30.04.2008
Les pages oubliées 3° partie
Lundi 21 janvier 1991
18H
Je viens d’appeler « là-bas » et c’est bien sûr sa femme qui m’a répondu. D’avoir entendu sa voix pour la première fois me l’a rendue soudain plus humaine, moins étrangère. Elle n’est pas mon ennemie. Je n’arrive pas à lui en vouloir. Ce n’est pas elle qui retient Franck, c’est lui qui se retient tout seul. S’il le voulait vraiment, il pourrait me donner plus souvent de ses nouvelles. Bien sûr, je lui ai raccroché au nez, mais pendant deux secondes, j’ai presque eu envie de lui parler. Tu imagines la conversation : « Je suis Lancelot, il ne vous a jamais parlé de moi ? Je l’aime et il dit qu’il m’aime. Ca vous choque ? Ce n’est pas si grave, vous savez…. Moins grave pour vous que pour moi, en tout cas. Vous, vous l’avez, et moi je n’ai rien du tout. Alors je ne vois pas où est la différence. Si ça vous gêne d’être mariée avec un homme qui aime les hommes, divorcez. Et si ça ne vous gêne pas, alors ce n’est pas la peine d’en faire un potage. Je vous jure que je ne tiens pas à vous faire du mal. A la limite, je préfèrerais qu’on soit bons amis. Oui, évidemment, le problème c’est que ça vous fait un choc. Vous ne vous doutiez de rien. Vous n’êtes pas très futée, soit dit en passant. Mais moi non plus je ne suis pas futé. Si j’avais su, je n’aurais pas choisi n homme marié. Mais on m’a pas tellement laissé choisir, vous savez. Ca s’est présenté comme ça. On s’est fait avoir tous les deux. Franck reste avec vous, mais il n’est pas heureux. Et avec moi il l’est, mais il ne peut pas rester.
J’avais été remué par deux réflexions que des mecs m’avaient faites :
Marc : « il ne quittera jamais sa famille pour revenir vers toi »
Michel : « Les hommes mariés te prendront tout et ne te donneront rien ».
Quand je me les répète, ces deux phrases, ça ne me fait plus aussi mal qu’au début. C’est peut-être bon signe ? Signe que mon cœur commence à admettre ce que mon esprit sait depuis longtemps ?
Je comprends mieux à présent pourquoi j’écris ces pages. Oui, bien sûr, pour ne pas oublier, pour graver ce que je vis depuis bientôt six mois. Mais en même temps, c’est pour me donner un semblant d’identité, ne pas me noyer dans mon amour pour lui . Tout cet amour, j’essaie désespérément de le canaliser à travers l’encre, de le faire sortir de moi, couler sur le papier, afin qu’il n’envahisse pas tout mon être. Ces feuilles sont des sortes de saignées rendues nécessaires. Quand je cesserai d’écrire, c’est que je n’aurai plus mal, parce que l’amour se sera tari. Je veux croire qu’il se tarira un jour. Parce que de toute façon, personne ne boit à cette fontaine. C’est peine perdue.
J’ai relu ces lignes il y a quelque temps. Je me répète souvent « je vais m’en sortir » « je progresse » « je finirai par y parvenir ». Bon, peut-être, et alors ? J’essaie de me battre avec les armes dont je dispose. Un cœur, un stylo. Ca ne concerne que moi. Moi face à moi. Lancelot qui aime face à Lancelot qui rationalise. Par moments, leur combat est si violent que j’ai mal physiquement. Mais quelle que soit l’issue, j’espère simplement qu’il y en aura une, rapide.
Je ne crois pas –finalement- que Franck lira jamais ces lignes. D’abord il n’en aurait jamais la patience. Ensuite, ce serait vraiment un très mauvais plan de ma part. Ma seule pauvre arme face à lui, ce sont ces pages gribouillées, un secret misérable. Ce n’est même pas un secret, puisque je vide ici tout ce que je ne peux lui dire, vu qu’on se parle trente secondes une fois toutes les trois semaines ; Alors, pour compenser, pour ne pas avoir l’impression de tourner trop à vide, j’écris tout mon amour pour lui. Au moins ça aura l’avantage de ne pas le lasser, puisqu’il n’entend rien, de cette façon-là.
Franck, pardonne-moi, mais il est des moments où je ne peux croire que tu m’aimes vraiment quand tu me laisses souffrir seul, ainsi, sans nouvelles. Voilà plus de deux semaines que je ne sais rien, que je commence à avoir mal comme lors de mes précédentes crises. Et pourtant tu sais que je souffre lorsque je reste longtemps sans rien savoir de toi, je te l’ai déjà dit. Moi pour rien au monde je ne voudrais que tu souffres. Je ferais n’importe quoi en mon pouvoir pour t’aider. Toi non. A chaque fois que je te fais des reproches en ce sens, tu me réponds : « Je n’ai pas pu » « Ce n’était pas possible » « Que veux-tu que je fasse ? ». Ce que je veux, c’est que tu essaies au moins de m’aider un peu. Je ne peux pas croire que ton travail et ta famille te soient sur le dos 24 heures sur 24. Cela, je ne peux l’admettre. Tu pourrais m‘appeler depuis des cabines si tu le voulais VRAIMENT. Puisqu’il paraît que ce que tu veux, tu l’obtiens. Eh bien puisque tu ne m’obtiens pas, c’est que tu ne me veux pas. Mais au moins dis-le moi en face une bonne fois. Alors tout sera clair.
Si un jour j’ai le courage de rompre, voilà le dernier mot que j’aimerais t’envoyer :
Toi tu es pareil au vent et moi je suis comme le lion. Tu as déchaîné la tempête, le sable qu’elle a soulevé a brûlé mes yeux, et la terre de ma vie est desséchée. Je t’ai défié par mes rugissements auxquels tu es resté sourd. Mais apprends, plus que tout, ce qui nous différencie : moi, comme le lion, je reste à la place qui est la mienne. Alors que toi, pareil au vent, tu ne sauras jamais quelle est la tienne.
Dimanche 17 février
15h10
Aujourd’hui, juste une petite pensée qui a jailli en moi à l’improviste, mais comme je l’aime bien, je veux la retenir en l’écrivant ici : c’est peut-être parce que je ne m’aime pas assez que je cherche à me faire aimer des autres.
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29.04.2008
Les pages oubliées 2° partie
Lundi 14 janvier 1991
21h05
Nous sommes peut-être à la veille d’une guerre, et, bien que je me sente concerné par l’actualité et que j’angoisse comme tout le monde, mon regard intérieur demeure perpétuellement –en tout cas principalement- braqué sur mon égoïste petite évolution intime. Pour le monde entier, le 2 août signifie l’invasion du Koweit par Saddham Hussein, ce qui est donc à l’origine de la tension et de la crise actuelles. Pour Lancelot, le 2 août c’était le début d’une histoire d’amour. C’était de plus la date qui débute ces « pages ». Je n’ai évidemment pas fait exprès. Ce jour-là, je n’avais même pas regardé les actualités. Mon cœur à moi frémissait comme un oiseau sur une branche prêt à s’envoler. Depuis, il a pris son essor, il a frôlé le soleil, et il est retombé sur Terre dans la boue. Mais ce qu’il y a de plus important : il a continué à avancer, même si ce n’est qu’en pataugeant.
Je veux continuer, je veux croire, je veux tendre les bras vers quelque chose. Depuis quelque temps, j’ai réalisé que Franck ne sera peut-être jamais à moi (« peut-être »…..). Et même si je continuerai toujours à l’aimer, je veux parvenir à vivre sans lui, à vivre sans son espoir. Je suis Lancelot. Je suis MOI. Je vaux quelque chose à moi tout seul. Il y a de la force en moi, même si je n’y crois pas toujours. Peut-être pourrai-je construire quelque chose un jour ?
Pouvoir se débarrasser d’un seul coup de tous les doutes qui empoisonnent sa vie… ne plus avoir que des certitudes, savoir taper sur la table, voir les choses blanches ou noires au lieu de les voir grises ; balancer pardessus bord l’humilité, la franchise, la sensibilité, le besoin de tendresse, la peur des autres….
Tout en moi et autour de moi me crie de cesser d’aimer Franck, mais mon cœur est une machine qui continue à fonctionner désespérément à vide. Au début elle créait de la joie. Puis elle a fabriqué du sang. Maintenant elle ne brasse plus que du vent. Mais elle continue à tourner, avec un drôle de petit bruit rouillé, toujours, toujours…
11:44 Publié dans Machine à remonter le temps | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : souvenirs, journal
28.04.2008
Les pages oubliées 1° partie
Lundi 24 décembre 1990
10H50
Chaque année je fais un bilan à la veille de mon anniversaire. Comme je suis né le 10 janvier, c’est pratique, le bilan de l’année civile correspond à peu près à celui de mon année personnelle. Pourquoi ne pas le faire aujourd’hui, veille de Noël ?
1990 commencée dans les flonflons d’une soirée en boîte en Amérique. J’embrassais Heather, elle m’embrassait. J’ai voulu entamer l’année –et même la décade- en embrassant une fille. Ca allait bien donner le ton pour la suite de ma vie…
Les trois premiers mois : légèreté, travail, pas de gros problèmes. Il m’est arrivé d’en avoir marre, de vouloir rentrer en France, de plaquer les Américains ; j’ai eu des moments de crise avec Nancy, avec les enfants Treesh, avec le couple des Gaddis, avec Heather, même, à la fin… Mais au fond, j’ai bien rigolé. J’avais l’impression de jouer dans un film, je savais que tout ça n’était pas vraiment moi, donc que rien ne pouvait avoir d’importance véritable. Je les ai tous aimés, mais avec ce sentiment d’éphémère que l’on éprouve à chaque séjour dans un pays étranger, et qui, au lieu de peser sur les choses, les relativise, les rend plus légères.
Les trois mois suivants, de début avril à fin juin, je suis rentré en France. J’ai retrouvé tout le monde. Je n’ai pas eu le temps de rêvasser aux USA, je devais mettre mon mémoire en forme. J’ai vécu à Aix, à Gréoux, il faisait beau, mon travail avançait, j’étais bien, j’étais bien. Je vivais avec Tennessee Williams, avec ses personnages, Blanche, Brick, Maggie, Laura, Tom. J’ai revu Agnès, on a fait tous les deux semblant d’avoir oublié l’été dernier. J’ai revu l’équipe des copains. Il y a eu la crise de Nathalie que j’ai essayé d’aider. Elle et moi avons presque frôlé quelque chose, il y a eu une ambiguïté légère pendant un court moment et puis tout s’est effacé puisqu’elle a retrouvé Olivier. Je m’en moquais, seul mon travail comptait ; tous les week-ends je tapais sur mon clavier comme un dément, je m’amusais beaucoup.
Et puis Elisabeth est revenue, il y a eu la fête de la musique, et ma soutenance de mémoire le lendemain matin. Ils m’ont gardé une heure et demie sur le grill, mais ils ont été très sympas et j’ai empoché mon 16 avec satisfaction.
Une semaine après, je rencontrais Christian au Parc Jourdan.ca a été le début de ma « troisième période » , l’été. J’ai sauté le mur, j’ai franchi le pas. Il m’a appris plein de choses, il m’a aidé à aller plus loin en moi-même, jusqu’à ce que je bute dans le 1er août : ma rencontre avec Franck sur un réseau. Si Nat ne m’avait pas appelé au téléphone pour me proposer ce boulot, je n’aurais pas eu l’occasion d’utiliser le minitel, je serais passé à côté de tout ça. A partir de là, le temps s’est dilaté, il n’a plus ressemblé pour moi à une ligne, mais à de l’espace, à une bulle où je flottais –où je flotte- sans savoir où et quand tout recommencera. Mon amour a rempli ma vie, est-ce un bien, est-ce un mal ? J’ai été heureux, si heureux. Et puis la « quatrième période » a commencé. Le point de départ est beaucoup plus vague, je le situe environ au moment où fin septembre j’ai passé mon oral de littérature américaine, pour compléter la Maîtrise.
Cette dernière période a bien été la pire. D’une part Franck, que j’attends sans savoir quand je pourrai lui parler, le voir, le toucher. D’autre part le CAPES, les cours et les profs, tous ces gens qui m’ont pris la tête. Seul point positif dans ces trois derniers mois : Elisabeth à qui j’ai eu mille fois raison de tout dire. Heureusement je l’ai. Heureusement.
Mais, en gros, j’ai beaucoup progressé. Mon bilan n’est pas tristement nul, comme à l’époque où j’étais en médecine. J’apprends, je fais des efforts, je m’oblige à avancer : « Hue, mauvaise carne ! » En attendant de vivre, j’organise ma survie. Je ne suis plus spectateur, je me suis jeté dans la mêlée. J’encaisse des coups. Ca fait mal, mais ça fait progresser. Même si le cheminement est très lent, je finirai bien par arriver quelque part ?
21:04 Publié dans Machine à remonter le temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : souvenirs, journal
26.04.2008
Présidents, Monarques, sex-appeal, etc....
Avant-hier soir en finissant notre souper, pour le programme de notre soirée télé, on avait un choix déchirant à faire entre :
ceci :

et cela :

On a carrément choisi la seconde option….
Enfin, on a quand même conservé l’option 1 pendant une quinzaine de minutes, en ‘musique de fond’, tout en débarrassant les plats sales et en jetant les débris de nourriture à la poubelle avant d’enfourner les assiettes grasses dans le lave-vaisselle. Ca se mariait très bien.
Sur le fond, justement, rien de nouveau : on maintient les réformes engagées, sinon on court à la catastrophe. Les mécontents doivent comprendre que c’est ça ou rien, faut faire avec. « Je maintiens mon programme qui avait été validé par les Français au moment de mon élection. » Ca revient comme un leitmotiv, ce truc-là. A croire que les 47% qui n’ont pas voté pour lui, ils ne comptent plus.
Sur la question des sans-papiers qui travaillent déjà en France, il ne cessait de répéter que le fait de travailler ne donnait pas nécessairement accès à la nationalité française. Sauf qu’il fait un peu beaucoup dévier le débat en disant cela ! Une simple carte de séjour délivrée, serait, pour beaucoup d’entre eux, déjà un bien beau progrès face à leur précarité actuelle. Mais, n’oublions pas de jouer la carte démago pour les bons citoyens bien pensants assis dans leur salon : « Ah non c’est vrai, ce serait trop facile, il y a des lois, la nationalité se MERITE… »
Une phrase m’a également fait sursauter, à propos des manifestions lycéennes. Bien sûr, ces mouvements ne sont que le produit de délires irrationnels de la part de nos têtes blondes, qui réclament plus de postes de profs à tort : notre système d’enseignement est l’un des plus coûteux d’Europe et l’un des moins performants, et Nicolou veut remplacer la QUANTITE par la QUALITE. Donc le nombre de postes n’y changera rien, inutile de les augmenter. La « qualité » quand tu fais cours à 36 par classe, tu m’en reparleras… Mais bon… Alors la citation-choc : « C’est le propre de la jeunesse d’être inquiète, si l’on n’est pas inquiet on n’est pas jeune ». Non mais je rêve, moi là… Qu’est-ce que c’est que cette condescendance, ce mépris affiché ? Et le corollaire, c’est qu’être vieux implique la sérénité ? Si c’était aussi simple… Donc en gros les manifestations actuelles ne sont que le fruit d’une inquiétude de saison, irrationnelle et dénuée de tout fondement concret. Le résultat des hormones et de l’adrénaline en ébullition d’une poignée de jeunes évaporés. Ahurissant.
Sur la forme, je le supporte de moins en moins. Je vais être injuste et je le sais, parce que tout le monde a ses tics, physiques et verbaux
. Mais, sur lui, cela dégage une impression de fausseté que je trouve insupportable. Ses mouvements d’épaules, ses postures avachies, et surtout son horripilant « Ah mais c’est tout de même extraordinaire, vous conviendrez avec moi que c’est quand même incroyable… » me donnent une folle envie d’envoyer des tomates sur l’écran. Il était hyper-mal dans ses pompes, ça se sentait. Au point de communiquer son malaise aux téléspectateurs. Zéro pointé sur le plan com.
Bon, sur ce on a zappé pour passer à un programme plus excitant : les Tudor, saison 1 épisode 1. Moteur.
Le Roi Henry VIII, célèbre inspirateur de Barbe-bleue, est connu pour avoir collectionné les épouses (et les maîtresses). Plus sérieusement (mais ce fait est aussi lié à son goût immodéré pour les femmes) il a été à l’origine, au XVI° siècle, en Angleterre, du schisme de l’Eglise Chrétienne, divisée entre Catholiques et Anglicans. Le Pape ayant refusé de « valider » religieusement le 2° divorce du Roi, ce dernier décida qu’il s’auto-proclamait chef spirituel de l’Eglise d’Angleterre. Il fut donc excommunié, mais s’en foutit, et en profita par la suite pour s’approprier les biens de nombreux monastères catholiques anglais afin de renflouer ses propres caisses. Quitte à être mal vu par Rome, autant en profiter… Des persécutions et guerres incessantes s’ensuivirent, un temps stabilisées sous le règne de la fille d’Henry VIII, Elisabeth Ière, qui réussit à faire de l’anglicanisme le trait d’union entre le Catholicisme rattaché à Rome, et le Protestantisme inspiré des théories de Calvin et de Luther. Mais je dévie de mon sujet initial, le Roi.
Les portraits d’Henry VIII qui nous sont parvenus ont presque
tous été réalisés alors qu’il était déjà bien avancé en âge, et donc bien « décati » déjà. Sur la fin de sa vie il était devenu obèse, impotent, et devait se faire aider pour monter l’escalier. De plus en plus malade et tyrannique, il avait pour principal loisir de couper les têtes de ses anciens proches et conseillers. Tous les cousins et petits cousins du roi montèrent sur l'échafaud les uns après les autres, tout comme l'ancien conseiller Thomas Cromwell. Son règne, commencé dans la joie, s’est terminé en 1547 dans la terreur.
Mais nous n’en sommes pas là. La série démarre lorsque le Monarque, en début de règne, est en pleine possession de ses moyens, intellectuels, physiques (c’était un grand sportif…), et au sommet de son sex-appeal. Héritier du trône d’Angleterre en 1502, il était effectivement un parti très convoité : grand, athlétique, il avait la réputation d’être « le plus beau prince d’Europe ». Et c’était un coureur, et même un trousseur de jupons invétéré. Une carte que les réalisateurs ont jouée à fond. Les scènes de bagarres dévêtues entre beaux mecs jaloux de leurs prérogatives (Henry VIII contre François Ier au Camp du Drap d’Or en 1520) alternent avec de multiples scènes de coucheries entre Nobles en rut (le Roi anglais en coq dans la basse-cour, bien sûr) et dames de compagnie consentantes et émoustillées.
Et nous évidemment, on marche. On court, même ! Alors que j’ai flashé dès la première image sur Jonathan Rhys-Meyers qui joue le rôle du Roi, TiNours
a un faible pour Henry Cavill, l’acteur qui incarne Charles Brandon, un des intimes d’Henry VIII. Enfin, ‘intimes’… pas assez à notre goût, bien évidemment… Ils passent tous deux leur temps à la Chasse au Vagin alors que ce pourrait être si pur, noble et beau entre eux deux… passons… Malgré quelques accrocs à l’histoire, (par exemple la sœur du Roi a été mariée en premières noces au Roi français Louis XII, et non au Roi du Portugal), la série demeure passionnante et d’un intérêt soutenu. (Mais, quitte à modifier la réalité, pourquoi ne pas avoir imaginé quelques étreintes brûlantes et secrètes entre Henry et Charles, volées au détour de quelques tournois...? BREF! )
Sam Neil est excellent en contre-emploi en Cardinal Wolsey, pacificateur à la fois cynique et arriviste.Dans les rôles féminins, mention spéciale à Maria Doyle Kennedy qui incarne la première épouse bafouée, mais digne, qui cherche réconfort dans la religion (à noter, sa ressemblance frappante avec le portrait de la vraie Katherine d’Aragon) et aussi à Nathalie Dormer, qui joue une Anne Boleyn calculatrice, à la limite de la perversité.

Vous rappelle-t-elle quelqu’un dans l’actu people ? C’est TiNours qui m’a fait remarquer la ressemblance, ce qui m’a occasionné un beau fou-rire. En tout cas, aucune, mais alors aucune ressemblance physique entre leurs maris respectifs : cf le début de ma note, la boucle est bouclée. Et nous bien accros pour nous taper toute la suite de la série. Le tournage de la saison 3 vient de se décider. Chouette. Je suis curieux de voir à quoi ressemblera le beau Jonathan Rhys-Meyer lorsqu’il devra incarner un roi sénile et ventripotent : ils vont devoir le grimer, l’abîmer, quel dommage… espérons qu’ils nous auront déniché plein d’autres choupinous pour alimenter notre libido dans les épisodes suivants, sous le règne de sa fille Elisabeth Ière, qui, bien que surnommée « the Virgin » était elle aussi amatrice de sexe, et grande consommatrice d’hommes, cette cochonne…
18:59 Publié dans Actualités, Série télé | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : nicolou, histoire anglaise, henry viii, série tv
24.04.2008
Dragons et Bourgeons
Après quelques semaines de temps dégueulasse, il semble que la météo a intégré le paramètre « printemps », pourtant affiché au tableau depuis plus d’un mois… Hier TiNours et moi en avons profité pour emmener Marie, notre invitée parisienne, le long de notre promenade préférée, celle de l’aqueduc de Castries. Il est long de plus de 8 km, et nous n’en sommes jamais venus à bout en une seule fois, mais patience, patience….
Pour en revenir à la ronde des saisons, ce matin en revenant de déposer TiNours à la gare, j’ai vu que notre voisine sortait de chez elle pour m’aborder, visiblement. Je l’ai surnommée « Le Vieux Dragon ». C’est une dame de 70 ans environ, qui est veuve et qui vit seule avec son chien, un petit caniche abricot (‘Noisette’, lol). Nos voisins les plus immédiats nous avaient dit qu’elle pouvait être redoutable, et en effet, alors qu’un jour en été on donnait une super-fiesta, elle avait eu ‘des mots’ avec une copine à nous, qui, arrivée en milieu de soirée, voulait se garer devant SON mur, ce à quoi elle s’opposait.. J’étais vite intervenu avant que ça ne se termine en bagarre dans la boue…. Des fois qu’un geste en entraîne un autre… Les Dragons, c’est jaloux de leur territoire…
Mais ! Je l’ai remarqué, et TiNours me l’a confirmé : apparemment, MOI, elle m’a « à la bonne » comme on dit. Est-ce dû à mon sex-appeal ravageur auprès des vieilles dames ? Ou bien peut-être que je lui rappelle son Victor tombé dans les tranchées de Verdun pour la patrie ? A savoir va savoir… Depuis que nous avons emménagé, je lui ai toujours aimablement dit bonjour, avec quelques mots gentils. Et elle, quelquefois, en me voyant partir en vélo ou aller courir, s’est même fendue de quelques conseils maternels : « Couvrez-vous la tête, le soleil tape fort »… « Attention aux voitures, hein ? » Peut-être que je lui rappelle ce petit-fils ou ce gendre idéal qu’elle n’a jamais connu… ? A savoir va savoir…
Mais ce matin en la voyant se diriger vers moi telle le général Patton prêt à haranguer ses troupes, je me faisais tout petit devant mon portail : "Aïe ! Qu'est-ce qu'on a bien pu faire pour la courroucer...? Traumatisé Noisette en lui donnant le mauvais exemple d'une vie sexuelle hors norms ? Enfumé son jardin quand avant-hier j'ai brûlé toute ma collection de Honcho et de All Man ? A savoir va savoir ???" Eh ben non pas du tout. C'était pour nous offrir quelques jolis brins de muguet de son jardin. Elle s'est même excusée de nous le donner en avance, avant le 1er mai ! On ne fait pas plus aimable...
Je lui ai fait un grand sourire et de grosses bises. Je dois reconnaître que ce style de gentillesse, venant de personnes que l'on connaît peu, ça met de bonne humeur pour la journée... A quoi tient le bonheur...
A savoir va savoir…
10:34 Publié dans Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : voisins, muguet
21.04.2008
Sunday, blogging Sunday
Profitant d’un après-midi de mauvais temps avant d’aller au cinoche hier avec mon TiNours, je me suis payé hier une « tournée des blogs » chez mes meilleurs copains.. J’aime faire ça quand je reviens de vacances. Un peu comme la "tournée des amis" avec alcool à la clé en vigueur dans certaines campagnes le dimanche, sauf que sur blog le taux d’alcoolémie ne risque pas grand-chose, et le danger de rencontrer un cerbère en képi est peu élevé… Je monte dans mon blogoscaphe dernier cri, avec souris automatique, j'enclenche une musique ad hoc sur le tuner chronostatique, j'attache ma ceinture anti-spam (il y a tant d'accidents sur les autoroutes du web, les internautes sont inconscients) et c'est parti...
D’abord j’arrive chez Anydris, mais je le dérange en pleine préparation de ses valises et de ses sacs, parce que le lendemain il emmène une fournée de petits monstres en car à Toulouse, oh Toulouse, oh mon payyys. J’essaie bien de m’incruster, mais visiblement je le dérange dans son stress pré-rentrée… « Est-ce qu’ils auront leurs cartes d’identité ? », « Est-ce qu’ils se tiendront bien ? » « Est-ce qu’ils ne cracheront pas sur les passants ? » « Est-ce qu’ils penseront à mettre leurs capotes.. ? » etc etc… Je me retire sur la pointe des pieds, t’en fais pas, je connais le chemin… Bon voyage mon Any, reviens-nous en forme, n'en étrangle aucun… Et rapporte-nous des souvenirs !
Deux rues plus loin à gauche, je passe chez Andesmas, qui a le dos plein de cicatrices… Diantre ! Lui et Joss auraient-ils décidé de virer sado-maso… ? Mais il m’assure que ce n’est qu’un nouveau traitement de beauté pour la peau, que je n’ai pas besoin d’appeler Police-Secours, et qu’il me retrouvera bien, comme prévu, ce soir au clair de lune, sous notre arbre préféré, pour déclamer du Shakespeare ou du Tennessee Williams en duo en écoutant le chant du rossignol… bon, bon…
Un nouveau clic et j’arrive dans la savane, où mon Eléphant me barrit sa recherche de sens … Sensé ou pas sensé, là est la question… Euh, non, Shakespeare c’était plus approprié à l’adresse précédente, chez Andesmas, le spécialiste ès théâtre.. Ici c’est plutôt un endroit où l’on aime la magie, la fantasmagorie façon Seigneur des Anneaux… Frodon est assis sur un strapotin dans le métro. Il admire les jolies dames. Enfin, pas toutes. Il préfère qu’elles ne soient pas folles, vous savez. Je lui glisse au creux de l’oreille que j’aimerais bien savoir si l’Elfe finira par dénicher son Elyphore dans la forêt enchantée, malgré tous les démons de l’Idrium lancés à ses trousses… Pas de réponse. Pour l’instant l’Elephant a bien d’autres sens à fouetter. Ce début de conte, ce n’était qu’un essai pour nous amuser, alors ? Moi je reste sur ma faim, zut. Ca n’a AUCUN SENS, ça justement. Tant pis. Je reviendrai plus tard.
Le suivant dans ma liste d’amis très chers, c’est… une suivante ! Une dame ! Ben oui, même si... même si quoi hein ??? quoi QUOI ??? Je les aime beaucoup aussi, les dames, surtout quand elles sont aussi mignonnes que celle-ci. Valérie, elle fait sa lessive. Ca sent bon de partout. Et le naturel et le bio en plus ! Je l’aide à étendre deux ou trois draps, je prends les références et le prix de ses produits miracles, (on aime bien jouer les fées du logis chez TiNours et Lancelot aussi…) et puis je m’éclipse… Et s’il lui prenait l’envie de m’embaucher pour faire son repassage… ? Aïe ! je file, prudemment, non sans penser à lui faire un bisou affectueux.
Super, ces nouveaux moyens de navigation… en un clic je me transporte depuis la Haute-Savoie à l’autre extrémité de la France, dans la mystérieuse ville de mon petit Joss… Ca commence un peu à devenir connu, ce secret-là… « Alors, TiTom, tu me jures que ce n’est pas toi qui as fouetté Andesmas ??? » « Mais non, il adore s’en inventer, des séances d’auto-flagellation… Viens plutôt avec moi, je vais rendre visite à une vieille amie… » « Hein ? on va où… ? »
Mal m’en a pris de lui avoir fait confiance et de le suivre, il m'emmène à l’hospice… Et c’est parti pour une heure de discussion gâtifiante avec une vieille dame qui a perdu la tête et qui tient absolument à nous raconter ses souvenirs de Prima Donna au bolchoï avant la première guerre mondiale… Elle nous prend pour ses petits-fils et, en grande spécialiste, nous abreuve de conseils pour notre santé, même si on se porte très bien... J’ai un petit bourrelet au ventre, c’est de l’aérophagie, Joss a le ventre plat, c’est le ver solitaire. J’ai les yeux cernés, c’est pas étonnant, j’ai tendance à me coucher trop tard. Quant à Joss, il se tient mal, il devrait faire de la gymnastique, d’ailleurs la gymnastique agit aussi sur la constipation…
OUFF ! Je peux plus, je peux plus… J’abandonne lâchement Joss à son sort, (dans deux minutes elle lui parlera de ses diarrhées à elle, au secours…), où est la sortie ? vite ! CLIC !
Ah, tiens, me voici au bord de la Méditerranée, chez mon super-pote Panama. Enfin, « chez ». Je suis devant chez lui, j’appuie sur l’interphone, rien ne répond. Pas étonnant, il est parti crapahuter comme d’habitude. Après ça il rentrera tout crotté komdab en me disant que la spéléo c’est génial, qu’il s’est éclaté, que c’est là qu’est sa vie, et que je devrais absolument aller avec lui la prochaine fois, que le guide est très sexy, etc etc… Panama, je l’adore, mais quand je vais chez lui maintenant, j’ai un gros problème technique : je peux entendre tout ce qu’il me dit, mais je ne peux pas lui répondre : il a fait poser un nouveau système de sécurité à son blog. Des vitres anti-balles, qui nécessitent un code spécial pour passer à l’intérieur. Et mon code, je l’ai perdu… Alors je suis condamné à articuler mes réponses en hurlant à travers la glace, mais il ne m’entend pas. Niet. Nada. Nothing. C’est hyper-frustrant. On ne peut plus avoir une conversation bien au chaud blottis lui et moi dans son blog, comme au beau temps de notre folle jeunesse… il le dit lui-même, façon Aznavour « Hier encore j’avais 20 ans… ». Eh oui mon grand, mais aujourd’hui t’as encore de beaux restes, t’en fais pas. T’en es pas encore à chanter que tu habites seul avec Maman dans un très vieil appartement… De quoi tu te plains ? Oui, je sais… Je sais. Et toi, tu sais que je sais. Je t’aime fort. Tu me manques, par rapport à « avant ». Mais bon. Tu es encore là, et moi aussi, je suis là. Bisou, va prendre ta douche. Tu embrasseras TonMinou quand il rentrera de sa scéance à lui de tennis, ou de Mac… Je ne sais pas trop… à bientôt hein. Donne moi des nouvelles.
Clic
Ah, encore une dame. Chuis chez ma Fiso ! Ma nana MSN à moi ! La dernière fois que je l’ai vue, que je l’aie lue, elle aussi, elle préparait ses vacances. En Crète, en plus. Elle ne se refuse rien. La Crète, à égalité avec l’Irlande, ça avait été un de nos meilleurs souvenirs avec TiNours. Mais Fiso, elle connaît l’Irlande aussi. Elle est allée partout. De l’escalade en Amérique du Sud. Des traîneaux à chiens en Alaska. De ski nautique dans la baie de Sydney. Côté vacances sportives, elle s’entendrait bien avec Panama, justement… Sexuellement, euh, là je sais pas trop. Mais j’ai pas la vocation à jouer Hello Dolly. Je suis pas venu pour jouer les marieuses. Toc-toc, t’es là Fiso ? J’insiste, enfin où elle est, c’est incroyable… ? Sa voiture est pourtant garée là, « Mais enfin Fiso ouvre-m…. »
Ohlà. Elle ouvre. Je comprends tout en une demi-seconde. Je dérange. Ses cheveux sont ébouriffés, ses lèvres gonflées, elle est entortillée dans un drap visiblement arraché à la hâte d’une literie qui a subi récemment les derniers outrages… Elle cligne des yeux « Il fait jour… ? » Elle me regarde, essaie de sourire : « Tiens c’est toi… ? Qu’est-ce que tu fais ici… ? » L’atmosphère est lourde d’ébats moites… Fiso passe sa langue sur ses lèvres d’un air plaintif… Elle essaie d’être gentille, et aimable, sur le seuil de sa porte, en tenue de Bacchante, mais pas la peine de sortir de Polytechnique pour comprendre que je tombe au mauvais moment… En ce moment elle a d’autres fesses d’homme à fouetter que les miennes… Mignonne comme tout, qu’elle est, négligée comme ça… Allez gros bisou ma Fiso… Va vite LE rejoindre, tu me raconteras une autre fois… la prochaine fois je préviendrai quand je débarque… ! Promis !
Clic
Sous les fenêtres d’ Oh !91, je m’immobilise, le doigt suspendu en l’air avant de sonner. Aïe ! Ca crie, ça se dispute. Oh ! avait invité Zarxas. Grande discussion. Ca tourne au pugilat. « Mais puisque je te dis que tu n’es qu’un mec qui se cherche des poux là où il n’y en a pas !!! » « Non, tu te trompes, j’ai TOUT usurpé » « Usurpé quoi ? Ton boulot, tes amis, ta situation, ta culture ? Enfin, fais pas chier, tu l’as bien mérité ce que tu as là, non ? » « Non, j’aurais pu faire mieux, être mieux. Pendant ma maîtrise d’Arabe, je n’étais pas à ma place » « Mais si enfin, tu n’as pas fini de te prendre la tête ? »
Qu’est-ce que je dois faire ? Je n’aime pas que mes amis se disputent. Mais je n’aime pas intervenir non plus là où ça ne me regarde pas. J’ai eu tant de mauvaises expériences par rapport à ça. Je m’assois sur le perron. Je regarde le paysage, cette rue que je ne connais pas. Il fait froid, c’est pas grave. Une fois n’est pas coutume, tiens, j’ai envie de fumer une cigarette, moi qui n’ai jamais fumé de ma vie. Dans le monde du virtuel, on n’attrape pas le cancer. Je l’allume, je tousse. Ca passe…. Je regarde la fumée. J’écoute les voix qui continuent à me parvenir. Ces voix. Sa voix. Il fait froid. Va falloir repartir. Je n’aurai pu dire ni bonjour, ni au revoir. Petit sourire. Je fredonne la chanson de Phil Collins « You’ll never know, no you’ll never know, just how close we were ». Je pose ma main sur la porte, une dernière fois, je Souris. Clic.
Je finis ma tournée chez Orpheus. Avec les cerfs, les lapins et les renards en ombres chinoises. La forêt sombre et bien fraîche. Qu’est-ce qu’il me raconte, Orpheus ? Fais-moi rire, comme tu sais si bien faire d’habitude. Raconte-moi tes démêlés avec SFR. Ou avec les démarcheurs téléphoniques pour des poses de fenêtres. Ou avec Roxanne Decorte, la cruche spameuse !
Quoi qu’il a mon Orpheus ? Ohlàlà… pas en forme cet aprem… plein de chagrin… loin de son Jiem, loin des vacances. T’en fais pas mon grand… Assieds toi… C’est le Bozo-Show pour toi tout seul ! Je m’habille, le bonnet avec les grelots, les grosses chaussures. Je danse, je fais des cabrioles, je braille des chansons, je dis des bêtises, je fais le pitre. Même pas que je lui arrache un sourire… Et puis et puis, en farfouillant chez lui, je trouve dans son tiroir secret une petite fiche sur un film pas vu par TiNours et moi « Be Kind, Rewind » ; Super, ça, on voulait aller au cinoche avec TiNours !! « Tu viens avec nous ? » Ben non, couillon que je suis, pour quoi faire ? Il l’a déjà vu, lui, le film… il préfère rester là où il est. Il me fait un gentil sourire, je le serre fort dans mes bras. A bientôt hein ? Et tu sais que.. si tu veux venir nous voir avec Jièm, en vrai, hors blog, c’est quand vous voulez, hein…. Ce ne sont pas des paroles en l’air… Bisous mon Orpheus… Si tu veux bien.
Clic, je ressors, il est temps d’aller finir notre après-midi au cinéma.
Je vous aime, tous. Vraiment. Il n’y en a que deux que j’ai vraiment rencontrés ‘en vrai’. Il n’y en a que quatre avec qui j’ai parlé au téléphone. Pour tous les autres, il n’y a eu ‘que’ des dialogues MSN, ou des mails, ou des échanges interblogs. Mais il n’empêche. Je suis heureux de vous connaître. Ma vie est colorée différemment depuis que vous y êtes. Et, même si je me répète, merci à vous tous pour cela. Merci
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20.04.2008
L'Ardoise
17 avril
Hier sur la route d’Avignon, dans la voiture, on écoute les GG sur RMC. Coup de bol, ils abordent un sujet sur lequel j’ai lu un article dix minutes plus tôt, dans le Marianne de cette semaine.
Il s’agit d’un nouveau fichier mis en place par la Police et la Gendarmerie françaises, qui s’appelle « Ardoise ». Un logiciel informatique qui permettrait aux diverses brigades réparties à travers la France de recouper leurs informations sur les individus, en saisissant des données à leur sujet.. Sur une des « pages » du programme, les policiers et gendarmes se voient proposer une série de ‘profils’ pour définir la personne à laquelle ils ont affaire. Il est intéressant aussi de noter que cette personne peut être aussi bien victime que présumé(e) coupable. L’agent peut ainsi cliquer sur « mineur en fugue » « handicapé » « SDF » « personne se livrant à la prostitution » « travesti » « homosexuel » « usager de stupéfiant ». A la page suivante, il faut aussi déterminer si la personne est « auto-stoppeur », « personne âgée », « membre d’une secte », « permanent syndical », autant dire que de nombreuses questions peuvent se poser quant à l’atteinte à la vie privée…
Alors le porte-parole du Ministère de l’Intérieur, Gerard Gâché, interviewé, rassure immédiatement les journalistes présents : « Le même style de fichier, appelé STIC, existait déjà avant, blablabla, on en a refait un autre amélioré, blablabla, pour permettre aux fonctionnaires d’agir plus vite et efficacement, blablabla… ». Et bien sûr les informations contenues dans ce fichier restent absolument confidentielles, il ne pourra être consulté que par des fonctionnaires assermentés… ». Monsieur Gâché explique en outre qu’Ardoise ne pourra être utilisé que dans un cadre bien précis : il faut que cela ait un lien avec l’affaire. En d’autres termes, si un homo se fait voler son scooter et va porter plainte, on ne remplira pas les infos sur ses préférences sexuelles dans le fichier. En revanche, s’il se fait agresser sur un lieu de drague, cela peut donner lieu à moisson de renseignements intéressants. Il faut savoir également, dixit Monsieur Gâché, que les informations concernant les victimes sont conservées 15 ans dans les fichiers avant d’être effacées, mais que l’on peut aussi, une fois que l’agresseur a été arrêté et condamné, demander leur effacement immédiat. Enfin, seuls peuvent avoir accès au fichier les fonctionnaires ayant un numéro de code, un identifiant, et un motif clair. C'est contrôlé par la CNIL...
Bôfff… pourquoi, tout en voulant bien admettre la bonne foi du porte-parole du Gouvernement, j’ai un mal fou à y croire, à tout ce blablabla… ? Quand on prononce le mot 'CNIL', ça me fait toujours rire. Si un fonctionnaire indélicat (tout assermenté qu’il soit) a envie de mettre son nez dans les fichiers me concernant, ce n’est pas le Comité des Navets Idiots et Lobotomisés qui pourra l’en empêcher...
Et, au final, les journalistes en arrivent à une conclusion qui m’assoit carrément « Ah, bah, ce n’est pas un crime d’être homosexuel, alors pourquoi ne pas le déclarer ? Si l’on n’a rien à se reprocher ? Il faut assumer non ? » . Et puis ils en profitent aussi pour dire que dans la mesure où plein de gens étalent leurs vies dans des blogs de nos jours, qu’est-ce que ça change ? D’ailleurs les blogueurs en question seraient les premiers à hurler après cette loi, ce qui montre bien leur incohérence…
Mouais. En tant que 1) blogueur 2) pédé, je suis doublement concerné par ce que ces braves gens racontent. Concernant l’option numéro 1, je tiens à rappeler tout d’abord que le fait d’écrire un blog est une démarche VOLONTAIRE de ma part. Sans répondre aux questions d’un mec en képi, c’est moi qui décide moi-même si je parle de ma vie intime, sentimentale, sexuelle, et si les lecteurs sont anonymes, c'est MON choix. J'ai l'air d'enculer des mouches, peut-être, mais, psychologiquement, humainement, c'est absolument fondamental pour moi, cette différence qui pourrait paraître trop subtile à certains. Même si l’espace de mon blog, est ouvert à tout le monde via le web, je préfère cette façon de procéder plutôt que d’imaginer les paramètres de ma vie bien couchés sur une petite fiche policière. Même si je sais qu’en faisant quelques recoupements très simples, n’importe quelle personne un peu fûtée s’attelant à la tâche pourrait deviner qui je suis, il n’empêche. Je n’ai pas indiqué en en-tête mes nom prénom adresse date et lieu de naissance et profession, ce qui ne manquerait pas de figurer sur la jolie fiche informatique dans les entrailles d’ « Ardoise »…
D’autre part, ce qui me gêne prodigieusement dans cette affaire, et que bien sûr aucun système informatique ni aucun fonctionnaire de Police, aussi bienveillant soit-il, ne peut corriger, c’est le risque d’amalgame qui risque de se produire lors d’une affaire entre les catégories ‘coupable’, ‘victime’ et ‘témoin’. Il y aura forcément, là-dedans, un risque de subjectivité bien désagréable.
Ce qui me fait surtout tiquer, c’est l’argument de l’« efficacité » : si l’on veut qu’un coupable soit poursuivi pour ‘agression homophobe’ (surtout s’il récidive) il faut bien que la victime se déclare elle-même homosexuelle. Ca paraît tomber sous le sens.
Ben oui mais qu’en est-il des agressions racistes, et antisémites, alors ? Il les prévoit, celles-là, le fichier ? Ya-t-il aussi des cases concernant les origines ethniques à cocher ?
« Si on n’a rien à se reprocher, pourquoi est-ce qu’on trouverait choquant de faire figurer qu’on est « homosexuel » dans le dossier ? »
C’est vrai. Donc, dans le même ordre d’idées, et par souci d’efficacité, je propose qu’on rajoute au fichier Ardoise , les rubriques suivantes, à cocher ou pas, selon les individus : « arabe » « juif » « blanc » « noir » « asiatique » « diabétique » « amateur de vins » « amateur de jolies femmes » « adepte du sado-masochisme » « véliplanchiste » « cheveux teints en roux » « obèse » « mauvais goût pour s’habiller » et « pétomane » ! Pourquoi pas ? Après tout, ça n’est pas choquant, si l’on n’a rien à se reprocher ?
09:04 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : police, enquête, vie privée, fichier
19.04.2008
Cuvée de décembre, Beaumec de Venise, Homophile
16 avril
Mes parents nous avaient servi avant-hier en apéro une merveille gouleyante, un mélange de liqueur de coing, de cannelle et de muscade. Un truc qui s’appelle ‘Cuvée de Décembre’. Je détaille l’étiquette, très intéressé. « Aaah, ils produisent ça dans un village qui s’appelle Jonquières. C’est à une vingtaine de kilomètres d’ici. On ira voir demain pour en racheter. L’adresse n’est pas indiquée, mais dans un petit village ça doit se trouver facilement ».
Cet après midi, après avoir visité Beaumes de Venise et le massif montagneux des Dentelles de Montmirail, toujours aussi magnifique (on n’y était pas revenus depuis l’été 2001, tout de même…) on a décidé de faire un tour à Jonquières pour enquêter sur l’apéro en question. « Enquêter » est bien le mot. Comme on n’avait pas l’adresse ni le nom de la distillerie (ils ne l’avaient pas écrit sur l’étiquette, ces ânes…) on s’est lancés un peu à l’aveuglette dans le village. Après avoir inspecté les devantures de magasins, je me suis décidé à interroger les gens :
Essai numéro un : Un barman assez beau gosse qui lisait son journal au comptoir.
‘Pardon Monsieur, est-ce que vous connaîtriez à Jonquières une distillerie qui vend du vin d’apéritif ?
(Mimique ahurie, coins de la bouche rabaissés, sourcils relevés, tête secouée)
‘Euh, c’est peut-être dans une cave qui vend habituellement du vin de table et qui fait cela en plus ?’
(Mimique ahurie, coins de la bouche rabaissés, sourcils relevés, tête secouée)
‘Il n’y a pas de cave à vin dans le village ou aux alentours ?’
(Mimique ahurie, coins de la bouche rabaissés, sourcils relevés, tête secouée)
Bon, j’ai pas insisté et je suis ressorti. Je dois préciser qu’à Jonquières, on a vu par la suite qu’il y avait au moins quatre négociants en vin. Mais le mongolisme, c’est terrible, ça frappe partout, même les bogosses.
Essai numéro deux : deux papys sur le pas de leur porte, dont un en fauteuil roulant.
‘Pardon messieurs est-ce que dans le village vous connaîtriez blabla blabla blabla blabla..’
‘Comment ?’
‘Il s’agit d’un vin apéritif à base de coings et d’herbes’
‘Des herbes ? Des plantes ??’
‘Euh ben oui’
‘Oui oui ! Reprenez la route tournez à gauche ici au feu et suivrez tout droit, vous verrez, c’est sur votre droite au bout d’un kilomètre’
Ravis, TiNours et moi on retourne à la voiture et on fonce… pour découvrir qu’au bout de la route qu’ils nous avaient indiquée, il y avait un Jardiland… Je commençais à rouspéter en disant qu’ils avaient fait exprès de nous envoyer n’importe où, quand TiNours m’a regardé, l’œil illuminé : « Mais non j’ai compris ! Tu as parlé de plantes, et comme ils n’avaient rien capté, ils t’ont envoyé dans un endroit où l’on achète des PLANTES’
(…….)
Troisième essai : en sortant du village, TiNours et moi on s’arrête chez un négociant en vins et on lui demande si lui en fabrique, de ce fameux élixir. Ce n’était pas le cas, mais après qu’on lui ait expliqué ce qu’on cherchait il nous dit : « Je pense que le seul endroit où vous pourriez trouver ça c’est chez Rigot. Le seul problème c’est qu’ils ne sont pas toujours ouverts. » Mais, très aimablement, il nous indique la route. On le remercie et on fonce. Ce n’était pas la porte à côté. Une ferme isolée sur le bord de la route. Et, en arrivant, on voit un grand panneau ‘Marché de Noël. Mardi 18 décembre’. Apparemment entretemps ils ont été enlevés par des Martiens, ou bien emportés par une épidémie de fièvre espagnole. Tout était désert. On a regardé à travers les vitres. Il y avait certes une cave avec des bouteilles (on était cependant trop loin pour voir s’il y avait celle qu’on recherchait), des guirlandes et des boules de Noël, il manquait plus que le sapin et la crèche ! Mais tout était fermé. Figé depuis 6 mois, comme dans un mauvais film d’anticipation du dimanche après-midi sur M6. On est donc repartis bredouilles…
Bon, comme je ne m’avoue jamais vaincu, j’ai fait une recherche sur les Pages Jaunes en rentrant, et je crois avoir trouvé un truc. Bien sûr, personne au téléphone quand j’ai tenté de composer le numéro, mais je ré-essaierai demain. Ah mais ! On y aura droit, à notre Cuvée de Décembre… Ou bien, s’ils n’en font plus, on tentera celle d’Avril. Voire de Mars. Trop bonne, leur liqueur...
Vous saviez que les lapsus ça peut se faire sur clavier, vous ? J’ai fait cette découverte révolutionnaire il y a quelques minutes. Je croyais
avoir tapé ‘Beaumes de Venise’ et en me relisant j’ai vu que j’avais écrit « Beaumec de Venise ». Stupéfaction, éclat de rire. Vérification : il ne peut s’agir d’une erreur de frappe, le « C » est situé bien en dessous du « S » sur le clavier, et décalé vers la droite. Je pense que c’est parce que mes doigts ont l’habitude de taper ‘beau meC’. Ce que c’est que d’avoir des déformations professionnelles….
Ce qui me servira de transition habile pour aborder la question suivante : hier soir tard, on zappe par hasard sur l’émission de Ondelate sur les crimes et mystères non élucidés, et on tombe sur cette histoire du conseiller municipal FN qui avait été tué (ou pas ? était-ce un accident ?) en 1995 à Toulon. Plusieurs pistes possibles : accident, ou assassinat, et dans le 2° cas, était-ce un règlement de comptes politique, ou bien un crime crapuleux car le monsieur en question aimait bien les hommes, et fréquentait des milieux gay… en perquisitionnant chez lui ils avaient trouvé toute une collection de revues de cul homo. Dans son parcours, ce mec était passé d’abord au séminaire, puis à la légion, avant de se lancer dans la politique. Interview de sa sœur, dont il était très proche : « Homosexuel ??? Ah non pas du tout. Mon frère était vieux garçon. Nuance. En fait, moi je le définirais plutôt par un autre terme : « Homophile ». Le contraire d’homophobe. Homophobe, c’est celui qui n’aime pas le genre auquel il appartient. ( …?... ) Homophile c’est le contraire. Mon frère aimait la camaraderie virile, les contacts entre hommes, il aimait vivre entre hommes. C’est ça être « homophile ». Il valait mieux pour lui, vous savez ! Comment aurait-il pu supporter le séminaire, ou la légion, lieux exclusivement masculins, sans être homophile ? Voilà. C’est cela, il était homophile, mon frère. »
Ah qu’en termes galants… Quoique... Moi, "homophile" ça éveillerait plutôt en moi d'affreuses images de maladies du sang, mais bon....
11:15 Publié dans Loisirs, Vacances | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.04.2008
Malemort
15 avril
Partis ce matin à 10h30 de la maison, nous sommes arrivés à Malemort pour prendre le repas de midi avec mes parents. Bien sûr, dès notre arrivée, mon père m’explique en détail comment fonctionne le chauffe-eau, que je connais par cœur, le poêle à mazout, que je connais beaucoup moins, le remplissage des arrosoirs à la cuve à essence, les volets à ne pas oublier de fermer même si nous ne partons que pour une heure, etc, etc….
Ma mère, elle nous avait préparé un repas pantagruélique… Paté de tête, purée faite maison avec andouillettes et boudins cuits au feu de bois du barbecue, fraises, tarte aux pommes et à la noix de coco, café , ouffff bonjour le cholestérol, mais… miam miam, que c’est bon de re-goûter à la bonne cuisine de sa Maman….
Malemort, c’est toute une moitié de mon enfance. Mes parents ont acheté ce chalet au pied du Ventoux quand j’avais onze ans, et j’y ai passé des périodes très diverses de ma vie : les premières crises d’asthme dans mon adolescence, (voir ici), mes quinze ans et mon éveil à l’amour auprès de ma Christine (oui oui, c’est bien Christine et non Christian ou Christophe, tout était encore possible à cette époque…), les étés où, étudiant, je bossais aux plâtrières pour me faire de l’argent de poche, et que je rentrais, après avoir fait les « trois huit », vanné et déshydraté, les pieds en compote à cause de ces maudites chaussures de sécurité (bains tièdes au Synthol, bouteilles entières de Badoit sifflées avec délices…). Les week-ends où, en hiver, on osait monter par un froid glacial pour nous blottir autour du poêle (« Sans famille », Hector Malot)… Les étés de chaleur écrasante et parfois bourdonnante de mouches (« Cent ans de Solitude » Gabriel Garcia Marquez)… Malemort doit être un des endroits de France où l’on connaît la plus grande amplitude thermique ! Mais j’ai toujours aimé les hivers très froids et les étés brûlants. J’aime les grands contrastes. Les saisons ‘mi-figue mi-raisin’, très peu pour moi…
Notre chalet de vacances. Perdu dans la garrigue. Le voisin le plus proche (et unique) est à 500 mètres, et le village à deux kilomètres. Loin de tout, sauf de la nature. Des cerisiers, des chênes. Des vignes à s’en fatiguer les yeux. La proximité majestueuse du Ventoux. Le soir, par temps clair, un ciel incroyablement étoilé. Une clarté qui pourrait presque remplacer celle de la Lune. Bien sûr, aucune connection internet. Je rédige actuellement ma note sur Word, je la publierai sur HautetFort plus tard, lorsque nous serons rentrés à la maison. Quand mes parents ont acheté le chalet, au départ il n’y avait même pas l’électricité ! L’eau courante, oui, tout de même… Je n’ai jamais tiré des seaux du puits… Aujourd’hui, ici il y a EDF, et téléphone. Mais internet, non. Mes parents s’en foutent, de Google et de Hautetfort…
Cet après midi, après leur départ, TiNours et moi avons refait ma promenade préférée (‘mon pèlerinage’ comme il la surnomme avec une ironie affectueuse) à Blauvac. Environ quatre kilomètres aller-retour. Blauvac, c’est un village mouchoir de poche, perché au sommet d’une colline, avec une vue sur la vallée à couper le souffle, et des surprises au détour de chaque ruelle. J’ai fait le parcours à pied d’innombrables fois. Le jour, le soir, la nuit. Sur la route qui y monte, on peut rencontrer de tout : des jeunes en moto, des touristes hollandais en décapotable, des bonnes sœurs. Une nuit, en juillet 2001, on avait même vu un jeune homme qui descendait les virages couché sur son skateboard , éclairé par une voiture qui le suivait tous phares allumés. Vachement gonflé le mec. A sa place j’aurais vraiment eu la trouille de me faire percuter par une voiture arrivant à toute vitesse dans l’autre sens, même si la probabilité d’en voir surgir une à l’improviste en pleine nuit sur cette route en lacets était hautement improbable, mais….
Cet après midi, nous avons été surpris par un troupeau de biquettes encadré par un berger, deux bergères et leurs chiens (« Ramène-les Diego, va les chercher, va !!! »).
Ici, j’aime à me dire que les pendules, les calendriers n’ont pas cours. L’espace, dans sa beauté, sa simplicité, son évidence rassurante, occupe tout, annihile le reste. Je n’ai plus ni 40 ans, ni 30, ni 15. Je suis. Moi. C’est tout. J’ai été ici à tout âge. Rien ne change, aucune hideuse construction pour défigurer, défier l’entité bienveillante qui règne sur ce coin du Vaucluse isolé du monde. Ici l’espace est plus fort que le temps.
20:19 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : vacances
14.04.2008
Partir, revenir
Tu m’attendras dans une fête
J’aurai changé, qui ne change pas ?
Tu me reconnaîtras au fait
Que tu ne me reconnaîtras pas
Partir
Voyageur sans bagage je partirai un jour
Laissant un livre ouvert et des pas dans la neige
Revenir
A quelle page en étais-je ?
Quelle image, quel visage ?
Revenir, mon Amour, dans ma vie à l’envers
Revenir, je reviendrai de loin
Nous partirons demain
Un espoir de retour
N’oublie pas mes deux mains
Revenir, quand on n’a plus de nom
Plus qu’un mot sur du marbre
Mais rouvrir la maison
Et planter d’autres arbres.
Derrière ton épaule, dans la glace
Je sais que d’autres ont pris ma place
Ton regard, comme s’il me cherchait
Passe sur moi comme un archet
Partir
Dans une autre vie peut-être ?
Comme si ta mémoire avait d’autres fenêtres
Et moi une autre histoire
Revenir
Mêler les souvenirs à des reflets étranges
Ce n’est pas peur de mourir
C’est vivre qui dérange
Revenir
Je vais partir demain voyageur sans bagage
Laissant un livre ouvert
Et des pas dans la neige.

08:03 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note