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10/06/2008

La douleur que je connais

Il y a une expression qu’on emploie quelquefois lorsqu’on veut dire que tout le monde est au courant de quelque chose, c’est « connu comme le loup blanc »

Aujourd’hui le loup blanc vient me parler de la Douleur. Celle que tout le monde connaît, peut-être. Moi, en tout cas, elle m’est familière.

Douleur d’être soi, et pas un autre.

Douleur de ne jamais être là au bon moment.

Douleur de ne jamais être au bon endroit, douleur de l’éloignement.

Douleur de la voix au téléphone, si proche et pourtant inaccessible.

Douleur des rendez-vous manqués, des matins avortés.

Douleur des reproches acides qu’on ne peut réprimer.

Douleur de devoir se taire quand on voudrait parler.

Douleur des dialogues écrits dont on devient esclave.

Douleur de l’angoisse lorsqu’on attend une réponse qui se forme et qui se fait attendre, dont on sait que plus elle sera longue, plus mauvais ce sera, et douleur du bloc de glace qui se forme lentement dans la poitrine tandis qu’on attend.

Douleur de n’être pas littérature.

Douleur de n’être pas peinture.

Douleur de n’être pas musique….

Douleur de n’être qu’un bon gros prof avec son cœur en bandoulière.

Douleur de ce cœur qui veut croire et qui se casse la gueule.

Douleur d’aimer mal et d’aimer quand même.

Douleur d’être nanti quand les autres n’ont rien.

Douleur de peser moins lourd parce que les autres sont légers.

Douleur de mettre mal à l’aise.

Douleur de mettre la pression alors qu’on ne voudrait qu’être expression.

Douleur d’être acculé à réclamer alors qu’on ne voudrait que donner.

Douleur de persister à donner ce qui n’a jamais été réclamé.

Douleur de se voir coincé dans un rôle dont on voudrait sortir.

Douleur de devenir le grand malade à qui on parle doucement.

Douleur de lire une vie dont on est forcément exclu.

Devoir accepter de ne pas être trop gros.

Trop exigeant.

Trop envahissant.

Douleur des sonneries et des boîtes vocales.

Douleur du match de foot qui a été « le pied »

Douleur de se dire que pour soi, le bilan est bien zéro à zéro.

Soi face à soi

Et qu’il faudra l’admettre. L’intégrer.

Le loup blanc me regarde.

Il a dressé les oreilles, il voulait bien se faire caresser.

Et maintenant, il sait qu’il n’a plus qu’à retourner dans sa tanière, se rouler en boule et lécher ses plaies.

Commentaires

aîeuuuh !

Écrit par : canicule | 10/06/2008

Nous mais regardez-le nous faire son plan "la mort du loup" version Lanlan.
Bois un bon coup de rhum et appelle moi quand tu es comme ça. Tu sais que je n'aime pas quand tu te mets dans ces états.

Écrit par : panama | 11/06/2008

@ Canicule : T'es restée trop longtemps au soleil sans chapeau ? T'as la peau qui brûle...?

@ Pan : Question Mort du Loup, je t'ai répondu dans la note qui suit.
T'appeler...? Ben ma foi c'est ce que j'ai fait cet après-midi, pour me faire rembarrer (gentiment certes, mais rembarrer quand même) parce que tu avais d'autres JM à fouetter. Je le comprends très bien, ceci dit, mais tu vois bien que tu n'es pas toujours dispo non plus.
Ne t'en fais pas pour moi : aujourd'hui je vais bien et je t'aime, comme toujours.

Écrit par : lancelot | 11/06/2008

Les commentaires sont fermés.