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19/02/2008

Côte de popularité

Devant les journaux télévisés (toutes chaînes confondues) et devant les médias, j’ai toujours eu une méfiance instinctive, maladive, frisant la parano.

J’entends par là que j’essaie toujours de deviner s’il n’y a pas une petite bête cachée dans les informations que l’on nous livre, couvant un nid à mensonges.

Quand je dis que je frise la parano, c’est que j’en viens systématiquement à prendre le contre-pied de l’information et à ne croire qu’au mensonge (ou en tout cas à la déformation de la vérité) dans ce que la TV, la radio, nous livrent de l’actualité.

C’est bien d’avoir l’esprit critique, mais par moments j’ai toujours l’impression de tomber dans l’exagération.

 

Exemple tout récent et tout frais : les errements actuels de la côte de popularité de Nicolou.

 

Ce soir, après avoir entendu pour la 150° fois de ce mois-ci le présentateur du JT annoncer que cette côte était encore en train d’atteindre le vingtième sous-sol et continuait à creuser au fond de la mine, je ne sais pas pourquoi, mais une fibre en moi s’est rebiffée.

 

Honnêtement, si on examine les choses objectivement, Français, Françaises, qu’est-ce que nous en avons à faire, nous, de la côte de popularité de notre Président ?

 

Pourquoi est-ce qu’on nous en fait suivre la progression négative, semaine après semaine,  jour après jour, heure après heure, comme la température d’un malade à l’agonie ?

 

Finalement, ces pourcentages en chute libre ne sont-ils pas censés l’intéresser lui ET LUI UNIQUEMENT ?

 

Quel est l’impact possible de ces chiffres sur les Français ?  Ces derniers se divisent (en gros) en trois catégories :

 

1)      Ceux qui en mai ont voté contre le président actuel, et qui en sont encore mécontents aujourd’hui. C’est mon cas. On apprend donc qu’on a rejoint une espèce de ‘majorité virtuelle’, basée sur des sondages. Big deal…

2)      Ceux qui ont voté contre lui en mai, et qui le regrettent aujourd’hui. Ceux sont eux finalement, de par leur revirement, qui ont fait « descendre » les 53% favorables au Président, entre mai et février.

3)      Ceux qui ont voté pour lui en mai,  sont encore satisfaits de lui, et se rangent résolument aujourd’hui dans le camp minoritaire.

 

Finalement, seul le groupe numéro 2 est intéressant pour des sondeurs et des analystes,  parce qu’il représente une entité floue, fluctuante et changeante, mal circonscrite socialement et (encore plus) politiquement.

 

Mais en fait, si tout cela présente quelque intérêt pour les spécialistes de Médiamétrie, l’ensemble en a peu pour moi, Français lambda. De telles constatations valent-elles vraiment qu’on leur consacre trente secondes (minimum !) dans chaque JT de chaque chaîne, matin, midi et soir ? La vraie question que je me pose, moi, c’est : pourquoi, au nom du ciel, ne cesse-t-on de nous abreuver de ces sondages et de cette côte de popularité, jour et nuit, et ce depuis des semaines ?

 

Et là ce soir, ma parano a repris le dessus :

 

Ces sondages défavorables n’arriveraient ils pas à point nommé en cette période de mécontentement généralisé, non pas comme des conséquences du malaise que nous ressentons tous, mais justement, comme pilule roborative pour le moral en berne de la population dans sa majorité ?

 

Le pouvoir d’achat est en baisse, les augmentations de salaire prévues (dans la fonction publique ou ailleurs) ridicules, les scandales autour de la spéculation boursière se multiplient, l’économie libérale en arrive à un point où elle ne peut plus masquer ses insuffisances, ses échecs, MAIS on dispose de quelqu’un sur qui taper.

 

D’ailleurs, quand je dis ‘taper’ c’est un bien grand mot. Distiller notre venin et notre bile amère, en boucle, tout au plus. En se plaignant et en lui crachant dessus. Mais pour lui, c’est indolore. Il n’en entend pas le quart du quart du quart. Et il vaut mieux lire des sondages (même catastrophiques pour l’ego) dans les journaux, de façon virtuelle, que de se prendre physiquement des crachats ou des insultes.

 

En résumé, je me demande si on ne nous sert pas quotidiennement cette « soupape de sécurité consolante » comme un doucereux anesthésique journalier. « Ben oui, tu es mécontent, mais tu n’es pas le seul, tu vois ? En mai, tes convictions ont été battues. Maintenant tu fais partie d’une majorité. C’est bien, non ? Ronge ce gros nonoss et tais-toi. »

 

 

En attendant l’inévitable politique d’austérité qui va suivre les municipales.

 

 

Suis-je parano ?

Commentaires

C'est intéressant comme réflexion. (par contre en 2 tu as sans doute voulu écrire "ceux qui ont voté pour... non ?)

Écrit par : Valérie de Haute Savoie | 20/02/2008

Exact ! Est-ce un lapsus freudien...? LOL... En tous cas je ne corrige pas, comme ça ta note garde tout son sens... Bisous à toi, et merci de ta visite. J'aime beaucoup ton blog.

Écrit par : lancelot | 20/02/2008

Si on se place dans un contexte plus général, ce qu'il est intéressant de constater, c'est que c'est la côte de popularité (je n'aime pas trop ce mot) du PRESIDENT qui tombe et non pas celle du premier ministre comme cela devrait être le cas si nous étions dans un fonctionnement normal de la Ve république. Je pense que c'est aussi une manière de parler de Sarkozy en allant dans le sens du poil des citoyens que de montrer qu'il n'est qu'un homme, soumis aux aléas de la vie et blablabla, bref, fragile et rebelle mais prêt à continuer à naviguer sur les eaux tumultueuses du pouvoir. Donc on continue à nous jeter de la poudre aux yeux, comme tu le dis, et à nous prendre pour des cons... Sans tomber dans la parano, nous sommes simplement dans un système "du pain et des jeux"...

Écrit par : L'Elephant | 20/02/2008

Et oui, il y'a sans doute de ça, je n'avais pas vu ça sous cet angle là...
Je pense, j'espère que ce désamour va servir la gauche aux prchaines élections, mais si c'est le cas, j'ai peur que celle-ci ne se repose sur ses lauriers et arrête son travail de refonte, de réflexion...
Mais je pense aussi à l'ulcère qu'il doit se faire en voyant sa côte de popularité s'effondrer... hi hi hi !

Écrit par : anydris | 22/02/2008

Je crois que ton attitude n'est pas paranoïaque, elle est simplement sage. Où commence la manipulation, où s'arrête l'information ? Que se cache-t-il derrière ces bombardement médiatiques ? Une stratégie de l'homme blessé ? (on voit déjà poindre un discours de victimisation à la suite de la pétition Villepin...) La mise en scène d'une probable soudaine remontée ? L'agitation du leure de la pipolisation ? (C'est la faute à la trop grande médiatisation de sa vie privée, pas du tout à cause de s politique...) Enfin, bref, rester méfiant et vigilant face à la presse, c'est plus que sage. Autrement (eh! oui, je m'excuse), je t'ai tagué à propos de petites choses sans importance (quoi que). C'est une sorte de jeu dont les explications se trouvent chez moi. Bises

Écrit par : Oh!91 | 23/02/2008

Les commentaires sont fermés.