ici c’est mieux que dans le public… blablabla…. meilleur respect…. blablabla… dans le public les profs sont toujours absents, ici ce n’est pas le cas, blablabla… » Et puis on enchaîne sur l’interview du proviseur, qui explique très sérieusement que les professeurs musulmans ont droit à une journée pour leur fête religieuse (donc il y a des cas d’absences AUSSI des professeurs du privé, apparemment, même si c’est pour la ‘bonne’ cause… ?) et puis et puis, cerise sur le gâteau : « les jeunes filles de confession musulmane ne portent pas le voile, on les a autorisées à remplacer cela par un bandana ! » ALORS LA !!  j’ai failli en renverser mon café !  QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE HYPOCRISIE ???? Dans l’établissement public où j’exerce, ni les voiles religieux ni les bandanas ne sont autorisés. Ni aucun couvre-chef d’aucune sorte à l’intérieur des salles de classe d’ailleurs. Un bandana pour remplacer le voile musulman ! Non mais je rêve, moi là !!! Que l’administration d’un établissement scolaire tombe aussi bas pour continuer à attirer des clients des élèves, je trouve déjà ça très grave. Mais qu’ensuite on cite ce collège lors d’une interview pour illustrer l’excellence du privé performant face au public délabré, alors là les bras m’en tombent….

 

Heureusement que bientôt nous allons recevoir la lettre aux enseignants de notre Nicolou national. Elle va sûrement nous remonter le moral.

Commentaires

Si je puis me permettre, jusqu'à la très médiatique loi sur la laïcité revisitée quant à l'ostensible port de signes religieux, la majorité des établissements publics géraient la quasi-totalité des cas de litiges avec des élèves musulmanes "ostensibles" en autorisant le bandana à la place du dit "voile musulman".

C'était à l'époque où le dialogue et le consensus primaient sur l'interdiction formelle.

S'il reste encore des lieux où cette concession concertée est encore autorisée, les établissements privés, alors, de mon point de vue, ce n'est pas un mal pour la paix sociale.

Si j'avais imaginé il y a quelques années faire un compliment aux établissements privés, je crois que j'aurais demandé qu'on me pince par trois fois pour bien vérifier que je ne rêvais pas. ;-)

Écrit par : Urobore | 05/09/2007

Chacun son point de vue, bien évidemment. En ce qui me concerne, j'estime que ce que tu appelles 'dialogue et consensus' (sur ce point précis) ne sont qu'une vaste hypocrisie.
Je suis contre le port du voile ou tout autre signe d'appartenance religieuse, à l'école, personnellement. Bon, on ne va pas revenir sur ce débat-là. MAIS, en toute honnêteté, s'il faut absolument en arriver là, j'aime autant que le port du voile soit autorisé plutôt que celui du bandana ! Ca me fait penser au "don't ask don't tell' sur l'homosexualité dans l'armée américaine. C'est tout aussi hypocrite ou insidieux. Dans le cas des soldats homos, si on est homo, on ne doit pas craindre de le dire. Dans le cas des élèves musulmanes, si certains établissements acceptent cette marque distinctive que serait le bandana, alors ils DOIVENT accepter le voile en tant que voile. Et si c'est pour contourner sans vraiment les respecter les directives de l'éducation nationale, alors qu'ils aient le courage de leurs pratiques, et qu'ils le disent ouvertement.

Écrit par : Lancelot | 05/09/2007

Je n'avais ancun doute là-dessus, mais c'est confirmé aujourd'hui : Lancelot exerce son noble métier dans l'enseignement public.

Écrit par : Philippe | 21/07/2010

@ Philippe : Quel scoop !!!! Tu as pensé à envoyer une dépêche au journal Le Monde ? :)

Écrit par : Lancelot | 05/08/2010

Les commentaires sont fermés.