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18/04/2008

Malemort

 15 avril

 

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Partis ce matin à 10h30 de la maison, nous sommes arrivés à Malemort pour prendre le repas de midi avec mes parents. Bien sûr, dès notre arrivée, mon père m’explique en détail comment fonctionne le chauffe-eau, que je connais par cœur, le poêle à mazout, que je connais beaucoup moins, le remplissage des arrosoirs à la cuve à essence, les volets à ne pas oublier de fermer même si nous ne partons que pour une heure, etc, etc….

 

 

 

447327653.JPGMa mère, elle nous avait préparé un repas pantagruélique… Paté de tête, purée faite maison avec andouillettes et boudins cuits au feu de bois du barbecue, fraises, tarte aux pommes et à la noix de coco, café , ouffff bonjour le cholestérol, mais… miam miam, que c’est bon de re-goûter à la bonne cuisine de sa Maman….

 

 

 

Malemort, c’est toute une moitié de mon enfance. Mes parents ont acheté ce chalet au pied du Ventoux quand j’avais onze ans, et j’y ai passé des périodes très diverses de ma vie : les premières crises d’asthme dans mon adolescence, (voir ici), mes quinze ans et mon éveil à l’amour auprès de ma Christine (oui oui, c’est bien Christine et non Christian ou Christophe, tout était encore possible à cette époque…), les étés où, étudiant, je bossais aux plâtrières pour me faire de l’argent 1588956066.JPGde poche, et que je rentrais, après avoir fait les « trois huit », vanné et déshydraté, les pieds en compote à cause de ces maudites chaussures de sécurité (bains tièdes au Synthol, bouteilles entières de Badoit sifflées avec délices…). Les week-ends où, en hiver, on osait monter par un froid glacial pour nous blottir autour du poêle (« Sans famille », Hector Malot)… Les étés de chaleur écrasante et parfois bourdonnante de mouches (« Cent ans de Solitude » Gabriel Garcia Marquez)… Malemort doit être un des endroits de France où l’on connaît la plus grande amplitude thermique ! Mais j’ai toujours aimé les hivers très froids et les étés brûlants. J’aime les grands contrastes. Les saisons ‘mi-figue mi-raisin’, très peu pour moi…

 

 

 

Notre chalet de vacances. Perdu dans la garrigue. Le voisin le plus proche (et unique) est à 500 mètres, et le village à deux kilomètres. Loin de tout, sauf de la nature. Des cerisiers, des chênes. Des vignes à s’en fatiguer les yeux. La proximité majestueuse 1403382225.JPGdu Ventoux. Le soir, par temps clair, un ciel incroyablement étoilé. Une clarté qui pourrait presque remplacer celle de la Lune. Bien sûr, aucune connection internet. Je rédige actuellement ma note sur Word, je la publierai sur HautetFort plus tard, lorsque nous serons rentrés à la maison. Quand mes parents ont acheté le chalet, au départ il n’y avait même pas l’électricité ! L’eau courante, oui, tout de même… Je n’ai jamais tiré des seaux du puits… Aujourd’hui, ici il y a EDF, et téléphone. Mais internet, non. Mes parents s’en foutent, de Google et de Hautetfort…

 

 

 

Cet après midi, après leur départ, TiNours et moi avons refait ma promenade préférée (‘mon pèlerinage’ comme il la surnomme avec une 1618902048.JPGironie affectueuse) à Blauvac. Environ quatre kilomètres aller-retour. Blauvac, c’est un village mouchoir de poche, perché au sommet d’une colline, avec une vue sur la vallée à couper le souffle, et des surprises au détour de chaque ruelle. J’ai fait le parcours à pied d’innombrables fois. Le jour, le soir, la nuit. Sur la route qui y monte, on peut rencontrer de tout : des jeunes en moto, des touristes hollandais en décapotable, des bonnes sœurs. Une nuit, en juillet 2001, on avait même vu un jeune homme qui descendait les virages couché sur son skateboard , éclairé par une voiture qui le suivait tous phares allumés. Vachement gonflé le mec. A sa place j’aurais vraiment eu la trouille de me faire percuter par une voiture arrivant à toute vitesse dans l’autre sens, même si la probabilité d’en voir surgir une à l’improviste en pleine nuit sur cette route en lacets était hautement improbable, mais….

 

 

 

1835757024.JPGCet après midi, nous avons été surpris par un troupeau de biquettes encadré par un berger, deux bergères et leurs chiens (« Ramène-les Diego, va les chercher, va !!! »).

 

 

 

Ici, j’aime à me dire que les pendules, les calendriers n’ont pas cours. L’espace, dans sa beauté, sa simplicité, son évidence rassurante, occupe tout, annihile le reste. Je n’ai plus ni 40 ans, ni  30, ni 15. Je suis. Moi. C’est tout. J’ai été ici à tout âge. Rien ne change, aucune hideuse construction pour défigurer, défier l’entité bienveillante qui règne sur  ce coin du Vaucluse isolé du monde. Ici l’espace est plus fort que le temps.

 

 

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Commentaires

On dirait l'ariège !!!
j'espère que tu es requinqué !
Bises !

Écrit par : anydris | 18/04/2008

"Paté de tête, purée faite maison avec andouillettes et boudins cuits au feu de bois du barbecue"

Tant mieux si tu aimes ... :S:S:S

A choisir, j'espère dans ma vie connaûtre du très frodi tout le temps lol ^^

Enfin... plaisir pris à voir tant de souvenirs revenir.

Écrit par : Damien | 19/04/2008

C'est beau ! Ca donne envie de découvrir cette région.
Le pâté de tête maison et le reste, c'est comme chez moi.
Et ça me fait penser qu'il faudra que je rédige un billet sur un village chéri quelque part en Charentes.
Bises, preux chevalier ;)

Écrit par : Fiso | 19/04/2008

Dans ma maison d'Alsace pas de connexion non plus.
Vous devez avoir du mal à vous lever de table après un tel repas :) Mais la description de cette région donne envie d'y faire une halte vraiment !

Écrit par : Valérie de Haute Savoie | 19/04/2008

Il n'y a rien de tel que le retour aux racines pour réveiller l'homme et lui faire toucher sa vérité... je ne suis pas certain aujourd'hui que je serais capable de rester dans cet endroit tel que tu le décrits plus de quelques heures, quoique, en persistant, je suis certain qu'on se laisse gagner par l'absence de temps... si cette note est publiée, c'est que j'imagine, tu es revenu à la "civilisation"? bisous à vous deux

Écrit par : l'Elephant | 19/04/2008

C'est rassurant, ta conclusion... Des espaces demeurent, donc, protégés de la gangrenne constructiviste, entrepôt-logistiquiste, lotissementiste... Autrement, tu n'aimes pas les contrastes. Tu es le contraste à toi tout seul... Merci d'être revenu.

Écrit par : Oh!91 | 20/04/2008

@ Anydris : Il faudra qu'on échange, un jour, toi et moi, pour qu'on puisse comparer ! Tu viens chez mes parents dans le Vaucluse, je vais chez les tiens, en Ariège... Ce ne sera plus "on a échangé nos Mamans" mais "on a échangé nos fils"... Filmé, diffusé sur M6, et tout.... ça serait TORDANT comme expérience...

@ Damien : Désolé, ma mère n'a jamais appris à faire de la salade de Rosolli en mélangeant hareng et cubes de betteraves rouges... :S Chacun son truc hein... :S

@ Fiso : Ah ben oui fais-le ! Et n'oublie pas de donner le nom du village de Charentes en question... Après Oh!91, Any, toi et moi, ça commence à devenir très à la mode, ce petit tour de France touristique des blogueurs... et très sympa aussi ! ça donne envie d'aller partout et de goûter à toutes ces délicieuses gastronomies variées ! ;-))

@ Valérie : Ah tu as de la famille en Alsace toi aussi ? Moi itou ! du côté de chez ma Môman ! Elle n'est provençale que d'adoption ! Chouette ! C'est où, ton refuge alsacien isolé du monde, plus précisément...?

@ l'Elephant : oh, tu sais, c'est fou le nombre de choses dont on dit qu'on ne pourrait JAMAIS se passer, et dont, après le sevrage des tout premiers jours, on est tout étonné de voir qu'on peut très bien faire sans. Bisous à toi aussi, grand Parisien civilisé, va !
(Et, puisque je te tiens ici, j'aimerais vraiment connaître la suite des aventures de l'Elfe poursuivi par les démons de l'Idrium, en quête de sa branche d'Elyphore ! j'adorerais, même...)

@ Oh!91 : Oui, 'rassurant', mais peut-être est-ce moi qui cherche à me rassurer, aussi... Tout bouge et change, même là-bas... Je prie le ciel de ne jamais devoir assister de mon vivant à une urbanisation sauvage et affreuse de ce coin-là. Je ne le supporterais pas.
"je suis le contraste à moi tout seul"...? Cosa significa, questo, Signore...?

Écrit par : lancelot | 21/04/2008

How come I never heard about Malemort ? Well, it's never too late to learn. I do remember the bit about the plasterworks though, and something falling on your foot (or was I dreaming there too ?)


Great shots - the wide blue yonder is right there.

Particularly liked your pilgrimage to Blauvac, just the right word.

Écrit par : Johnny | 28/04/2008

@ Johnnie : Thanks baby, hope to be able to take you there some other time...

Nothing fell on my foot... I could stand on my own feet when I worked there (quite good memories... there were two or three cuties I enjoyed ogling at in the shower after work....)

Écrit par : lancelot | 28/04/2008

Ah ben Grand K à Pernes c'était plutôt luxe, on ne se refuse rien quand on a pas de thune ! En fait ils louaient une superbe baraque à un écrivain ...parisien ! Mais sympa. Et ils payaient une partie du loyer en ramassage d'olive !
Je n'y suis pas allée, je bossais comme une tarée à l'époque, pas de vacances. (ma petite entreprise connait pas la crise...)

Écrit par : KarregWenn | 10/03/2010

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