30.06.2008
And the Winner is.....
Hier soir il s’est passé un évènement très très très important dans ma vie… !
Le style de chose qui ne peut se comparer qu’au premier baiser, au premier chèque signé, à la première fois où l’on conduit une voiture, au premier décollage en avion, au premier pas de l’homme sur la Lune (non enfin là j’exagère un petit peu) , au tout premier tout, quoi !!!
Depuis quelques semaines, en me connectant, je surveillais le compteur des commentaires, chose très inhabituelle chez moi qui me moque éperdument des statistiques… 992… 993… 994, on approche…. Puis quelques jours de vide... Puis 995… 996…
Bon, vous m’avez vu venir, il s’agissait du 1000°, je dis bien le MILLIEME commentaire sur ce blog. Chiffre magique… Mille colombes…. Mille et une nuits…. Millénaire, Millefeuille, Millepertuis !
Comme je me devais aussi de répondre aux derniers commentateurs sur les notes « Christine », « Pédés, Foot, et échographies » et « Mugabe et Bestialité », j’ai avancé pas à pas, très prudemment. Je ne pouvais pas être moi-même le millième commentateur, ce n’était pas du jeu !
J’ai donc répondu hier soir à Bougrenette, puis à Valérie, Joss, et Farfalino en « tir groupé ». 999 commentaires ! Je jubilais comme si j’avais tendu un piège… Qui allait venir ensuite…. ?
Et sur le coup de minuit, je suis repassé par ici. Page de garde : ça y est ! le 1000° commentaire était tombé !! Qui était-ce, qui était-ce parmi mes blogpotes habituels ???? Fiso ??? Anydris ??? Panama ??? Je me suis précipité avidement…
And the Winner is…. OLIVIER AUTISSIER !
Vous savez quoi ? Je suis super-content, c’était une bonne surprise à plusieurs égards. Olivier est un blogueur que j’aime beaucoup pour avoir souvent lu ses commentaires chez des amis à moi, dans tous les blogs de ceux que j’aime bien…. On a donc des goûts en commun. J’étais aussi déjà allé chez lui, simplement pour le plaisir de lire. Je ne lui avais laissé un tout petit commentaire que très récemment et discrètement. Je ne sais pas si lui était déjà venu « chez moi » avant. En tout cas, il n’avait jamais commenté ici. Pour une première, ce fut réussi. Ca fait plaisir, mais plaisir ! Comme si le « gagnant » du jeu était un total « outsider » comme ils disent en matière de sport.
Qu’est-ce qu’il a gagné, Olivier Autissier ? Ben rien, sinon l’assurance de mon estime et de ma sympathie. L’espoir que sa visite sera suivie de beaucoup d’autres, et que cela marquera le début d’une amitié « bloguesque » entre nous, comme j’en entretiens déjà tant d’autres. Assieds-toi, Olivier, je t’offre une coupe de champagne virtuelle ! Tu parlais de pétrole dans ton commentaire sur le Zimbabwe, tu en as trouvé ici au premier coup de pioche ! Ca ne fera pas de toi un millionnaire, certes, mais moi ça m’a fait sourire, tout grand.
Sans en faire non plus toute une histoire, le cap de ce millième commentaire dépassé coïncide par hasard avec d’autres projets que j’ai en tête à propos de ce blog, et qui vont se concrétiser dans les jours à venir. Je vous tiens au courant.
20:16 Publié dans BlogPotes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : commentaires
29.06.2008
Pédés, foot et échographies...
S’il y a bien un truc qui est saoulant, pour un homo vivant dans un monde majoritairement hétéro (et particulièrement au travail) ce sont les discussions sur le déroulement des grossesses, les accouchements, les bébés qui dorment mal la nuit, et ce qu’il faut leur donner à manger ou pas, ou s’il faut les allaiter ou pas, ou l’opportunité de les mettre en crèche ou chez une nounou, enfin tout ça quoi…
Le seul sujet de conversation que je trouve ENCORE PIRE et que je fuis comme la peste, c’est les pronostics et les commentaires sur les matches de foot…. Mundial, Euro, les qualifications, les sélections, des équipes, des joueurs, patin couffin… j’y comprends rien et ça me gave la glotte, ça me fait suprêmement chier, je me demande comment on peut se passionner pour des trucs pareils. Je connais certains pédés qui adorent le foot. Je sais pas comment ils font. Pour moi c’est le summum de la Beauferie et du Soporifique… Bref…
Dans le monde des hétéros, coincé entre le salon, où les pères de famille boivent de la bière sur leur divan en hurlant « OUééééé !!! » à chaque but marqué par l’équipe aimée, et la salle à manger où les mères, touillant rêveusement leur café, décrivent la consistance du caca de Chloé 6 mois, et la liste des aliments qui font vomir Enzo 5 ans, le pauvre pédé invité n’a plus qu’à se replier dans la chambre du fils aîné, ado bougon (mais Choupinou quand même...) de 15 ans, qui fait la gueule parce qu’il n’aime pas non plus le Foot (tiens, c’est bon signe, ça…), et essayer de jouer les grands frères et lui soutirer quelques confidences, tout en louchant sur le foutoir de son bureau en espérant y apercevoir le dernier numéro de Têtu, planqué sous des cours de physique….
Avant-hier soir, TiNours était invité à un pot de départ chez une collègue de travail. Je n’y étais pas, mais il m’a raconté sa soirée au retour. Une vingtaine de gens, tous très sympas pour la plupart. Bonne bouffe, bonne ambiance, jusqu’au moment fatidique où une femme enceinte a dévoilé son état aux autres. Blabla ça se voit pas, blablabla tu nous l’avais caché, blablablabla c’est pour quand, etc. Il écoutait ça d’une oreille (très) distraite, tout en discutant avec son voisin de table, le (paraît-il) très charmant et sexy frère de la collègue en question (35 ans, militaire célibataire, humm j’ai raté ça) quand tout à coup il fut vite ramené aux choses IMPORTANTES. Il a vu une pochette atterrir sur son assiette : kézako ? Il ouvre… eh ben c’était l’échographie, msieurs dames ! Ca circulait de convive en convive… Il l’a tendue du bout des doigts à son voisin, qui l’a immédiatement repassée à côté, sans l’ouvrir.
Cette histoire est très courante. Je me souviens d’une prof de gym, au lycée où je bossais avant, qui avait fait circuler son échographie à elle à la cantine, parmi les profs attablés, histoire de leur ouvrir l’appétit.
L’échographie…. Je vous demande un peu... Et les nanas font ça sérieusement et sans plaisanter. Il y en a aussi qui après avoir filmé leur accouchement, en font des projections aux invités ! Si si ! TiNours l’a aussi vécu, une autre fois ! C’est pas sorti d’un roman de Stephen King. La vérité vraie, je vous dis.
Entendons-nous bien : j’adore les enfants, j’aime jouer avec eux dans les réunions entre amis, et je comprends très bien qu’on montre des photos d’un mignon boudchou qui vient de naître, ou des clichés de vacances. Je ne veux surtout pas non plus dire qu’une échographie, c’est dégoûtant. Surtout pas. C’est la vie, et je comprends très bien l’émotion véritable que doivent ressentir deux parents en voyant pour la première fois celle de leur enfant à naître… mais de là à aller exhiber ça à des invités, je trouve ça nul. Ne parlons pas du film d’un accouchement ! Est-ce qu’il vous viendrait, à vous, l’idée de brandir pour des amis en visite des radiographies mammaires ou prostatiques ? Ou bien le film de vos ébats de la nuit où vous avez décidé d’essayer le tourniquet chinois, ou la brouette irlandaise ? Moi non. Il n’y a pas de réelle différence. Un enfant sur le point de naître, c’est beau, c’est émouvant, c’est vrai. Mais c’est intime. Si j’en avais fait un, je n’aurais certainement pas fait circuler ses photos « in utero » dans un cercle d’amis, entre les apéricubes, les cacahuètes et le porto.
Enfin, bon… Comme me l’a fort justement dit un copain un jour : « Tu ne sais pas ce que c’est… écrase… » Un argument imparable, en effet.
Bon il est où, Kevin ? Dans sa chambre, en train de dialoguer sur MSN avec ses copains du lycée ? J’y vais ! Il m’avait proposé de me montrer les photos de ses potes du club d’athlétisme… Non, non ne vous dérangez pas, je connais le chemin… Appelez-nous quand vous servirez le dessert…
08:59 Publié dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : échographie, foot
28.06.2008
Mugabe et Bestialité
« Qu’ils continuent à manifester leur opposition » a-t-il déclaré récemment en parlant des pays occidentaux s’indignant de cette élection-mascarade qui a eu lieu hier au Zimbabwe. « Ils ne nous empêcheront pas de continuer à exister »
C’est vrai, Monsieur Mugabe. Vous continuez à exister comme la preuve vivante du déni de démocratie. De la honte d’un pays malade de son gouvernement. Du symbole vivant de ce que tout pays civilisé doit éviter à tout prix. Du despotisme éternel. De la dictature et de la torture érigées en système pérenne.
Certains responsables du mouvement adverse (le MDC, mouvement pour le changement démocratique) ont été accusés de trahison pour atteinte aux intérêts de la nation. « Des pantins pathétiques » selon le dictateur. Tsangirai, candidat adverse, Tendai Biti, le secrétaire général, ont déjà été interpellés, arrêtés. Tasngirai a été relâché. Tout de même. Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin, et trop ouvertement.
Face aux critiques des pays occidentaux, Mugabe martèle que « plus jamais le Zimbabwe ne doit repasser sous la coupe de l’homme blanc ». Ben voyons, comme c’est commode. Après la dictature coloniale blanche, tout despotisme noir sera excusable, pourvu qu’il ait à sa tête le Président sortant, ça va de soi. Blanc contre noir, ça fait oublier démocratie contre totalitarisme. Ca simplifie le débat.
Quant aux malheureux qui oseraient s’abstenir au scrutin, on les en décourage. Les citadins sont libres de ne pas aller voter. Mais dans la brousse, tout le monde le saura. Si les ruraux restent chez eux, ils peuvent craindre pour leurs femmes et leurs enfants. Les manœuvres d’intimidation de la population ces jours-ci ont suivi les enlèvements, assassinats et mutilations des responsables politiques du MDC au cours des dernières semaines.
84 ans, et au pouvoir depuis 1980. Mugabe peut être fier de son bilan magistral : inflation à plus de 100000 %, taux de chômage à plus de 80%. Pas étonnant que la population effectue des exodes massifs et quotidiens vers l’Afrique du Sud pour aller y trouver de quoi subsister.
Accessoirement, les prises de position xénophobes et homophobes du « président » l’avaient aussi amené à déclarer en 2002 : « les homosexuels sont pires que les chiens et les porcs ».
Eh bien, Monsieur Mugabe, je préfère être un citoyen pire qu’un chien ou un porc, mais respectueux de la démocratie, plutôt qu’un despote hétérosexuel tortionnaire et sanguinaire. Mes pratiques sexuelles, toutes canines et porcines qu’elles puissent être, ne font couler le sang de personne.
12:46 Publié dans Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, mugabe
24.06.2008
Christine
L’été 1979. Réunion familiale dans le chalet de vacances. Des oncles, des tantes, mes parents. Et Christine. Et moi. Deux enfants déjà adultes. Des grands pas encore sortis de l’enfance. Deux cœurs aux aguets, entre deux mondes. Nous étions tout, tout , TOUT sauf deux « ados » avec tout ce que ce mot implique de conformisme, de révolte, d’opposition à l’autorité. Peut-être étions-nous révoltés, mais des révoltés silencieux. Nous avons commencé à nous aimer grâce à notre journal respectif. « L’écriture n’a de sens que si elle est partagée » m’a dit Dante il n’y a pas si longtemps. Nos écritures, avant d’apprendre à les partager, nous nous les sommes volées. Elle avait découvert mon cahier, moi le sien, et ce petit manège a duré une semaine avant qu’elle ne fasse le premier pas et ne m’écrive une lettre pour me dire qu’il serait tout de même plus commode d’admettre le partage et de faire ça ouvertement. J’avais bien sûr accepté et nous avions glissé, de la complicité à la tendresse, de la tendresse à l’amour, et de l’amour à une passion fusionnelle…. Je me souviens de nos fous-rires, de nos émois mutuels sur le lit dans la chambre attenante à la cuisine de Malemort… Avec le reste de la famille à côté, je vous dis pas l’inconscience… Mais bon… on n’est pas sérieux quand on a 17 ans… Rimbaud l’a dit avant, et bien mieux que moi. Et en plus, moi j’en avais 15 !
Deux cousins. Ca ne nous a jamais tracassés au départ. C’est justement souvent au sein d’une même famille, dans cette proximité, cette cohabitation, ce ‘bouillon de culture’ que ce style de choses peut arriver plus fréquemment. Et, par la suite, j’en ai eu confirmation en discutant avec d’autres adultes qui avaient, peu ou prou, vécu les mêmes expériences.
On se ressemblait terriblement. On aimait les mêmes livres, les mêmes films, jusqu’à en discuter pendant des heures et des heures. On avait le même humour absurde, grinçant, puéril et décalé, qui agaçait tant notre entourage car il s’en trouvait exclu. Les mêmes chansons qu’on aimait chanter en duo, allongés dans l’herbe, sans même nous concerter, sachant exactement quand l’un de nous devait se taire ou enchaîner sur l’autre, ou fredonner le même couplet à deux voix. On n’avait pas besoin de parler. On savait, on chantait… Et, bien sûr, il faut excuser la sentimentale banalité de la chose, on fredonnait de l’amour de l’amour de l’amour.
All is fair in love
Love's a crazy game...
Two people vow to stay
In love as one they say
Qu'est-ce qu'on aimait chanter ce truc... A en vider les paroles de leur sens...
Christine est la première fille, et je pourrais même ajouter, la première personne, dans le regard de qui j’ai pu me sentir beau. Elle aimait mes cheveux, que je portais bien plus longs à l’époque. Elle aimait y passer la main. Elle ne voulait pas que je les raccourcisse. Pour l’adolescent complexé et renfermé que j’étais, c’était comme si une lucarne de soleil aveuglant s’ouvrait dans la cellule sombre où je végétais depuis des années. Elle était « tactile » comme on dit, elle aimait, et aimait montrer qu’elle aimait. Elle a dû pressentir notre amour avant même que je n’en prenne conscience moi-même. Nos mains aspiraient toujours à se rejoindre. Nos regards se souriaient, sans équivoque ni ambiguïté aucune. Je t’aime. Je t’aime aussi. Point.
Un soir, ses mains ont dépassé le simple seuil de la tendresse. Dans la pénombre de ma chambre, elle a écarté ma chemise et a doucement caressé mon torse, puis l’a embrassé. Et c’est là que mes bras à moi se sont refermés sur elle. Bonheur. Peur. Amour. Anxiété. Plaisir. Hésitation. Joie. Etonnements. Fierté. Apaisement.
Mes histoires d’amour ont toujours, toujours été compliquées par la distance. A l’exception des périodes de vacances, Christine et moi étions séparés par 800 km. Ca n’empêchait rien. On s’écrivait. Des pages et des pages. Notre quotidien, nos vies. Nos désirs, nos angoisses. Nos difficultés, nos déprimes. Nos fous-rires, nos sanglots. Un fil permanent qu’on maintenait avec ténacité et courage, en pensant à l’été qui nous ramènerait l’un près de l’autre.
But all is changed with time
The future none can see
The road you leave behind
Ahead lies mystery
Bien sûr, ça ne pouvait pas durer. Nos parents respectifs ont mis leur nez au milieu, en se disant que ça commençait à bien faire, cette histoire-là, et que ça prenait des proportions… un peu excessives. Evidemment, ils ont eu vent du pot aux roses avec un an de décalage par rapport au début véritable de notre histoire. Mais ça ne changeait rien. Ils ont réussi à nous séparer momentanément, à faire exploser la bulle. A introduire entre nous de l’incertitude, du doute, qui a pu proliférer. On a lâché prise pendant quelques mois. Ca a suffi. Lorsque j’ai reçu la lettre suivante, j’ai senti la fêlure. C’était un appel de sa part, bien sûr. J’aurais pu la colmater, immédiatement. Est-ce que j’aurais réussi ? Je n’en sais rien. J’ai choisi d’être froid, cassant. Elle a intégré le message. Plus tard, j’ai réécrit, pour tendre à nouveau un pont entre nous. Elle a essayé de répondre, mais ça n’a pas marché. Les poisons du temps et de la distance avaient fait leur œuvre.
But all is fair in love
I should have never left your side
A writer takes his pen
To write the words again
All in love is fair
Je sais aujourd’hui qu’elle vit avec un mec, Jo, et qu’ils s’aiment tendrement. Je suis heureux pour elle. Christine méritait ce qu’il y a de mieux en matière d’amour. Son cœur est plein de tendresse et de romantisme. Elle est femme, elle est douce. Je sais, pour l’avoir moi-même vécu, à quel point elle est capable de rendre un mec heureux.
Alors bien sûr, la question c’est : où notre relation pouvait-elle bien aboutir, puisque je suis homo, et que je le savais déjà, même sous forme de certitude enfouie en moi à l’âge de 15 ans ? Que, même si à l’époque je n’avais encore jamais couché avec un homme, mon désir de mecs s’imposait à moi avec une évidence effrayante ?
All of fate's a chance
It's either good or bad
I tossed my coin to say
In love with me you'd stay
Nulle part, probablement. Même si nos parents n’étaient pas intervenus pour nous séparer, elle et moi en serions certainement au même point aujourd’hui. En couple, mais séparés. Avec un mec, tous les deux…. (pas le même, j’imagine…).
Aujourd’hui, j’aime avoir les cheveux coupés très, très courts….
A des années, à des décennies de distance, j’ai tout de même conservé en moi une cicatrice que le temps n’effacera jamais. J’aurais voulu qu’on se parle, j’aurais voulu qu’on décide nous-mêmes de la fin de notre histoire, sans que personne d’autre n’intervienne pour tout saccager, tout détruire, en ne laissant derrière qu’un champ de ruines et de cendres où il était impossible de reconstruire quoi que ce soit. Et outre la cicatrice, j’ai aussi gardé en moi une certitude que j’ai érigée en règle : on n’empêche pas les gens de s’aimer. Aucune personne venue de l’extérieur, aucun être humain digne de ce nom n’a le droit de chercher à séparer deux êtres qui s’aiment, pour n’importe quelle raison, bonne ou mauvaise. Personne.
J’ai revu Christine, trop brièvement, il y a 5 ans, à l’occasion d’un enterrement dans la famille. Un signe ? Mais il faisait beau, si beau… Malgré tout, il y avait sans cesse et toujours, autour de nous, des trublions. J’ai profité de quelques minutes volées pour lui demander si elle était heureuse, et elle m’a assuré que si sa vie professionnelle était un ratage total, oui sa vie sentimentale était bonne et sereine. Au moment de se quitter, de s’embrasser pour se dire au revoir, je l’ai serrée fort dans mes bras. Je suis sûr qu’elle a compris ce que je voulais lui dire. Que je lui demandais pardon si je lui avais fait du mal un jour. Que je ne l’oubliais pas. Qu’elle avait été hyper importante dans ma vie et que, bien sûr, je l’aimais. Pour toujours.
Comment faire autrement...
But all in war is so cold
You either win or lose
When all is put away
The losing side I'll play
But all is fair in love
I should have never left your side
A writer takes his pen
To write the words again
All in love is fair
A writer takes his pen
To write the words again
That all in love is fair...
18:48 Publié dans Machine à remonter le temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : souvenirs
23.06.2008
Summertime... and the livin' is easy
Croyant que tout le monde avait participé à la fête de la musique hier soir, j’étais presque effrayé de mon audace de ce matin : appeler au téléphone des gens un dimanche à 9h30, c’est pas civilisé…
MAIS… Je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’on n’avait pas revu mon Gilou et ma Dali depuis plus de six mois, et que je voulais avoir de leurs nouvelles. Et puis, cette idée lancinante au réveil : si on organisait, impromptu, un barbecue entre potes ? On n’avait rien prévu mais on avait suffisamment de nourriture pour assurer.
Malgré son état comateux, Gilou a dit « oui » (c’est dur, de répondre au téléphone à travers un oreiller). Vers les 11 heures, on était en train de nettoyer la piscine, sous un soleil de plomb, voilà-t-y pas que c’est ma Mimi qui appelle pour savoir si on voulait les retrouver, elle et Noël, au marché de Gommino ! "Non, Mimi, on a déjà fait notre marché, mais écoutez il me vient une idée merveilleuse… pourquoi ne sautez vous pas dans un maillot scéance tenante, vous et votre mari, et n’accourez vous pas ici pour profiter du BBQ organisé par les TiNours-Lancelot ??? Hein ???" Elle s’est fait un peu tirer l’oreille mais Noël (qui nous adore, et on le lui rend bien) a appuyé de tout son poids en notre faveur. Bingo ! C’était oui pour eux aussi. Mimi m’a promis qu’elle achèterait des grillades au marché pour compléter celles que nous avions déjà. Enfin, il a été décidé avec mon zom qu'au dessert, Lala et son fils nous rejoindraient pour un plongeon collectif.
(Pour finir, personne n’était allé à la Fête de la Musique, et tout le monde s’en fichait… LOL)
Journée magnifique !
Alors je n’ai pas les talents de Bougrenette pour faire de beaux photos-montages (il faudra que tu m’apprennes, hein ?? Promis ???) mais je vous livre tout de même quelques photos pour vous faire partager notre plaisir d’aujourd’hui. Soleil + amis + piscine + fous-rires + bonne bouffe = réussite sur toute la ligne, et j’en suis d’autant plus fier qu’elle est partie d’une improvisation personnelle !
Le photographe c’était moi, j’explique patiemment à mon Gilou extatique devant mes qualités de prof….
J’ai tout de même été bien secondé aussi par ma Mimi :
Au menu, des merveilles de charcutailles espagnoles au gril, ramenées de Gommino par Noel et Mimi, et grillées juste à point sur la braise toujours parfaite de mon TiNours. J’ai hélas oublié les noms, mais je vous promets que c’était gouleyant !
Servies par le beau Gilou torse nu, ça ne se refuse pas, je sais je sais….
On a bien sûr arrosé tout cela d’un bon rosé de Provence
…. Qui a donné ensuite des envies de siestes à beaucoup de monde….
Mais le dessert et l’arrivée de Lala et de son fils ont réveillé l’enthousiasme des foules...
Même si lui n’avait pas trop envie de réviser son bac français, malgré les (quelques) fiches qu’il avait apportées pour se donner un alibi…
L’enthousiasme aidant, il a été temps de nous déshabiller…
Pour un bon bain…. (n’allez rien imaginer d’autre…)
Ce dos constellé de gouttelettes, summum de l’érotisme, devinez à qui il appartient…
Mimi a vérifié après coup avec tact et doigté les coups de soleil de TiNours…
Mais les coups de soleil, on s’en fiche !
Une excellente journée, en définitive…. Derniers invités partis vers les 20h, on est prêts TiNours et moi à réattaquer une « dure » semaine (en ce qui me concerne, en ce moment, elles sont plutôt light mes « dures » semaines, car on m’a oublié pour le bac, mais chuuut… faut pas le dire…)
00:07 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : vacances, barbecue, amis
20.06.2008
Cuisses au gril
Et voilà le résultat de mes délires d’hier…
Apparemment écrire en anglais ne remplace pas la crème solaire !
Quand je disais que mes coups de soleil me tenaient chaud, là je dois avouer que le thermostat a fait une crise de zèle.
Qui a envie d’un bon gigot rougi à la broche ?
Bah, c’est pas grave, c’est signe que l’été rentre…
(Il était temps… espérons qu’il ne ressorte pas trop vite…)
10:31 Publié dans Vacances | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : coup de soleil
19.06.2008
A taste of Heaven
Been to the beach this afternoon. Alone. My Teddy was at work. After two days of oral examinations, lucky me, I was not on duty today. The weather was perfect. I felt I had to go. It was time to get away. Away from blogs and messages. Away from domestic tasks. Away from home, from the pool. Even from myself. Everything.
L’Espiguette used to be a nude male beach. Some fucking around in the bushes, they say. We’ve never seen anything like that, neither Teddy nor I, each time we were there. Pity ? Never mind. My mind was not (particularly) focused on sex.
One of the first good news was the car park which one usually has to pay for was free. No one to ask me for a fee. Quite unusual in June. They must have delayed pay time because of the foul weather over the past few days. Goodie goodie.
You can walk along that beach for what seems like hours. It never ends. I parked the car at 1 o’clock. I took a short cut through the woods. The ground was covered in pine needle debris, every footstep was a crackling aromatic delight. I decided on a spot where to stop at 1:30. Not that I really had to fight to find somewhere to settle : the beach was empty but for a few lonesome middle aged couples, and joggers with dogs.
MANY dogs. The kind I like. Huge ones. Alsatians. Labradors . Some serious-looking. Some frolicking. Evidently having fun.
I was astonished by the ridiculous blue of the sea. The rocks were slippery as I stumbled towards the beach which was the colour of custard. It seemed the most natural thing in the world to shrug my briefs off and embrace the sand.
I’d taken a small picnic : chicken and salad sandwich, an apple, and a can of Perrier. After eating I turned on my mp3 and went on reading the last volume of Harry Potter’s adventures. Childish, but delightful. I’m half-way in the story. Came up to that passage which reminded me of my relationship with you, Little Sister. Soft, sentimental, but, forgive me, I love wallowing into that these days. Mind if I share it here with you ?
In the extract, Harry is standing for the first time in front of his parents’ grave on a freezing Christmas night, with his friend Hermione.
“They were not living, thought Harry, they were gone. The empty words could not disguise the fact that his parents’ mouldering remains lay beneath snow and stone, indifferent, unknowing. And tears came before he could stop them, boiling hot then instantly freezing on his face, and what was the point in wiping them off, or pretending ? He let them fall, his lips pressed hard together, looking down at the thick snow hiding from his eyes the place where the last of Lily and James lay, bones now, surely, or dust, not knowing or caring that their living son stood so near, his heart still beating, alive because of their sacrifice and close to wishing, at this moment, that he was sleeping under the snow with them.
Hermione had taken his hand again and was gripping it tightly. He could not look at her, but returned the pressure, now taking deep, sharp gulps of the night air, trying to steady himself, trying to regain control. He should have brought something to give them, and he had not thought of it, and every plant in the graveyard was leafless and frozen. But Hermione raised her wand, moved it in a circle through the air and a wreath of Christmas roses blossomed before them. Harry caught it and laid it on his parents’ grave.
As soon as he stood up, he wanted to leave: he did not think he could stand another moment there. He put his arm around Hermione’s shoulders, and she put hers around his waist, and they turned in silence and walked away through the snow, back towards the dark church and the out of sight kissing gate.” (Harry Potter and the Deathly Hallows, p269)
I shed one or two tears but I swear I quickly washed them away. No more pathos, the Elephant would say.
I ran, then dived into the cool water and swam towards the horizon. I allowed myself to float and to drift for an hour or so. When I came back to the beach I did not use my towel. I let the water dry on my body.
I kept gazing at the sky as if somehow I could grasp the small white clouds lazily passing by. And the silent seagulls whirling around.
For days I’ve been thinking of myself as a helpless insect aimlessly going round in circles on parched ground. But then, I felt my body dwindling, melting, becoming nothing. My fears melted away and acceptance came in their place. Lay the burden down, lay it down. At least for a while.
For God, there’s no zero. I still exist.
When I decided to walk back to the car, kitesurfers had started unwrapping their ‘packages’ because of the rising wind and for a few minutes I was surrendered by giant kites taking flight as if to wave me goodbye. Exhilarating.
I have caught a few sunburns, but they're no big deal. They make my body feel warmer, inside and out.
On the motorway I allowed myself to do what I normally never do : turn the music full blast, and speed up, feeling the car was my Boat on the Sea.
Why did I feel the need to relate those hours here in English ? I just couldn’t say. Maybe I wanted to escape from myself as well. Maybe the swimming thing made me feel closer to my sweet Johnnie. Maybe Harry Potter connected me closer to Little Sister who sometimes likes blogging in English too.
But, blimey, English or not, that afternoon felt good. It did feel mighty good.

20:32 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
17.06.2008
Des larmes
Ce matin, oraux de BTS. Des étudiants qui viennent exposer ce qu’ils ont fait comme stages ou actions, en France ou à l’étranger, interrogés en français par des commerciaux, et en anglais, espagnol, ou autre, par des linguistes.
C’est une épreuve qui dure une heure. Cela peut être assez assommant pour les profs si les élèves sont ternes, mais qui dans tous les cas est assez éprouvante pour ces derniers, car ils doivent tenir 60 minutes en parlant dans trois langues différentes.
La deuxième candidate était une fille d’origine tahitienne, née à Papeete. Assez timide, elle avait un petit accent, et m’a parlé, dans un anglais un peu hésitant, de son stage en Irlande. Très moyenne, prestation sans éclat. Après l’anglais, j’ai un peu écouté la suite, lors des 20 minutes en français, mais lorsqu’on est passé à l’espagnol, j’ai déconnecté et pensé à autre chose. Sur la fin, le prof de commerce lui a demandé pourquoi elle était venue étudier en métropole, si son île lui manquait, etc…
Et là, il s’est passé quelque chose qui m’a stupéfait et m’a fait l’effet d’un coup de poing à l’estomac. Très vite, quand elle s’est mise à répondre à ces questions, elle a pleuré. D’abord, je ne m’en suis pas rendu compte, parce qu’elle continuait à sourire machinalement. J’ai cru que quelque chose la gênait, qu’elle essayait, d’une main ou de l’autre, de faire partir une poussière ou un cil qui la dérangeait. Ensuite, j’ai vu que ses pommettes étaient luisantes et j’ai aperçu une larme glisser sur sa tempe, jusqu’à ses cheveux. Elle pleurait trop, elle a laissé couler ses larmes, elle ne les a plus effacées. Elle s’est excusée doucement « Je suis trop sensible ». Elle nous a expliqué que pour elle le voyage à l'aller avait été dur, mais que comme elle rentre chez elle cet été, ce sera encore plus difficile parce qu’elle va laisser tous ses amis de métropole derrière elle. On lui a prodigué quelques paroles gentilles, et on l’a laissée sortir.
Je suis suffisamment rodé aux oraux pour savoir quand un candidat pleure pour faire du cinéma et chercher à attendrir, ou pas. Dans son cas, c’était impossible. Elle était si calme, si digne et sans sanglots qu’elle a éveillé en moi une espèce d’écho bizarre et dérangeant.
Pleurer. Laisser couler son chagrin. Ouvrir les portes, pour que la douleur sorte, un peu. Baisser sa garde, mettre quelques secondes son âme à nu. Une fenêtre par laquelle les autres pourront épier, avec curiosité, dégoût ou compassion.
Pleurer. Se « donner en spectacle » comme on dit.
Admettre devant les autres que oui, on a mal. Qu’on ne peut pas garder cet animal-là éternellement enfermé dans sa poitrine, sous son crâne. Qu’il faut lui ouvrir, sinon à l’intérieur il va faire un carnage. Admettre que le chagrin est trop fort, et accepter sa propre faiblesse, pendant au moins quelques minutes. Vidanger, évacuer le trop plein. Oublier que pendant, après, on sera laid avec les yeux gonflés, les joues rougies, les cils détrempés. S’en foutre pendant quelques minutes. Juste se laisser couler sur le ruisseau des larmes, parce que rester crispé, arc-bouté sur sa douleur, on ne peut plus.
C’est tellement affreux comme spectacle, les larmes, que beaucoup de gens se cachent pour les laisser sortir, ou bien, tout bonnement, refusent d’ouvrir les écluses. Jamais, au grand jamais. Le chagrin, la douleur, ce n’est pas une composante admise de la société occidentale. La colère, le dédain, l’orgueil, le mépris oui. Mais la douleur, ah non, pas question. Que ce soit en privé ou en public. A l'oral ou à l'écrit. Dans la vie ou sur un blog. Le chagrin ? Horreur abomination, cachez-moi ça tout de suite.
Dans le meilleur des cas, il suscite la compassion, sincère ou de circonstance. Il peut aussi engendrer la gêne rentrée, ou le mépris dissimulé.
Il peut y avoir pire : ces moments, que les autres devraient tout au moins respecter, sont précisément ceux que certains épient attentivement et saisissent au vol pour en faire une arme. Se moquer. Montrer du doigt. Prononcer, écrire des paroles sarcastiques.
Je suis un Mec. Que je sois pédé ou pas, que je pleure ou pas, je n'ai aucun doute là-dessus. Il m’arrive d’avoir du chagrin. Je l’assume. J’assume ma douleur, j’assume mes larmes. C’est peut-être contraire à une idée qu’on peut avoir d’une certaine forme de virilité. De force. D’assurance sereine.
Pour moi, la vraie virilité, c’est de ne pas piétiner ceux qui sont tombés. Et même leur tendre la main, et les aider à se relever. Prêter sa force, momentanément, en sachant qu’un jour les situations pourraient être inversées.
Merci à toi, merci à toi. J’oublierai jamais. Tes mains qui serrent fort les miennes et qui m’assurent qu’on se ressemble. Toi qui sais me faire rire et faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en moi, même aux pires moments. Je t’oublierai pas.
19:38 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
15.06.2008
Tagada tagada j'ai été tagué
Bon…. La dernière fois que ça m’était arrivé, et que j’avais participé à une de ces chaînes idiotes, je m’étais pris une baffe dans la gueule entraînant une suite de conneries en cascade qui, à moyen terme, s’étaient terminées par la fermeture d’un blog, c’est pour vous dire…. Si, si, je vous jure ! Vous n’imaginez pas tout ce qui peut se passer dans les coulisses des blogs… J’avais donc juré qu’on ne m’y reprendrait plus…
Mais, c’était il y a plusieurs mois. Depuis, il est passé de l’eau sous les ponts… Et hier j’ai été tagué par li piti Anydris… Et Anydris, comme chacun sait, on ne peut rien lui refuser. Trop gentil.
C’est une chaîne sur la bouffe et les aliments. Bingo Any. Tu pouvais pas mieux tomber. C’est vraiment (enfin, c’était…) dans mon actualité ces derniers temps… Surtout la question 1.
Alors, on commence par les « règles » à la noix de coco (c’est ce qui me gonfle le plus dans ces chaînes. En principe c’est fait pour s’amuser, et ces préalables rendent la chose chiante et contraignante…) :
-Mettre le lien du tagueur fou : Anydris, (l’homme aux sushis, et même qu’il en a même pas parlé dans sa liste à lui…)
-Mettre le règlement sur mon blog (je suis obligé de recopier tout ça parce qu’avec le fond noir du blog d’Any je peux pas faire de copié-collé, ça merdouille…. Screugneugneu…)
-Répondre aux six questions suivantes (sur la bouffe, après le pantagruélique restau d’hier soir avec les copains de Rouen… Je sens que je vais bien digérer, moi…)
-Taguer six personnes à la fin du billet en mettant leur lien…. (six c’est beaucoup…)
-Avertir directement sur leur blog les personnes taguées (et leur envoyer un télégramme, un double du questionnaire sur papier libre, sans oublier le timbre fiscal à acheter et préciser qu’il faut envoyer ça au ministère de l’agriculture en recommandé avec accusé de réception avant le 30 du mois courant, le cachet de la Poste faisant foi, aussi…. ? Non ??? pfffou que c’est cucul toutes ces règles…. Mais QUI invente ces chaînes ?? Les questionnaires en soi sont marrants, mais tout ce qui va avec…. BREF !)
Bon, on y va :
Tout de même, je vais me permettre une petite liberté personnelle. La question numéro 1, je la garde pour la fin. Pour la faim. Oui, elle est facile celle-là. Disons plutôt : pour la bonne bouche…
On va donc commencer par la question :
2) Mes trois aliments favoris :
Difficile à dire, ça. En règle générale, les aliments qui me satisfont le plus sont les fruits et légumes. J’aime beaucoup la viande rouge, une bonne côte de bœuf, de l’onglet, etc, j’adore. Mais, il y a des gens à qui il en faut tous les jours. Ce n’est absolument pas mon cas. Une fois par semaine me suffit largement.
Côté fruit, je suis un fan intégral de mangues, de raisins, de cerises. Les pommes pink lady, aussi, j’adore.
Côté légumes j’aime tout tout tout, avec une prédilection pour les tomates, courgettes, aubergines. Mais là je dévie un peu du sujet initial parce que j’aime ça accommodé en quiche ou en gratin. Des plats donc, pas des aliments.
J’adore aussi le poisson et les crustacés.
Bon allez. Pour faire simple et varié, en respectant la question de départ : mangue, tomate, bulot.
3) Ma recette favorite :
Ben, je dirai comme Any, y en a tellement. Là on remonte aux souvenirs d’enfance. J’hésite entre une croûte de viande cuisinée par MAMAMAN (une recette limousine : une sorte de tourte délicieuse avec à l’intérieur de la chair à saucisse -et il faut de la saucisse d’EXCELLENTE qualité !!!- sur un lit de pommes de terre, une merveille…) et une blanquette préparée par mon TiNours. Il la réussit comme personne.
4) Ma boisson de prédilection :
Si l’on entend par là, ce que je bois le plus souvent : sans conteste possible, l’eau gazeuse. (Au choix, Badoit ou Salvetat. Eventuellement San Pellegrino. Surtout pas Vichy, elle est trop salée, c’est dégueulasse, et le Perrier est un poil trop gazeux à mon goût.) L’eau gazeuse, il m’en faut tout le temps. En mangeant, hors des repas, le jour, la nuit.
Bon, à part ça, j’adore le bon vin. Les Bordeaux, les Bourgogne (aaah la Romanée Conti…) mais les vins de l’Hérault ont un excellent rapport qualité prix aussi…. J’en profite pour faire de la pub au Picpoul de Pinet ! Soyons chauvins !
J’aime beaucoup aussi les cocktails au rhum (clin d’œil à mon Pan’….) et le bon champagne.
En matière de boisson, les seuls trucs que je n’aime pas, ce sont les sodas sucrés et la bière.
5) Le plat que je rêve de réaliser et que je n’ai toujours pas fait :
Facile : le Kougloff. Ce gâteau alsacien très riche et délicieux au petit déjeuner, trempé dans un bol de café ou de thé. Là encore, c’est un souvenir d’enfance. Ma mère en a toujours fait des dizaines et des dizaines aux alentours des périodes de Noël, qu’elle distribuait généreusement aux amis et à la famille. Ca embaumait merveilleusement la maison. Mais c’est long, il faut avoir du temps (ça se fait sur une journée, avec des pauses entretemps pour faire lever la pâte deux fois) et ça nécessite du matériel : des moules spéciaux, idéalement une machine à pétrir, et la possibilité de faire lever la préparation dans des endroits très chauds (posés sur un radiateur en fonte, par exemple…). Je n’ai jamais osé me lancer là-dedans, malgré les supplications de tous mes potes sur la région qui ont goûté aux merveilles de ma mère et qui voudraient bien que je reprenne le flambeau… !
6) Mon meilleur souvenir culinaire :
Que dire ? Il y en a eu tellement… Là je crois que ça dépend davantage du moment et du contexte que de la bouffe en soi. Par exemple, quand TiNours et moi avions effectué son déménagement à lui sur Montpellier, on avait roulé toute la nuit dans le camion rempli de meubles, turbiné toute la journée comme des bêtes pour installer l’appartement, et quand on avait mangé, à 16h, dans un MacDo, on était tellement crevés et affamés qu’on avait trouvé ça absolument EXQUIS et DELICIEUX… c’est vous dire…
Plus élégamment : lorsqu’en 2002 nous étions partis en vacances en Espagne (Lille-Moraira) on avait fait une halte le premier soir chez un pote à Leucate qui nous avait hébergés pour la nuit, pour faire une étape reposante. Et il avait eu la merveilleuse idée de commander un plateau géant de fruits de mer. Après une journée de canicule et de bouchons, avoir la possibilité de se prendre une douche, s’installer en terrasse, au calme, à la lueur des étoiles, et avaler ces aliments frais et délicieux, ça avait été pour moi le Nirvana intégral !
7) Ce que je recherche dans un plat :
Qu'il me réchauffe. Ou me rafraîchisse. En fonction de la saison, bien évidemment.
Et maintenant, revenons-en à la question 1, laissée en suspens :
1) Un aliment ou produit que je n’aime pas du tout :
Les BETTERAVES !!! Vous ne le saviez pas ??? Eh ben je vous l’apprends. Je déteste ces machins ignobles à la couleur douteuse, au goût douceâtre, à la consistance visqueuse. Les betteraves ! Les be-tte-ra-ves, je vous dis… Oui, les BETTERAVES. On ne sait jamais ce qu’elles signifient. Le pire, c’est quand on vous les sert sur un punching-ball. Alors là. Vous n’y comprenez plus rien, c’est très difficile à digérer, et ça devient l’horreur de l’horreur.
Bon. Et maintenant, je sors ma bombe à peinture pour désigner ceux qui vont avoir l’honneur d’être tagués à leur tour par moi :
-Ma Fiso ! Elle, c’est une épicurienne qui aime boire et manger, je pense qu’elle acceptera sans problème.
-Bougrenette, si elle veut bien. Une autre épicurienne, bien sûr.
-Valérie de Haute-Savoie, pour compléter la liste de mes « femmes blogueuses » préférées. Je suis sûr qu’elle aura plein de recettes formidables à suggérer…
-Joss, sur sa plage au soleil levant…..
-Panama bien sûr ! Question art de vivre il s’y connaît
J’aurais bien tagué Andesmas, mais il est en période d’examens. Je ne veux pas l’embêter avec des bêtises. Ceci dit, si le cœur lui en dit…
-Allez on va finir la liste avec Orpheus, mais comme il a déjà fait plein de questionnaires, je ne suis pas sûr qu’il n'ait pas déjà répondu à celui-ci… Bref, nous verrons
Bon dimanche à tous, et bon appétit.
08:55 Publié dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : chaînes inter-blogs
13.06.2008
A dix-sept ans d'écart
Février 1991 :
Elisabeth et moi étions garés dans une rue d’Aix, tard le soir, dans ma vieille 305. Elle était venue pour réviser le CAPES chez moi pendant deux jours, et je l’avais ramenée devant chez elle. On parlait, on parlait. L’atmosphère devenait de plus en plus dense et lourde dans la voiture au fur et à mesure que la nuit avançait.
Elle : « C’est vrai que ça va être difficile pour toi de vivre cette relation avec une femme mariée… »
Moi : « Oui, d’autant plus qu’elle a des enfants… »
Elle : « Oh, les enfants…. Tu me dis que ça ne va pas bien dans son couple, alors tu sais, il y a quand même de l’espoir pour toi… »
Moi (sombrement) « Oui, peut-être… »
Elle : « Mais pourquoi tu fais cette tête ? Tu ne seras quand même pas le premier mec à vivre une relation adultère ! Ne viens pas me dire que tu te sens coupable de mettre en danger un mariage ? De toute façon ça ne va pas du tout entre eux… »
Moi : « Non, c’est pas ça, il y a d’autres choses… »
Long silence … je me souviens de nos respirations qui faisaient de la buée dans le noir.
Elle (lentement) : « C’est quoi, « autre chose »… ? »
Je regardais droit devant moi. Les dents serrées. Les lèvres closes. Le cœur battant.
Elle : « Lancelot… ? Qu’est-ce qui ne va pas… ? »
Moi : « Je… (pause)… attends… (je reprends ma respiration) … en fait…. Elle… enfin je…(j’avais du mal à respirer)… Elisabeth… ? »
Elle (doucement) : « Oui…. ? »
Moi : « C’est pas une femme mariée. C’est un homme. Je suis homo, Elisabeth. »
Elle n’a rien dit. Elle a juste continué à me regarder dans les yeux. Elle me tenait la main. Et brutalement, je me suis mis à avoir très froid. Des frissons incoercibles. Par chance, on avait sa couette dans la voiture et elle me l’a filée pour que je m’enveloppe dedans, et ça s’est calmé au bout de quelques minutes, avant que l’on ne se remette à parler, libérés tous les deux, avec ce non-dit débloqué entre nous.
C’était mon tout premier coming-out.
Juin 2008 :
Betty est une collègue de travail (et amie) à laquelle je faisais allusion dans ma note précédente. C’est elle qui au téléphone m’avait communiqué les coordonnées de Gentil Docteur qui a su réparer Toto.
Elle et moi nous entendons très bien, et elle est déjà venue à la maison, mais ces deux fois-là, TiNours n’y était pas. Elle n’est pas censée être au courant de quoi que ce soit sur ma vie personnelle, que nous n’avons jamais abordée.
Hélas, l’autre jour en l’appelant à propos du PC, j’ai commis l’erreur d’utiliser le portable de TiNours. Le numéro s’est affiché sur son téléphone fixe, et, comme elle avait un renseignement à me demander le lendemain, elle l’a utilisé. PAF ! Bingo ! Elle est tombée sur mon gentil mari au travail, qui lui a dit « Ah non, je ne peux pas vous passer Lancelot, je suis un ami à lui ». Excuses mutuelles, petits rires gênés, politesses, on raccroche. Le soir même, évidemment, je suis mis au courant de l’histoire, ce qui m’a fait sourire.
Aujourd’hui, je recroise Betty au lycée et j’en profite pour lui raconter les péripéties vécues par Toto chez son Gentil Docteur, et pour la remercier de m’avoir si bien conseillé. Je la regardais avec un sourire en coin. Elle me considérait avec une lueur espiègle dans l’œil.
Moi : « Et puis il parait que tu as cherché à me joindre hier ? »
Elle « Oui oui, tout à fait, sur ce que je croyais être ton portable… »
Moi : « …et tu es tombée sur mon mec. »
Elle (grand sourire) « Voilà, exactement… »
Moi (rigolard) : « Ce qui n’a pas été une surprise pour toi, je suppose… ?
Elle : « Non, pas du tout… »
Et puis on s’est regardés, et on a éclaté en même temps d’un fou-rire silencieux. Silencieux forcément, parce que d’autres profs arrivaient derrière nous. Affaire à suivre. Il faudra donc que j’invite Betty à la maison un de ces quatre pour qu’elle fasse la connaissance de TiNours, à la bonne franquette…
C’était mon tout dernier coming-out. Quand même bien plus cool que le premier, ça va sans dire.
Dix-sept ans d’écart entre les deux. Bien sûr entretemps, il y en a eu plein d’autres. Les coming-out se suivent et ne se ressemblent pas. En tout cas, c’est une gymnastique que j’ai totalement rodée. Plus de pathos.
L’avantage au fait de vieillir, c’est que les choses deviennent plus simples. Ce matin, je n’ai pas fait de chute de tension. Pas de frissons ni de tremblements. Je suis sorti tout guilleret du lycée, en sifflotant.
Nouveaux amis à la maison, nouvelles fiestas en perspective.
20:16 Publié dans Boulot, Homosexualité, Machine à remonter le temps, Mes humeurs | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : coming-out
