Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/09/2007

"Merci pour ces deux jours de bonheur..."

Mes parents sont venus nous voir ce week-end. Arrivés vendredi en fin d’après-midi et ils sont repartis tout à l’heure vers 17h30.

Même si je les vois assez peu (une fois tous les deux mois en moyenne, disons), je m’obstine à ne pas remarquer leurs signes de vieillesse. Je suis atteint à leur égard de ce qu’on pourrait appeler une « myopie psychologique » probablement. Je suis bien forcé de voir les choses les plus évidentes, l’embonpoint de mon père, ou bien le fait que ma mère a plus de mal à marcher depuis son opération de la hanche il y a 6 mois (même si elle s’en est remarquablement bien remise). Mais, non, pour moi, ils sont toujours les mêmes… Je les retrouve toujours avec le même mélange de tendresse et d’agacement face à leurs manies, leurs formules, leurs façons d’être, que je connais par cœur, tout comme eux me connaissent. Mais un parent connaît-il son enfant aussi bien que l’inverse, dans la mesure où les enfants continuent à évoluer loin d’eux à l’âge adulte, alors que les parents, intérieurement, changent beaucoup moins, voire plus du tout, en vieillissant, loin de leurs enfants ?

Nous sommes allés tous les quatre au restaurant samedi à midi (pour un essai d’ailleurs c’était très réussi, bon, et copieux) et mon Tinours est parti le premier chercher la voiture, pour leur éviter une trop longue marche,  parce que le restaurant était situé dans une rue piétonne où l’on ne pouvait stationner. Et comme je suis passé au pipi-room, je suis sorti environ une minute après eux, et je les ai vus de dos avancer au soleil en se tenant la main, doucement, à environ 20 mètres devant moi. Et là une douceur triste s’est emparée  de moi en les regardant. Ils ont plus de 80 ans. C’est ma mère, c’est mon père, je les aime. J’aurais voulu les immortaliser dans cette lumière où ils avançaient, à petits pas. Les rappeler, leur crier « N’avancez pas trop vite, ne partez pas, attendez-moi, ne me laissez pas derrière vous ! » Mais bien sûr, ils n’entendront pas et continueront seuls leur chemin vers le bout de la rue…..

Tout à l’heure mon père m’a rappelé après qu’ils sont rentrés pour me dire que leur voyage de retour a été sans problème, et il a conclu en me disant « Merci à vous deux pour ces deux jours de bonheur ».

Touché, Papa. J’ai gardé un moment la main sur le combiné après avoir raccroché, en fermant les yeux.

20:05 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mes parents

Commentaires

glups d'émotion

Écrit par : orpheus | 09/09/2007

Oui bon rien à voir avec le post mon commentaire, mais c'est juste pour dire que je me suis bien marré avec le "Vous aussi Madame" par rapport aux entrées qui se dégradent.
Enfin bon on se comprend.
Super bien placé la phrase.
Roh, je regrette de ne pas avoir un tel revers de parole parfois!

Écrit par : Poudre | 11/09/2007

@ Orpheus : Et j'ai aussi oublié de te dire qu'ils m'ont chanté "Don't cry for us, dear son" sur l'air d'Evita (mais eux, le rugby, ils s'en fichent, lol)

@ Poudre : il est unique mon TiNours à moi, pas vrai ? S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer.....

Écrit par : Lancelot | 11/09/2007

Mazette, ça c'est de la reprise.

Écrit par : orpheus | 12/09/2007

Je te souhaite de garder tes parents le + longtemps possible
&, plus tard, trop tard, de ne pas avoir de remords pour n'avoir pas été assez gentil, attentif, etc. ...
Je parle d'expérience !

Écrit par : Philippe | 21/07/2010

@ Philippe : On ne peut pas revenir en arrière, mais on peut toujours s'améliorer, soi, dans le temps présent.

(OUAH, ZIVAH, on dirait du Confucius dans le texte !!!)

Écrit par : Lancelot | 05/08/2010

Les commentaires sont fermés.