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30.05.2008
Le mépris
Non, ma note n’a rien à voir avec ce « chef-d’oeuvre » (chiantissime, à mon goût, soit dit entre nous...) de Godard, mais je garde la musique en toile de fond, parce qu’elle, elle est très belle, et s’accorde bien avec l’épisode absolument tragique que je vais vous relater :
Hier j’étais convoqué pour des corrections d’épreuves écrites de BTS. On récupère le paquet de copies, on se les répartit entre profs d’anglais, on discute du sujet et des éventuelles adaptations du barème. Ensuite, on corrige une dizaine d’épreuves chacun, puis on compare pour harmoniser nos notes. Généralement il n’y a pas de très grands écarts. Ces moments-là de l’année peuvent être assez sympas selon l’équipe avec laquelle on tombe, parce qu’on attrape souvent des fous-rires mémorables.
Cette année j’étais coordonateur pour l’anglais. Ce qui signifie que je devais me charger d’étudier le corrigé à l’avance, voir les coquilles s’il y en avait, répartir les copies entre les collègues, et à la fin de la journée, faire les moyennes et entrer les notes sur le site de notation académique.
Ca se passait dans mon lycée. Comme c’est la première année
où j’interviens dans la section, je ne connaissais pas les autres correcteurs qui venaient d’autres académies limitrophes. Je suis donc arrivé avec ma caisse de copies et de polycopiés, devant la porte de la salle concernée. Il y avait là un groupe de 5 ou 6 femmes, parmi lesquelles je ne connaissais qu’Anne, la prof d’Italien, que j’aime bien. J’ai donc demandé qui était là pour plancher sur les épreuves d’anglais avec moi, et deux nanas se sont avancées. J’ai donc dit « Bonjour, je suis Lancelot, c’est moi qui coordonne pour l’anglais » et avant d’ouvrir la porte, j’ai serré la main à tout le monde. Il y avait là des anglicistes, des hispanistes, et deux italianistes.
Et c’est là qu’il m’est arrivé le genre de chose que je DETESTE par-dessus tout pour l’avoir déjà vécu (à de rares occasions,
heureusement). Une des nanas s’est ostensiblement détournée et éloignée pour ne pas avoir à me serrer la main.
Ses raisons, je les ignore, et je ne tiens pas à trop m’attarder dessus. On ne s’était jamais rencontrés elle et moi. Elle avait une dégaine de goudoue, mais je serais mal placé pour avoir une dent contre les goudoues, a fortiori une animosité latente que j’arborerais sur moi sans en avoir conscience. J’ai été poli et correct, je ne pense en avoir fait ni trop ni pas assez. Je n’avais pas mis de casquette SS pour siffler le rassemblement des troupes, je ne m’étais pas non plus jeté sur les meufs pour leur rouler à chacune une pelle avec mes mains balladeuses. Je me suis présenté, j’ai dit bonjour en souriant et tendu la main à tout le monde, point à la ligne.
Alors ?
Alors ? Eh ben ça arrive, ce style de plan. Beaucoup trop souvent à mon goût, mais ça arrive. Il existe des gens qui se sentent agressés
par la moindre marque de courtoisie de la part d’un inconnu. Ou alors ma gueule ne lui revenait pas. Elle me trouvait trop moche, ou trop antipathique pour accepter de me serrer la main. Il n’empêche. Ce style de réaction, ça me rend malade, malade. Bon, pas au point de m’empêcher de faire ma journée de boulot, tout de même. J’ai branché le pilote automatique, ignoré l’incident, je suis rentré dans ma salle avec les anglicistes, et j’ai été opérationnel pour bosser toute la journée. Mais, selon le mode de fonctionnement de mon disque dur interne, le souvenir a bien sûr ressurgi le soir au souper, et j’ai raconté l’incident à TiNours, qui m’a conseillé de prendre ça avec philosophie, avec les arguments habituels face à ce style de truc « Bah, probablement une mal baisée, tu ne la reverras pas, laisse pisser, quelle importance… ? » Bien sûr. C’était la seule façon cohérente de gérer la chose.
Il n’empêche. Ce qui m’intéresse surtout, c’est de savoir POURQUOI ça m’atteint autant. Ce style de réaction, ça sort de ma sphère de compréhension. On peut trouver, immédiatement et dès le premier abord, qu’un inconnu est laid, ou a l’air con, et ne pas avoir envie d’être gentil avec lui, ou elle. Mais poli… ? POLI !!! Personnellement, je m’imagine dans le cas inverse, et je ne me vois absolument pas refuser de dire bonjour (surtout de répondre) lorsque j’ai quelqu’un en face de moi qui se présente. Je trouve ça d’une grossièreté innommable. Et qu’on ne vienne pas me servir des arguments du style ‘timidité’ ou même ‘sauvagerie excessive’. J’ai déjà entendu ça aussi : « Ah oui , il/elle n’est pas d’un abord facile, mais quand tu le/la connais, c’est un cœur d’or. »
Non. Non. NON. Ca avec moi, ça passe pas. On peut avoir son caractère, être sauvage, ne pas aimer les démonstrations. Mais ne pas être simplement courtois, je ne l’admets pas. Ecraser les gens de mépris, comme ça, gratuitement, dès un premier contact, c’est une chose que je ne peux digérer. Ca s’apparente à une gifle. Facile, qui plus est, ce qui la rend encore plus détestable. Je ne sais jamais quelle attitude adopter dans un cas pareil, et ça m’énerve encore plus. Bon, comme je l’ai dit plus haut, je gère sur le moment, et j’enchaîne, mais je voudrais bien être capable d’oublier ce style d’incident dans la seconde qui suit, sans y attacher d’importance. Je n’y parviens pas. Pourquoi ?

18:57 Publié dans Boulot, Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : examens, mépris
28.05.2008
MétaFlore
Parmi les commentateurs fidèles à ce blog, trois femmes reviennent régulièrement. J’ai envie d’écrire « filles » plutôt que « femmes » car dans mon optique elles sont des copines, des amies, et le terme de « fille » rappelle les années collège, lycée, fac, il a un parfum de jeunesse que j’associe, à tort bien sûr, à chaque amitié. Toute amitié est jeune par définition. D’abord quand elle est naissante, et même après plusieurs années, parce qu’elle est sans cesse renouvelée. Une amitié peut mourir, mais elle ne s’use pas au fil du temps, si l’on continue à se côtoyer. Bien au contraire, paradoxalement, le temps la raffermit, la rajeunit, et lui prête vie.
Trois filles, donc.
Depuis quelques mois, elles reviennent, intermittentes, ici et là dans mon blog, dans mon espace perso, dans mon jardin secret… Pas si secret que ça, d’ailleurs, puisqu’il est ouvert à tous ceux qui ont envie d’y entrer. Mais ce terme me permet d’enchaîner sur une métaphore : trois filles, trois fleurs.
La première, c’est la violette. Elle a surgi un jour sans faire de bruit. Elle est venue gentiment s’émouvoir avec moi d’un sujet qui me tenait à cœur, et m’apporter son soutien. Elle est modeste, douce et réservée. La violette est utilisée pour du parfum bien sûr, mais aussi dans le domaine de la santé, et en cuisine, même. La fille à laquelle je pense, elle aime parler de ces choses-là. Elle est inventive, elle s’intéresse à tout ce qui peut rendre la vie belle et bonne. Elle aime les plaisirs simples. Elle s’occupe de sa famille, de son intérieur, avec amour. Elle a longtemps craint de rester dans l’ombre où depuis plusieurs mois on semblait vouloir la reléguer. Mais depuis quelques jours, elle a eu une occasion de s’épanouir, de montrer de quoi elle était capable. Timide, discrète, mais courageuse et opiniâtre. Je l’aime beaucoup, ma petite violette. Beaucoup.
La seconde amie, elle ressemble à du lilas. Elle est vivante, enthousiaste. Lorsqu’elle vient commenter, c’est toujours comme une bouffée
de ce parfum qui vient nous caresser lorsqu’on passe à côté d’un de ces arbustes. Elle est passionnée, entière. Elle ne mesure pas son amitié, elle est généreuse et vibre toujours à l’unisson (chez moi en tout cas !). Quand on la lit, on a envie de la prendre dans ses bras, comme ces brassées de fleurs, blanches ou mauves, qu’on aime à ramener à la maison, au printemps, comme des invités agréables, pour qu’elles embaument tout. Elle est curieuse et intuitive. Elle est adorable.
La troisième, j’ai longtemps cherché quelle fleur je pourrais lui associer. Et tout en étant un peu insatisfait par la
banalité de mon choix, je n’ai pu trouver que la rose. Rose, blanche, jaune ou rouge, peu importe la couleur. Parce que la troisième copine, c’est une palette à elle toute seule. Changeante, rayonnante. Une rose parce que cette fleur s’épanouit sans crier gare, d’un seul coup, du jour au lendemain, dans un buisson, et c’est exactement comme ça que l’amitié est née entre nous, un soir, en me laissant tout surpris car je ne m’y attendais pas. Elle s’est déployée, elle m’en a foutu plein la vue. Un coup de foudre amical. Total. Incroyable comme je me sentais bien à discuter avec elle, comme nous avions plein de points communs, comme le rire et les confidences ont fusé entre nous. Elle sait être piquante dans ses avis, ses coups de gueule, et c’est tant mieux. Mais elle peut aussi être douce comme un pétale, si douce et tendre quand elle sent que quelque chose ne va pas. Une rose formidable.
Je les apprécie, mes trois fleurs. Je dois bien reconnaître que la tendresse d’une fille a une qualité particulière et inégalée. Elles sont moins abruptes, plus conciliantes, plus compréhensives dans leurs attitudes que les hommes. Est-ce simplement parce que, en tant que gay, par moments il me manque aussi ce ‘quelque chose’, si indéfinissable, qu’on ne peut retrouver qu’en enfouissant son visage dans des mains féminines ? J’ai en tête en ce moment un extrait de ce film magnifique ‘Le fate ignoranti’. L’histoire d’Antonia, une jeune femme qui découvre par hasard après la mort accidentelle de son mari que celui-ci avait un amant. Après le premier choc, elle va trouver ce jeune homme, Michel, en essayant de surmonter sa détresse, sa douleur, et pour essayer de savoir, de comprendre. Ils nouent des liens, tendus bien sûr au début, mais petit à petit le respect, et une certaine forme d’amitié s’instaurent. Traversés bien sûr, régulièrement, par des crises. Tout au long du film, Michel a toujours devant elle une attitude défiante et revendicatrice de cet amour que lui vivait secrètement avec son mari, et qu’elle, Antonia, n’avait su ni pressentir ni comprendre. Or, vers la fin, lors d’un huis clos très doux et triste, il s’écroule devant elle et lui demande en sanglotant « Pardonne-moi… Pardonne-moi… »
Ce pardon, seules des femmes savent le comprendre, et le donner.
Et même si je ne demande pardon à personne, je voulais aujourd’hui rendre hommage à ce beau bouquet que j'ai la chance de voir fleurir, régulièrement, dans mon jardin.
17:12 Publié dans BlogPotes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : filles, femmes, copines, fleurs
25.05.2008
Cauchemar en gris
Vendredi 18h. Je trouve un prospectus dans la boîte aux lettres : "Redécouvrez vos anciens films sur DVD, possibilité de transferts (super 8, VHS, V2000) tarifs intéressants, contactez-nous au …" suivent une adresse et un numéro de téléphone à Montpellier.
Tiens, c’est bien, ça, quand j’étais ado on avait un magnétoscope V2000 à la maison, qui a rendu l’âme depuis belle lurette, mais j’avais enregistré un certain nombre de films introuvables aujourd’hui, même sur Amazon, et si mes parents ont conservé les vieilles cassettes, ça pourrait être intéressant.
Je décroche illico le téléphone et j’appelle la maison (dans les Bouches du Rhône) mais ça ne répond pas. Bon, ils sont partis, comme tous les vendredis soirs, à leur maison de campagne dans le Vaucluse. J’appelle, là-bas, je tombe sur le répondeur vocal. OK, ils sont en route. Je retenterai le coup plus tard.
20h, je réessaie. Le Vaucluse ne répond toujours pas, non plus que les Bouches du Rhône d’ailleurs. Le trajet prend normalement 1h40 environ, ils étaient probablement partis avant 18h, au fait... J’appelle ma sœur à Marseille. Non, elle n’est pas au courant de projets particuliers. D’ailleurs, depuis deux ou trois ans mes parents ne sortent plus tellement, sauf à certaines occasions comme la St Sylvestre. S’ils sont invités chez des amis, ça se passe en général à midi, pas le soir. Et comme ma mère a été opérée de la hanche l’an dernier, des longues marches ou une station debout prolongée lui sont évidemment impossibles, ce qui limite encore leur autonomie. En gros, leurs seuls déplacements sont ceux qu’ils font de façon hebdomadaire entre leur maison et leur chalet du Vaucluse, le week-end.
Ma sœur et moi décidons d’un commun accord d’essayer de les rappeler régulièrement sur leur fixe. Mon père n’a pas racheté de portable depuis que le dernier qu’il possédait s’est détraqué.
23h : Ma sœur me rappelle, angoissée. Toujours pas de nouvelles. Je dois dire que je commence à sérieusement baliser moi aussi. Le plus inquiétant est que lorsque nous appelons, le téléphone sonne, puis le répondeur vocal sur la ligne se déclenche, avec cette voix sirupeuse pré-enregistrée « Votre correspondant ne peut être joint actuellement, veuillez laisser un message, gnia gnia gnia… »
On envisage ensemble les éventualités possibles. S’ils étaient restés dans les Bouches du Rhône, on les aurait eus au téléphone. S’ils avaient eu un accident en route (même grave, en mettant les choses au pire, si les deux avaient été sérieusement blessés) on aurait été prévenus par les pompiers ou l’hôpital, forcément. Ou bien, leur téléphone dans le Vaucluse est en dérangement. Mais si c’est le cas, pourquoi est-ce qu’il sonne et déclenche le répondeur sur la ligne ?
La dernière éventualité, c’est celle à laquelle on n’ose pas penser : ils sont âgés, et le chalet est isolé…. ils auraient pu être agressés et inconscients, voire pire, à côté d’un téléphone qui sonne à vide. L’horreur de l’horreur.
Minuit. Toujours rien. Ma sœur et moi, en ligne pour la 10° fois, examinons nos possibilités d’action : on peut se rendre au chalet. Le problème est qu’elle, comme moi, sommes à 150 km de là-bas. Ou bien, qui est-ce qu’on pourrait contacter, pour gagner du temps ? Je connais le nom de leur voisin dans le Vaucluse, mais je ne le trouve pas sur l’annuaire. Il doit être sur liste rouge. Je ne connais pas le nom de leurs amis du coin. Il y a bien un garagiste qui habite dans le village et qui m’avait dépanné, une fois. Qui plus est, lui et sa femme connaissent bien mes parents, leurs rapports sont amicaux et dépassent le simple cadre commerçant-client. Mais bien sûr pour cela il faut attendre le lendemain matin.
Je rassure ma sœur : il ne faut pas paniquer, il s’agit sûrement d’un simple problème de ligne téléphonique. Je rappellerai le lendemain dès la première heure et je la tiendrai au courant de ce qui se passe.
Samedi, 7h. Après une mauvaise nuit (je m’étais réveillé dès 5h30 sans pouvoir me rendormir), j’essaie encore. Pas de réponse chez mes parents.
8h, j’appelle le garagiste. Pas de réponse non plus, je tombe sur son répondeur. Et s’il n’était pas ouvert le samedi ? Comment se renseigner ? L’angoisse monte, monte. Je n’ai pas le courage d’attendre 9h. Cette sonnerie sans personne sur la ligne, et ce répondeur qui se déclenche à chaque fois ont l’art de faire monter la pression. Appeler la gendarmerie de là-bas ne servirait à rien, ils n’interviennent jamais avant 48h lorsque des gens disparaissent.
La solution la plus radicale et la plus claire, c’est d’y aller. Mon TiNours acquiesce immédiatement. On devait faire des courses, du ménage, des copies. Tant pis pour les courses et le ménage, ça se fera plus tard. J’emmène tout de même les copies en route, ça me permet de ne pas trop laisser mon imagination délirer pendant le temps du voyage. 1h45 tout de même. On peut en échafauder, des hypothèses, pendant un trajet. Les histoires genre « Faites entrer l’accusé » on a beau se dire que ça n’arrive qu’à la télé, elles repassent en boucle. D’autant que ma sœur m’avait raconté qu’elle avait récupéré à l’hôpital il y a trois semaines un couple de personnes âgées, la dame dans le coma et son mari gravement blessé au visage et aux yeux. On avait sonné chez eux dans la journée. « C’est pour le bouquet de fleurs ! » Ils n’en avaient pas commandé mais la voix derrière la porte avait ajouté « de la part de votre fils ! » et comme ils ont un fils dentiste à Aix, ils ont ouvert… et se sont fait attaquer par des malfrats qui en voulaient à leur argent. Abominable.
8H45. Départ tambour battant. Je n’ai pas le courage d’attendre 9h, heure possible d’ouverture chez le garagiste, et d’ailleurs, qu’est-ce qui nous garantit qu’il est ouvert le samedi matin ? Les chances sont minces, et en effet la suite nous a confirmé qu’il ne fallait pas compter sur ça.
J’ai aussi un autre film en tête : et si on arrivait là-bas pour trouver la maison fermée, sans voiture devant, et sans nouvelles ? S’ils avaient disparu sur l’itinéraire entre les Bouches du Rhône et le Vaucluse ? Et vas-y pour les scénarios à la sauce Christophe Hondelatte qui se mettent à bourgeonner dans mon crâne enfiévré…. !
La pression est montée jusqu’à ce qu’on atteigne le chalet. J’ai jailli de la voiture, et quand j’ai vu mon père, puis ma mère en sortir avec une mine ahurie, j’ai eu l’impression qu’on m’enlevait un poids de 800 kgs des épaules. TiNours est allé donner des explications, dire bonjour. Moi, j’ai pas pu. Je me suis détourné et j’ai chialé, comme un gamin, pendant 5 bonnes minutes. Les grandes eaux. La totale. Putain que ça faisait du bien. Ouvrir les écluses. Laisser s’échapper toute la peur accumulée. Déboucher la bonde. Ouste, à l’égout, tous les vilains phantasmes, les idées hideuses, les images d’horreur. C’était fini. Laisse couler, disparaître, s’évacuer tout ça. Sang, larmes, objets brisés, vêtements déchirés, allez, à la trappe. Pas pressé de vous voir remonter à la surface de mes eaux stagnantes. La vie reprend ses droits, le fleuve se remet en mouvement, glouglou, glouglou. On a rouvert le barrage.
Il s’agissait bien évidemment d’un problème de ligne de ces p*** d’enc*** de P&T de m***. Ce n’était pas la faute de mes parents, ils ne pouvaient prévoir qu’on allait essayer de les joindre ce week-end, car ils m’avaient déjà appelé jeudi soir pour me remercier de la carte que je leur avais envoyée d’Irlande. Ils savaient que leur téléphone déconnait, et avaient signalé le problème, mais sans espoir qu’il soit réparé avant lundi. Mais surtout, SURTOUT, ce que je trouve inadmissible c’est que dans un cas pareil on devrait tomber sur un enregistrement disant que la ligne est en dérangement, et non pas sur le répondeur vocal de la ligne qui laisse présager tout et n’importe quoi.
Bien sûr, j’ai passé un coup de fil à ma sœur qui avait elle aussi bouleversé ses plans pour la journée en attendant que je la recontacte.
Ils m’ont foutu une sacrée trouille, mais je crois que je le leur ai bien rendu. Je revois mon père hier, et ses grandes mains maladroites sur moi : « allons, allons, calme-toi, c’est fini…. » Ma mère qui essayait de plaisanter pour donner le change (rapport à ses yeux à elle un peu rouges) « Alors, vous avez cru que nous étions mouris… ? » (que tu es drôle, Maman, je raffole de ton humour !). Enfin bon. Halte au pathos. Chez les Lancelot and Co, on est beaucoup plus habitué à la déconnade et aux vannes. La tragédie, c’est un mode sur lequel on est handicapés pour fonctionner. En famille, on n’a pas les gènes adéquats. En solo, oui, mais dès que nous nous réunissons, un fusible se met automatiquement en place pour éviter les effusions. Rigoler oui, pleurnicher non.
De cet épisode, nous avons, mes parents et moi, tiré de nouvelles règles pour l’avenir :
-penser à appeler le 10 14 avant tout pour demander si la ligne du correspondant est VRAIMENT en dérangement. Mais, si les fils ont été coupés au préalable, le fait de savoir que la ligne est HS n’est guère plus rassurant en soi. Enfin c’est tout de même mieux qu’une imbécile de boîte vocale se déclenchant inexorablement.
-j’ai noté un certain nombre de numéros de connaissances et amis à eux, sur le village, que l’on peut appeler en cas d’urgence. Notamment celui du voisin sur liste rouge, que mon père avait dans son agenda. (Ceci dit, comme me l’a fait remarquer TiNours sur le chemin du retour, ça n’aurait pas servi à grand-chose d’appeler le voisin si la totalité du quartier était en dérangement suite à une coupure sur la ligne).
-on passe au régime stalinien : mes parents devront à l'avenir, avant de monter dans leur chalet le week-end, donner un coup de fil (quitte à laisser un message sur le répondeur si nous ne sommes pas là) en indiquant leur heure de départ. Même système à l'arrivée.
-obligation pour eux, à court terme, de racheter un téléphone portable.
Et en conclusion : une mention spéciale à Mon TiNours, qui en l’occurrence a été exemplaire : rassurant, réactif, plein d’idées pertinentes, excellent chauffeur. Une épaule parfaite où s’appuyer en cas de pépin. Merci à toi, mon homme à moi. Merci.
Post-scriptum : si vous vous souvenez de ce que je disais au début de cette note : j'ai oublié aussi de dire que mon père n'avait pas conservé mes vieilles cassettes Video2000 et que donc je ne pourrai pas me les faire graver en DVD ! Dire que si je n'avais pas reçu ce prospectus dans la boîte, vendredi, je ne les aurais même pas appelés et que tout ce patacaisse ne se serait pas déclenché....! Pour rien, au final...
11:49 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : angoisse, parents, téléphone
22.05.2008
Back from Ireland
Lancelot is back !
Repu de fous-rires et de beauté. Quatre jours qui m’ont fait un bien immense.
Ce n’était pas une découverte pour moi : TiNours et moi avions déjà passé trois semaines en Eire pendant l’été 2000. Un itinéraire que nous avions fait en voiture, du Sud Est en commençant par Wexford,, et nous étions remontés dans le sens des aiguilles d’une montre (des aiguilles qui s’initiaient à la périlleuse conduite à gauche !) : Cork, Cahir (château où ont été tournées certaines scènes d’Excalibur…. Je l’ai gardé très longtemps en fond d’écran, Fiso… !) le Kerry, la péninsule de Dingle, Killarney, Limerick, Ennis, les falaises de Mohair, le Connemara, le Donegal, et ensuite nous avions terminé quelques jours sur Dublin, désolés de ne pas pouvoir aborder l’Irlande du Nord, mais nous n’avions hélas plus assez de temps, hélas, hélas…
Cette fois il m’a fallu se contenter de deux villes : Dublin et Cork. Ce qui n’était déjà pas mal. Sur moins de quatre jours, et ça c’était plus gênant. Mais le but n’était pas de faire (que) du tourisme ! Caro, la coordonnatrice de la section de BTS où j’enseigne, et moi, devions prospecter des possibilités de stage pour nos étudiantes, rencontrer le directeur de l’un des collèges où sont régulièrement envoyées nos élèves depuis 5 ans, formaliser cela par un accord plus humain et moins administratif, et éventuellement nous renseigner aussi sur les possibilités de location existant pour les étudiants étrangers venant passer un mois de stage dans ces villes irlandaises, où, comme dans tous les endroits où le succès de la bulle informatique a attiré de l’emploi, il est difficile de trouver une chambre à prix raisonnable pour quelques semaines.
Alex, le mari de Caro, nous accompagnait en tant que touriste.
L’Irlande a certainement changé depuis huit ans. Notamment en raison d’une immigration accentuée et d’un développement de la construction. Encore une fois, la croissance économique (qui subit toutefois un ralentissement depuis quelque temps) en est la raison principale. Mais, au coeur de deux grandes villes que je connaissais déjà, je n’ai pas eu à me plaindre d’une urbanisation excessive. Les métropoles conservent leur charme en intégrant l’aspect cosmopolite de façon harmonieuse.
Une question qui a été, sinon oubliée, disons ‘phagocytée’, en France, grâce à notre génial président, se retrouve à tous les coins de rue : le référendum au traité de Lisbonne, pour lequel les avis sont très partagés. Détail intéressant, alors qu’à Cork la majorité des affiches disent ‘Vote YES’, sur Dublin, on retrouve un grand nombre de ‘Vote NO’, en quantité égale. Sans doute parce que la capitale est un plus grand mélange de tendances politiques et de populations différentes.
J’ai retrouvé cette sensation si agréable d’il y a huit ans : sans tomber dans un angélisme béat, il faut bien reconnaître qu’en majorité les Irlandais sont gentils, serviables et cools. La rudesse, ou une certaine violence larvée que je n’avais pas aimée en Angleterre, je ne la retrouve pas ici. Les mecs parlent fort, rient fort, se bousculent virilement comme des gamins devant les portes des pubs (où l’on a parfaitement intégré l’interdiction de fumer dans les lieux publics, apparemment) mais je n’ai été confronté à aucune malveillance, aucune ironie, aucune réflexion agressive.
Nous avons donc, lors de deux soirées consécutives, tenu à nous rendre dans des pubs où l’on jouait de la musique irlandaise, avec danses et chansons. Hormis les consommations (à mon corps défendant, car j’aime pas la bière, mais j’ai tenu à m’immerger dans l’esprit du pays, j’ai donc ingurgité deux Guinness) on ne paye rien, surtout pas la musique. C’est fait pour s’amuser, pour le plaisir des musiciens et du public, ça ne va pas plus loin et c’est très bien comme ça. Les jeunes se lancent dans des gigues hasardeuses, sur les conseils d’un mec ou d’une nana qui donne des conseils dans le micro en guidant les pas, tout cela dans une joyeuse pagaille, et au final tout le monde rigole. Bonheur aussi de chanter le dernier soir lorsqu’un mec à la guitare (dont je n’ai pas noté le nom, hélas) est venu nous interpréter des tubes connus, de Sting ou Simon and Garfunkel entre autres. Même si on ne touche pas là à la véritable « âme de l’Irlande » d’un point de vue culturel, on se retrouve pris dans le mouvement de gentillesse et de spontanéité générale dans le plaisir d’entonner à l’unisson des paroles de chansons bien connues de tout le monde.
Notre visites de deux écoles à Cork m’a laissé un souvenir étourdissant. La première, incroyable de beauté architecturale, mélange harmonieux de classique et de moderne. Je m’étais fait la même réflexion sur plusieurs campus américains : comment les étudiants font-ils pour avoir envie de travailler dans un cadre pareil ? Mais je me doute bien qu’au final c’est justement l’ensemble qui doit avoir un impact positif sur la « productivité intellectuelle ». Encore une question de culture à laquelle nous ne sommes pas habitués.
La seconde école qui est un « College of Further Education » accueille des étudiants de tous âges de 19 à 77 ans, et m’a laissé sur le cul, de par la variété et l’originalité des matières abordées : les cours de mixage et d’enregistrement côtoient ceux de création musicale, d’autres étudiants écrivent et mettent en scène des pièces de théâtre pendant que d’autres confectionnent des décors (l’ensemble n’en restera d’ailleurs pas cantonné à l’enceinte de la fac, ils ont des accords avec la municipalité pour aller travailler au théâtre de la ville -et Cork ce n’est tout de même pas Trifouillis les Gonesses !), d’autres, dans le cadre de la « découverte culturelle » fabriquent un bateau qui sera utilisé pour faire une excursion sur le fleuve. Les salles informatiques sont bien sûr nombreuses et toutes équipées de Wifi, et d’ailleurs chaque étudiant possède son propre portable qu’il a la possibilité d’acheter à la fac en début de cursus en remboursant à long terme, un investissement qui s’avère toujours payant parce que les cours qu’ils pourraient manquer leurs sont (presque) automatiquement mailés… J’en avais les larmes aux yeux et l’eau à la bouche en sortant… Pauvre petit prof dans un lycée français qui se bat depuis le début de l’année pour que l’écran géant que l’on a installé dans sa salle de classe soit ENFIN cablé pour qu’il puisse le connecter à son PC personnel, qu’il devra bien évidemment trimballer… BREF !
J’ai entraîné Alex et Caro vers les lieux que j’avais visités et aimés avec TiNours : Trinity College, et la prison de Cork (qui a été fermée dans les années 20). Le temps a varié mais il n’a jamais plu, et si nous avons eu quelquefois un ciel couvert, le soleil a été splendide sur Dublin la plupart du temps. How lucky can you get ?
A Trinity nous nous sommes contentés des jardins sans aller admirer le Book of Kells (le plus vieux livre d’Europe -VI° siècle- ). Majesté et bonheur dans cette enceinte. Sammy, j’ai pensé à toi très fort !
L’un des chauffeurs de taxis que nous avons utilisés (les taxis, pas les chauffeurs…) répondait au nom délicieux de Patrick Gallagher : plus irlandais tu meurs… Croyant bien faire, sur le chemin qui nous emmenait de l’aéroport à notre B&B, il a tenu à entretenir la conversation en m’interrogeant sur mes pronostics sur le match de rugby imminent entre les « Munsters » (LEUR équipe) contre les Toulousains. Tout le monde en parle en ce moment là-bas, plus encore que du referendum…. J’ai dû le décevoir, et même Alex n’a pas pu venir à mon secours… Mais je ne pouvais pas décemment lui expliquer que mes connaissances rugbystiques se limitent à des calendriers de nus artistiques… Alors il a gentiment changé de sujet : « cerkowzee… cerkowzee… » Mais qu’est-ce qu’il me veut lui avec son Cerkowzee ? C’est quoi ça encore ? Un autre sport national… ? Et tout à coup j’ai eu une illumination ! Il parlait de notre Nicolou chéri ! Alors là ça devenait plus intéressant ! Je lui ai demandé quelle image en renvoyaient les médias à l’étranger. Question que j’ai re-posée par la suite à d’autres personnes, qui nous ont été présentées à la fac, notamment… A chaque fois ils hésitent, parce qu’on voit qu’ils veulent rester polis… Je me suis régalé : « Come on, don’t be shy… What do the media say… ? Which impression do you get from here ? ». Il ressort de cet intéressant sondage que ça rigole pas mal outre-manche, sur notre dos… Nous on rit plutôt jaune… On a notre Bush à nous, maintenant. Estampillé. Pur porc premier choix !
La dernière nuit à Dublin a été marquante : réveil à quatre heures par une alarme qui résonnait longuement. Evacuation de l’hôtel tambour battant… pour le réintégrer 5 minutes plus tard : la centrale électrique responsable de l’alimentation de ce secteur avait eu un bug qui avait privé trois quartiers entiers, et donc quelques centaines de logements (et d’hôtels..) de courant ! Ni incendie, ni alerte terroriste… Les pompiers sont venus nous rassurer…. Ca ne s’était pas produit depuis sept ans… Ils m’attendaient pour remettre le couvert, apparemment… Merde… Tout ça pour ça… ? J’ai réintégré mon lit mais je n’ai pas pu me rendormir… Les pompiers n’assuraient-ils pas le service « aller consoler les touristes qui sont dans le colletard » jusque dans leurs chambres… ? J’aurais bien aimé…
Et, puisque j’en suis aux points négatifs : le café irlandais est toujours aussi infecte ! Il doit certainement y avoir de bonnes adresses de ‘trattorie’ italiennes, mais je ne suis pas plus tombé dessus cette fois qu’en 2000..
Les contrôles aux aéroports, aussi, sont épuisants de minutie de de pointillisme.... Je me suis fait confisquer un (probablement) délicieux pot de confiture au whisky dont ni TiNours ni moi ne connaîtrons jamais le goût... Relents du 11 septembre : que la foudre tombe sur tous ces maudits terroristes qui nous empoisonnent la vie et nous empêchent de déguster nos toasts à l'occasion de nos breakfasts occidentaux....
Il n’empêche : café ou pas, whisky jam ou pas, (plutôt "pas" d'ailleurs, pour le second... grrrr...) j’avais le cœur un peu lourd lorsque l’avion a crevé la barrière de nuages pour reprendre la direction de Carcassone. Seule la pensée que j’allais retrouver mon TiNours me consolait. Mais j’aurais nettement préféré que lui vienne me rejoindre pour poursuivre ce périple à deux, voire à quatre, car malgré mes appréhensions, la cohabitation avec Caro et Alex s’est merveilleusement bien passée.
Retour cet après-midi au quotidien : copies et oraux. La transition ne sera cependant pas trop dure : j’avais emporté un paquet de devoirs surveillés là-bas, histoire de ne pas trop souffrir du manque… J’ai abattu du travail dans l’avion, pour rentabiliser le temps perdu. Scrupulous teacher, ain’t I… ?
11:28 Publié dans Vacances | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : irlande, dublin, cork
16.05.2008
Voyage en Argentique
En surfant de blog en blog, j’arrive tout à l’heure sur le blog de Peio, qui, au-dessous d’une photo susceptible de faire s’arrêter n’importe quel eunuque, nous pond une jolie note « Dans ma Vie » sur le fait que c’est bien normal d’être attiré par les beaux mecs –les 10/10- qui passent dans la rue (hétéros, homos, peu importe) mais que de là à les prendre en photo, baver dessus, et pleurer parce qu’on ne pourra jamais se taper des bombasses pareilles, (car on n’est soi-même qu’un 6/10), il ne faut pas exagérer….
Me sentant personnellement concerné par cette note pourtant pleine de bon sens, je commence à frétiller de mes dix petits doigts au-dessus du clavier, signe certain que la mécanique « commentaire » va se mettre en marche. Pendant que tout ça bouillonne et décante en moi, je lis la liste des autres coms. PAF ! C’était couru : TarValanion a répondu avant moi, exactement ce que je voulais écrire. Ca a un côté chiant, ça, vous pouvez pas savoir. Et dans le monde du blog, ça m’arrive hyper-souvent : je ne vais pas assez vite ! J’arrive toujours une semaine, un jour, voire une heure trop tard, avec mon cartable d’idées périmées sous le bras…. Ce que je voulais répondre en commentaire, un autre l’a dit avant. Le sujet de la note que je voulais faire, on me l’a piqué la veille (Anydris, sans le savoir, m’a déjà fait le coup trois fois !! Je l’aurais tué !! LOL –mais tué gentiment, parce que je l'aime bien quand même…). Et qui plus est, ce que je voulais écrire est exactement écrit comme je voulais l’écrire, en mieux même. Décourageant, décourageant.
Enfin bref. Revenons à nos Beaux Mectons. J’espère que TarValanion ne m’en voudra pas, et ne me fera pas payer de droits d’auteur pour reproduire in extenso son commentaire ici. J’aurais pu l’écrire moi-même tel quel, de A à Z. :
« Je me sens un peu concerné par ce billet. Je me reconnais au moins dans deux descriptions : le paparazzo fou et celui qui se trouve pas beau.
C'est vrai que j'aime bien prendre en photos les bogosses que je croise dans la rue. C'est vrai que j'aime bien mater les choupinous qui passent. Mais je ne fantasme pas dessus. C'est plutôt un sens de l'esthétisme. Je me dis des trucs du genre "beaux yeux" - "beaux muscles" - "beau cul". Mais c'est tout. Et puis, comme m'a dit un sage un jour : "si ça se trouve, il est éjaculateur précoce". Mais je suis quand même conscient de la réalité : Personne n'est parfait, il faut savoir se contenter de ce qu'on a. Et de ce que l'on est.
Ce qui m'amène au deuxième point. Je ne me trouve pas beau. Je ne dis pas que je suis repoussant, ni même moche. Mais pas beau. ... Ouais, 6/10, si tu veux... »
Pour rajouter mon grain de sel au débat, je dirai que TiNours et moi sommes experts dans ce sport-là. A une époque, nous étions même fortiches. On a ralenti depuis quelque temps nos activités de paparazzi pédés mais sans les cesser totalement. Lui repérait de TRES LOIN les bombasses (il m’a toujours sidéré pour ça, moi qui suis myope comme un régiment de taupes !) « Il en arrive un, là, vite, tiens toi prêt !! » Moi, désespéré : « Mais OU ??? OU ??? OUHOUUU ?? » « Mais là, droit devant !!! VITE !!! ») Et puis CLIC ! Là c’était moi qui oeuvrais, dans une parfaite discrétion.
(Enfin, la plupart du temps...)
(Pour ceux que ça intéresserait : La BD est un extrait de l'album "Cours Chauds" de Raf Konig) humoriste allemand que j'adore, et sur qui je ferai sûrement une note un de ces jours... Bien sûr faut cliquer dessus pour agrandir)
La discrétion d’ailleurs, à l’époque des appareils argentiques, débouchait souvent sur de grosses déceptions une fois que l’on récupérait les photos développées… Soit trop loin, soit trop près, soit à côté de la plaque, soit trop flou.
Une seule fois, on avait réussi un cliché dont j’étais très fier. C’était un mec qui distribuait du courrier sur une jetée dans le Morbihan alors que nous attendions le bateau qui devait nous emmener à l’Ile aux Moines. C’était probablement la chasteté obligée inspirée par ce nom qui nous avait effrayés. Il fallait emporter au moins un petit souvenir ‘sexe’ avant de rejoindre la congrégation… J’ai fait CLIC, à toute vitesse, alors qu’il ressortait du bar où nous prenions un café en terrasse (« la Calanque ».. ? « la Calamité » ? « La Calas » ? J’ai oublié). Mais bon, elle était réussie ma photo, qu’en pensez-vous ? Il était mimi, non, le facteur ce jour-là… ?

Pour retrouver ce postier choupinou, afin de pouvoir le numériser et l'immortaliser ici pour vous, chers lecteurs, j'ai dû farfouiller dans une de nos deux caisses de tirages Kodak, remplies de clichés préhistoriques datant d'avant l’ère bénie du numérique (ça prend quand même moins de place, OUFFF...). Et, au détour d'une pochette, je suis tombé sur cette photo de moi qui m’a attendri tout plein.
Bon, c’est un pur hasard, d’abord, on déconnecte TOTALEMENT du sujet précédent. Je sais que je ne ferai jamais la couverture de Têtu avec ça. Je ne ferai jamais la une de Têtu avec quoi que ce soit d’ailleurs ! Mais ça n’a jamais été mon ambition dans la vie, d'être immortalisé sur leur couverture, heureusement…

Quelques remarques en passant :
-Bien sûr les deux petites ne sont pas mes filles, ni même mes nièces de par le sang, ceci dit je suis fier de pouvoir les considérer comme telles.
-Elles ont bien grandi depuis, je les vois toujours, avec même plus de plaisir que lorsqu’elles étaient bébés. Ados, elles sont encore plus intéressantes.
-Le premier commentateur qui saute sur l’occasion pour me dire que si elles ont bien grandi, moi j’ai bien vieilli prend ma main dans la gueule… (Pan’, gaffe à tes joues… !)
-Le premier qui me dit que ma barbe était affreuse (Pan' tu te TAIS...) et ne m’allait pas du tout perdra son temps : je l’ai gardée un été et puis j’ai ‘tout’ rasé (…). Têtu ne voulait pas de Barbus, pas de Pères de Famille, et, au final, pas de Lancelot. Même glabre, ils m’ont claqué la porte au nez. M’en fous. Que des tapioles parisiennes. Maintenant je fais les couvertures du Chasseur Français. Ca rapporte davantage.

17:25 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : photos, bomecs, têtu, souvenirs
14.05.2008
Bienvenue chez les P'sys
Je suis quelqu’un de bavard, volubile, expansif, excessif. On me l’a souvent dit, voire reproché. Dans une conversation qui m’intéresse, je ne sais pas bien me taire, j’interviens, donne mon avis, je parle, je fais du bruit.
Quand je suis seul, il m’arrive très souvent de chanter à tue-tête, même si je sais me taire aussi, et apprécier le calme, face à moi-même.
Mais, devant les autres, j’ai du mal à garder la bouche fermée. Surtout dans une conversation, dans une relation « à deux ». Des tas de gens savent apprécier le silence lorsqu’ils se retrouvent à deux en tête à tête. Moi pas. TiNours en fait les frais, mais comme il aime parler lui aussi, il n’en souffre pas, pas trop, je pense. De plus, au fil de nos années de vie commune, nous avons appris à gérer dialogues et pauses de façon harmonieuse.
En revanche, devant quelqu’un que je ne connais pas, ou peu, ma peur du silence peut confiner au malaise. Je me souviens notamment de Domi, un copain du Puy en Velay, avec qui j’avais passé une fois une matinée seul. Lui n’était pas expansif par nature. Pas du tout du genre « ours », il était toujours courtois, mais ne ressentait pas le besoin frénétique d’alimenter sans cesse un dialogue. (c’est vrai, au fond, pourquoi, lorsqu’on y songe ?). Mais moi, si. Au bout d’une heure où j’avais épuisé tous les sujets de conversation, je me souviens m’être senti mal et angoissé face à Domi. Qu’est-ce qu’on est censé DIRE dans un cas pareil ? Me taire plus d’une minute, je ne savais pas. Et bien sûr, cela s’est reproduit, de nombreuses autres fois, avec beaucoup d'autres personnes. Maintenant, comme je connais bien ce sentiment, lorsque le cas se présente, je gère les pauses en jouant avec : « Allez, tu vas profiter de l’occasion pour te taire et ne pas laisser ‘l’angoisse du silence’ monter en toi. Entraîne-toi. »
C’est terriblement difficile.
Cette phobie du silence et du non-dit, peut se manifester lors d’un huis-clos, mais aussi et de façon plus grave, si je suis seul avec une interrogation ancrée en moi. Lorsque je l’évoque, cette vieille peur, surgit en moi l’image de la pâte à pain qui lève dans un fournil. Des paroles, des évènements, des flashbacks, des souvenirs qui se mettent à proliférer dans la serre chaude que constitue mon cerveau. Il faut les gérer. Par la parole, ou autrement.
Evidemment, dans la vie de tous les jours, quand tout se passe sans heurt ou sans anicroche particulière, dans les contours arrondis et bien huilés du quotidien, la pâte à pain ne se met pas à gonfler. Pas d’incertitude, pas de souci, pas d’interrogation particulière, pas de question cruciale laissée en suspens.
Mais, qu’un examen se prépare, qu’une échéance s’annonce, qu’un ennui reste suspendu en l’air sans solution immédiate, comme une épée de Damoclès, alors, le levain de l’angoisse fait son travail, le mécanisme se met en marche. Je rumine. Je fais sans cesse passer cela en boucle dans mon alambic personnel, en mon for intérieur. Bien sûr (et heureusement) il y a pratiquement toujours une issue, que je trouve moi-même ou qui s'impose d'elle-même. Cette conclusion peut être désagréable d’ailleurs, mais au moins peut-on refermer un dossier, avoir une réponse à la question. Ne plus attendre. Ne plus ruminer. Ne plus osciller. Plus d’incertitude.
Le cas de figure le plus terrible, pour moi, c’est ne pas avoir de nouvelles de quelqu’un que j’attends, que j’espère. J’ai longuement évoqué cela déjà dans mes « pages oubliées » que j’ai publiées tout récemment. L’incertitude dans laquelle me laissait Franck m’avait miné parce qu’elle avait duré des mois et des mois. J’ai failli y laisser ma santé. Je devenais moi-même la pâte à peur que je pétrissais sans arrêt. Certains morceaux gonflaient, levaient. Il fallait que je les travaille de toute ma force pour qu’ils n’envahissent pas tout, ne dégénèrent pas en folie. C’était un travail épuisant. Je n’avais pas été étonné de maigrir énormément à cette époque. La respiration qui s’accélère à l’évocation d’une image, le cœur qui bat plus vite en entendant un mot, une phrase particulières, les mains moites lorsque le téléphone sonne et que l’on décroche le combiné. Tout mon être n’était devenu qu’attente, et mon âme ce bloc de pâte qui montait, qui enflait, comme une maladie obscène. S’endormir tard, se réveiller tôt, avec, entre les deux, un court, mais bienfaisant répit de quatre, cinq heures quelquefois, où mon pauvre corps épuisé exigeait de déconnecter du cerveau pour pouvoir récupérer.
J’ai heureusement, depuis, appris à mieux gérer ce style d’angoisse. Et puis, ma vie, et moi-même, avons remis de l’ordre dans les paramètres susceptibles de déclencher les 'crises'.
Mais quelquefois je retrouve ce vieux sentiment ennemi. Cette entité incarnée dans le triptyque "Attente + Incertitude + Peur". Quand on ne sait rien, et qu’on ne peut savoir. Quand la seule solution réside dans le fait de devoir s’armer de patience, alors que c’est bien là ce qui est le plus dur, ce qui fait le plus mal. Couper le son, intérieurement, n’est pas possible non plus. La télé reste obstinément allumée. Images, sons, souvenirs, lettres lues, paroles entendues, fusent dans tous les sens, avec moi au milieu pour tenter de retrouver un ordre, une cohérence, un sens. Le mode ‘OFF’ n’existe pas. Je n’ai pas d’autre choix que de pétrir la pâte, avec frénésie. Un peu comme un écureuil qui court dans une cage circulaire dans un mouvement sans fin, jusqu’à en tomber d’épuisement.
Les mots, la parole, l’oralité, procurent un apaisement momentané. Un peu comme une saignée qui permet pour un instant d’évacuer le trop plein d’émotions, de douleurs, de frustrations accumulées. Mais cela nécessite un interlocuteur. Qui soit présent, patient, au courant et bienveillant. Beaucoup de ‘HAN' ! Trop même, pour que cela soit possible en général.
Reste l’écriture. En lieu et place de Monsieur Han, confident absent, la catharsis peut se pratiquer avec du papier, un stylo, ou un clavier et puis des mots, toujours les mots. Les mots pour conjurer les maux. Après avoir trop bafouillé, je me mets à gribouiller. Trop, aussi. Souvenez-vous, j'en parlais ici.
Dans tous les cas de figure, à la purge en aval je préfère toujours la clarté en amont. Je hais les silences. J'exècre les non-dits. J’abhorre les sous-entendus. Je déteste les extrapolations auxquelles me condamne ma part de masochisme. Je n’ai pas encore appris à savoir me déconnecter, me fermer, demeurer imperméable à ce qui m’angoisse. Même si j’ai fait des progrès dans ce sport-là.
12:57 Publié dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : angoisse, silence, non-dits
12.05.2008
Comptine : Johnnie et l'Elephant

Deux visites ce week-end...
La première était prévue de longue date : Johnnie, yeux rieurs, sourire en bataille, volubile en diable, nous débarque samedi soir, à 21h et des poussières, en gare de Montpellier, depuis Barcelone où il participait à un colloque « oh, le temps là-bas était épouvantable … je me suis enfui avant le pot de 16h, pour venir vous rejoindre… vous ne m’avez pas attendu pour manger, j’espère ? » Nous, inquiets : « Ben si, tu n’as pas mangé de sandwich en route tout de même ? Tu n’avais pas mangé à midi ? » « Ben non, puisque j’ai raté le buffet de 16h « Mais 16h ce n’est pas midi ! » « Mais si, à l’heure espagnole ! » ah oui…. J’oubliais… les décalages méditerranéens…
J’étais tout de même très content qu’il accepte (de très bonne grâce ! ) d’engloutir notre « petit » souper. Le Tiramisu était très réussi, au fait. J’avais essayé une variante et j’avais pris des abricot à la place des pêches, ça donne de très bons résultats aussi.
Dimanche matin, marché aux fleurs. TiNours aime décorer
notre terrasse et remplir des bacs, des pots, de brassées entières, de pétunias, géraniums, oeillets d’Inde, et autres pensées. Il est si adorable quand il jardine, avec son air concentré et ses mains noires de terre, je vous dis pas… En revenant on est passés par chez Lala et Nanard, que j’aime de plus en plus. Il est des gens qui portent en eux soleil, gentillesse, générosité, joie de vivre tout à la fois. Eux font partie de ces élus. Elle volubile, déconneuse, magnétique. Lui discret, ironique, protecteur. Leur fils, leur fille, que je vois grandir et embellir à vue d’œil. C’est fascinant chez les ados entre 15 et 19 ans cette impression de papillon qui sort peu à peu de sa chrysalide. Et comme nous voyons Martin et Laura environ une fois tous les deux mois, on est surpris à chaque fois : ‘Ses cheveux plus longs, qu’ils sont beaux’ ‘Il n’a plus d’acné, il a encore grandi’. Nous avons devant nous non plus les deux enfants que nous connaissions encore il y a six mois, mais un homme, une femme sur le seuil de leur vie d’adulte. C’est incroyable.
L’après midi, visite à Aigues Mortes dont Johnnie nous a dit que le plan lui rappelait celui de Rochefort. En plus petit bien évidemment.
J’avais aimé la majesté, la solennité de cette ville pendant notre été charentais il y a quelques années. Evocation de souvenirs, sourires.
Ensuite visite éclair à la Grande Motte que John n’avait jamais vue. On peut certes vivre sans. Mais cette station est injustement décriée, à mon avis. On peut aimer ou pas le modernisme de son architecture, mais l’ensemble reste cohérent, et reste vivant.
Une multitude d’arbres variés égaient les avenues. Dans la famille des villes « friquées » j’ai déjà connu bien pire (Deauville, pour ne pas la citer…)
On a terminé la journée sur un chouette restaurant montpelliérain ‘Le Dilemme’ planqué dans une rue qui ne payait pas de mine, derrière la gare. On avait bien fait de réserver, tout était plein. L’inconvénient de devoir se serrer à trois sur une table prévue pour deux s’est transformé en plaisir d’une soirée intime sous la lumière de ‘notre’ lampe, agrémentée de plats fins, servis avec efficacité et discrétion.
Bonheur d’avoir pu faire un bras d’honneur aux prévisions météo qui annonçaient de la pluie sur le Sud. Notre dimanche fut des plus doux et ensoleillés.
La deuxième visite était impromptue, elle. Elle n’en a pas été moins plaisante. Pendant le
repas de midi dimanche, le téléphone sonne. Flûte, occupés que nous sommes à réveiller de bons souvenirs avec Johnnie, et à le tuyauter sur mes blogpotes et leurs vies, je décide de laisser le répondeur faire son boulot. « Allo, bonjour, c’est F.» je reconnais cette voix ! Je bondis pour interrompre la bande magnétique dans sa course… Quand on parle du loup, on voit sa queue. Quand on parle de l’Elephant, on voit sa trompe !
Il s’offrait une escapade sudiste pour son week-end prolongé, mon Néléphanteau. Chouette. Après le ratage des
vacances de février, on se devait de se rattraper ! Cette fois, on était dispos en même temps, lui et nous. Goodie goodie… Rendez-vous a été pris pour ce midi chez nous. Après avoir raccompagné Johnnie ce matin à la gare (il pleuvait, ambiance de film à la Lelouch…) on a fait quelques courses, pris des clichés de nos bouilles de forçats au photomaton pour nos passeports (pour quelle destination, d’ailleurs… ? la suite au prochain numéro, chers lecteurs….) et sommes rentrés à la maison. TiNours jardine, Lancelot cuisine. Enfin, j’exagère. Je me suis contenté de faire l’entrée et le dessert, car le plat de résistance avait déjà été préparé par mon mari : lapin au cognac. Il le réussit à chaque fois. Dommage que j’aie été assez con pour trop faire cuire les pâtes qui allaient avec…
Le soleil a bien daigné se remontrer pour l’apparition de l’Elephant. Mon premier blogpote à la maison ! Chouette ! Ca s’arrose. Même pas qu’il en a voulu de notre champagne au frais, ce vilain. Il s’est contenté d’un coca et d’eau gazeuse tout au long du repas, pour cause d’embarras gastriques dûs à sa soirée de la veille. Les agapes, c’est pour les autres, et nous on doit toujours se taper les bouillons de légumes et le bicarbonate de soude du lendemain ! Hein ??? Enfin bon, il a été gentil tout de même et, même s’il a dit non à la boisson, il a fait un effort sur la nourriture, on lui pardonne.
Il s’est même tellement mis à refaire beau qu’on a mangé les fraises du dessert dehors, sur la terrasse, en discutant en vrac familles, blogs, amis, beaux-parents, collègues de travail, et surtout la fameuse théorie des coups de pied au cul qu’il a développée ici et sur laquelle je ne cesse de m’interroger. J’y reviendrai peut-être un jour dans une note ultérieure.
Après son départ vers 16h, TiNours a continué ses plantations, j’ai nettoyé la piscine. L’entrée est plus fleurie, l’eau plus bleue, plus propre. En deux jours sa température est passée de 16° à 20°.
Et, je réitère mon invitation lancée dans les commentaires du message précédent à « ces Dames » (« ces Messieurs » aussi d’ailleurs, -évidemment- mais eux se manifestent moins sur mon blog ces derniers temps…). L’Elephant a ouvert la piste : bienvenue à tous les blogpotes ! Valérie, Fiso, Bougrenette, attrapez vos maillots et venez profiter du beau temps ici ! Que des menteries, la météo pleurnicharde…
19:59 Publié dans BlogPotes, Loisirs | Lien permanent |

