05.05.2008
Ecrire pour ne pas mourir
Il y a quelques jours j’ai lu chez Chickenbaby une note sur Anne Sylvestre où il expliquait qu’enfant il avait été initié en écoutant ‘les Fabulettes’ à l’école. Il n’a découvert qu’elle ne faisait des chansons ‘pour Grands’ que tout récemment, à l’occasion de la sortie de son dernier album.
En ce qui me concerne c’est exactement le contraire qui m'est arrivé. J’avais découvert par hasard Anne Sylvestre à l'âge de 18 ans, en farfouillant dans les vinyls de ma sœur. Elle en possédait deux, et tout de suite j’avais aimé ça. C’était encore (et toujours !) une question d « époque » dans ma vie. J’étais en PCEM1 à la fac de médecine, j’allais très très mal, et j’aimais écouter en boucle « Je Cherche un Mur pour Pleurer » histoire de me donner encore plus envie de pleurer. Quand ça faisait trop mal, je zappais sur « La Vache Engagée » ou « Regrets d’une Punaise » ou « Lettre ouverte à Elise », ça me faisait m’esclaffer. J’adorais aussi « Non, tu n’as pas de nom » une chanson sur l’avortement, et 'Bergère', une sorte de comptine grinçante sur un 'noble' qui drague une 'gueuse' et se fait repousser sans ménagements. On peut reprocher à Anne son look décalé (surtout aujourd’hui !) sa voix grinçante (mais tellement différente de ce qu’on a l’habitude d’entendre) mais certainement pas la valeur de ses textes, d’une qualité poétique rare. Ce n’est que par la suite que j’ai su, en épluchant les rayons de la FNAC, qu’elle avait donné également dans le genre ‘pour enfants’. Pourquoi pas, après tout ? Je trouvais que cela collait assez à sa personnalité, prolixe, généreuse et aimante.
J’avais aussi appris par hasard qu’elle était la sœur de la romancière Marie Chaix (dont j’avais lu ‘les Lauriers du Lac de Constance’) et que leur père avait été emprisonné à la libération pour avoir collaboré. Une blessure de son enfance dont elle a parlé récemment dans des interviews. Je l’avais vue il y a quelques années en concert à Lille, je l’avais trouvée incroyablement forte, énergique, passionnée et sans faille sur scène. Elle avait enchaîné un nombre impressionnant de chansons, tout en nous parlant, à nous son public, ne s’interrompant presque jamais, et encore, seulement pour boire un verre d’eau. Un merveilleux souvenir.
J’ai retrouvé hier une chanson qu’elle avait écrite (ou publiée en tout cas) au début des années 80. Une sorte de porte ouverte sur l’interrogation éternelle qui parcourt nos blogs à nous tous, entre les lignes ou même très ouvertement parfois : "Pourquoi écrivons nous ?". La réponse qu’elle apporte est très belle. En tout cas, j’y ai vraiment retrouvé l'écho de nombreux sentiments personnels, qu’elle a su, bien évidemment, exprimer mieux que je n’aurais su le faire.
Je me permets donc de la recopier ici pour vous la faire partager. Qu’en pensez-vous, amis blogueurs ?
Ecrire pour ne pas mourir
Paroles et musique : Anne Sylvestre, 1985
Que je sois née d'hier ou d'avant le déluge,
j'ai souvent l'impression de tout recommencer.
Quand j'ai pris ma revanche ou bien trouvé refuge,
dans mes chansons, toujours, j'ai voulu exister.
Que vous sachiez de moi ce que j'en veux bien dire,
que vous soyez fidèles ou bien simples passants
et que nous en soyons justes au premier sourire,
sachez ce qui, pour moi, est le plus important,
est le plus important.
Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, sagesse ou délire,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce qui m'a blessée,
dire tout ce qui m'a sauvée,
écrire et me débarrasser.
Ecrire pour ne pas sombrer,
écrire, au lieu de tournoyer,
écrire et ne jamais pleurer,
rien que des larmes de stylo
qui viennent se changer en mots
pour me tenir le cœur au chaud.
Que je vive cent ans ou bien quelques décades,
je ne supporte pas de voir le temps passer.
On arpente sa vie au pas de promenade
et puis on s'aperçoit qu'il faudra se presser.
Que vous soyez tranquilles ou bien plein d'inquiétude,
ce que je vais vous dire, vous le comprendrez :
En mettant bout à bout toutes nos solitudes,
on pourrait se sentir un peu moins effrayés,
un peu moins effrayés.
Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, tendresse ou plaisir,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce que j'ai compris,
dire l'amour et le mépris,
écrire, me sauver de l'oubli.
Ecrire pour tout raconter,
écrire au lieu de regretter,
écrire et ne rien oublier,
et même inventer quelques rêves
de ceux qui empêchent qu'on crève
lorsque l'écriture, un jour, s'achève...
En m'écoutant, passant, d'une oreille distraite,
qu'on ait l'impression de trop me ressembler,
je voudrais que ces mots qui me sont une fête,
on ne se dépêche pas d'aller les oublier.
Et que vous soyez critiques ou plein de bienveillance,
je ne recherche pas toujours ce qui vous plait.
Quand je soigne mes mots, c'est à moi que je pense.
Je me regardais sans honte et sans regrets,
sans honte et sans regrets.
Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, grimacer, sourire,
écrire et ne pas me dédire,
écrire ce que je n'ai su faire,
dire pour ne pas me défaire,
écrire, habiller ma colère.
Ecrire pour être égoïste,
écrire ce qui me résiste,
écrire et ne pas vivre triste
et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Ecrire et ne pas me foutre à l'eau.
Et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Ecrire et pas me foutre à l'eau.
Ecrire pour ne pas mourir,
pour ne pas mourir.
19:37 Publié dans Blog, Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anne sylvestre
13.04.2008
The Gift
Tu avances à l’aveuglette, tu tâtonnes, tu ouvres des portes, tu regardes, tu refermes sans bruit.
Tu surfes, tu brasses, tu plonges par le fond, tu ouvres les yeux avidement.
Tu cherches, tu cherches, tu cherches quoi… ?
Tu ne sais pas.
Et puis, très rarement, quelquefois, sans savoir où tu es arrivé, tu sais : tu as trouvé..
Tu as poussé la porte, et tu n’as pas eu envie de la refermer.
Tu avances, doucement.
C’est beau, putain.
Douceur.
Gentillesse.
Emotion.
Tu t’asseois sur le banc, tu lis.
Des oiseaux sautillent pas très loin, ils te regardent en penchant leur tête d’un air coquin : « Qui c’est çuilà ? Jamais vu par ici »
Odeur de chèvrefeuille, odeur de pin.
Des notes de piano dans le lointain.
Ca parle d’enfants, aussi. Le jardiner ici aime les enfants.
Douceur, tendresse.
Il y a des affiches de films que tu as vus, d’autres pas, mais il t’a donné envie d’aller les voir.
Et puis soudain, tu regardes l’allée sablée.
Pratiquement aucune trace de pas.
Tu es un des premiers à avoir pénétré dans le jardin.
Incroyable.
Peu de monde, presque personne, n’est venu ici avant toi.
J’ai trouvé une porte secrète.
Loin de la foule.
Loin de la cacophonie.
Loin des dessins embrouillés.
Je ne vais pas pouvoir rester longtemps, hélas. Le temps s’écoule dans ce monde-ci comme dans l’autre, le monde extérieur…
Avant de sortir, un dernier coup d’œil autour de moi. Fixer les impressions, s’enivrer des odeurs, sourire à la musique.
Je reviendrai, je reviendrai....
Merci, merci à toi.
Je ressors à regret
Mais dans ma main je serre fort la clé, le code magique.
Je viens de découvrir un nouveau blog.

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11:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blog
05.04.2008
Les hommes préfèrent les longues
Voilà un titre racoleur, et peu en phase avec ce qui va suivre.

Quand j’écris, je ne sais pas faire court.
C’est un véritable handicap.
Au lycée, en première, pour préparer le bac de français, je fuyais toujours comme la peste l’exercice de résumé, j’y arrivais pas.
Pour mon mémoire de maîtrise, les profs de mon jury m’avaient dit « vous avez d’incroyables capacités d’analyse très fine, mais pour ce qui est de synthétiser, il y a encore beaucoup de progrès à faire ! »
Maintenant que je suis prof et qu’en BTS je dois enseigner la technique du résumé (dans les deux langues), à chaque fois, je m’entraîne longuement à préparer le texte avant de le soumettre aux élèves. Ca me fait transpirer des litres !
Quand je corrige des copies et que je mets des appréciations, je perds un temps fou parce qu’il faut toujours que j’en mette une tartine.
Sur les bulletins, j’ai jamais assez de place dans la case qui m’est assignée.
En vacances je déteste écrire des cartes postales parce que je « déborde » toujours, ou bien alors, si je me force à gribouiller seulement « Grosses bises de… » à chaque fois je balance après, d’un air dégoûté, le paquet de cartes 'bâclées' dans la boîte aux lettres en me disant que, quitte à écrire des conneries pareilles, j’aurais pu économiser le prix des timbres…
Lorsque je raconte une histoire (cf ma note précédente sur ‘The Kite Runner’) j’aime entrer dans les détails parce qu’à mes yeux TOUT est important pour que ceux qui lisent ou écoutent comprennent bien les tenants et les aboutissants…
Il paraît que c’est une déformation professionnelle ! TiNours m’a plusieurs fois dit en rigolant que je cherchais trop à EXPLIQUER les choses en détail (« Mais oui, ‘Clint’ tu sais bien, comme ‘Clint Eastwood’ »… ne cherchez pas, lui seul peut comprendre, ici, c’est une de nos plaisanteries familiales) ce qui laisse à l’interlocuteur l’impression désagréable que je le prends pour un attardé mental…
Alors pourquoi est-ce que je ne sais pas limiter, résumer, synthétiser ? Pourquoi est-ce que je ressens le besoin de décortiquer, expliciter, détailler ?
Peut-être parce que, de l’autre côté du banc, je n’aime pas les non-dits. Je déteste les sous-entendus. J’ai la haine des devinettes. J’ai une sainte horreur des explications confuses et embrouillées.
Donc, pour me rassurer, je parle, je parle. J’écris, j’écris.
Longueur n’est pas synonyme de clarté, me direz-vous.
Pour moi, si. Enfin c’est l’impression que j’éprouve devant mon clavier, ou en tenant mon stylo..
Bilan des courses, certains lecteurs potentiels de mon blog sont peut-être rebutés par la longueur des notes.
Mais je ne suis pas le seul blogueur qui ait ce « défaut » ! Chondre, par exemple, il fait toujours des notes très longues, et moi je les trouve passionnantes ! Et beaucoup de gens sont du même avis que moi, visiblement, vu son audimat.
Alors, je suis désolé pour ceux qui préfèrent les courtes.
Je peux quand même pas me brimer moi-même.
Surtout sur mon propre blog.
Ca restera long
Yep ...
20:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : ecrire, blog
12.03.2008
De retour du royaume d'Hadès
Non, mais vous saviez pas ....?
Ben moi en tout cas, non je ne le savais pas !
Eh ben voilà : IL a rouvert son blog !
Avec une nouvelle présentation trognonne, en plus, et plein de photos osées (enfin dépêchez-vous pour aller voir, parce que tel que je le connais, il va les faire disparaître -les photos- entretemps....)
Et moi, dans ma réponse à son dernier commentaire, comme un âne, qui lui demande quand c'est qu'il rouvre son restaurant... ça fait bientôt un mois (14 février, merci pour SES amoureux, oui oui j'ai bien le droit de faire ma jalouse....) que ça s'est fait dans mon dos, sans me prévenir lors de l'inauguration, bien sûr (il me le paiera, ça...)! Il a fallu que je lise un de ses commentaires chez TarValanion où il expliquait -en deux mots laconiques mais d'une importance CAPITALE pour la suite de nos vies- qu'il participait à une liste "gustative" organisée par les Blogueurs Gourmets pour que mon cerveau fasse une pirouette et que je me précipite... Bien sûr l'heure de la fermeture était passée, mais je suis resté un bon moment à sourire devant l'enseigne rallumée...
Petit monstre, va...
Pour me venger, je vais le dire à Panama... histoire de lui donner envie de rouvrir le sien, de blog, à cette autre vieille charogne...
(Quoique lui, comme je le connais, il serait capable de me dire, avec son air chafouin, paterne et patelin "Ah mais je le savais déjà...")
Nan, tu le savais pas, tu étais occupé à crapahuter en Amérique centrale, toi. Tais-toi. Affreuse. Ou plutôt, non, ne te tais pas, mais sors-en, de tes municipales, pour revenir nous raconter enfin des choses intéressantes...
10:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : orpheus, blog
11.03.2008
Blogging in English
Mon super-Johnnie me disait avant-hier au téléphone qu’il aime bien venir lire mon blog, mais que lorsqu’il s’agit de déposer un commentaire, il se sent inhibé, parce que, bien que le français n’ait aucun secret pour lui (il vit ici depuis plus de 30 ans…), entre nous, sans même qu'il y ait eu de réflexion sur cela, s’est instaurée une sorte de 'tradition' : si nous en venons à des sujets plus intimes, personnels, nous avons pris l’habitude d’en parler en anglais. Surtout, SURTOUT à l’écrit ! Lorsque nous nous écrivons, c’est disons, à 90% en anglais. Le pli est pris depuis plusieurs années, et voilà pourquoi, devant « mon site » il bloque un peu.
Je lui ai répondu qu’il devait se sentir absolument libre de commenter ici, ou pas, dans la langue qu’il souhaite. Personne ne lui en voudra d’employer l’anglais, surtout pas moi.
Ceci dit, il est amusant qu’il ait soulevé ce problème car depuis quelques semaines j’y ai été confronté. Notamment parce qu’en ce moment je lis « The Kite Runner » de Khaled Hosseini, roman absolument vibrant, finement écrit, extraordinaire. Le film va sortir d’ici quelques jours en France (« Les Cerfs-Volants de Kaboul » en français) et je dois relever le défi de finir le livre avant d’aller au cinéma voir son adaptation.
J’y ai beaucoup pensé au moment de ma note sur le petit garçon, et le rapport au père : le roman baigne totalement
dans ces thèmes-là, et je dois avouer que plusieurs fois j’ai dû le poser parce qu’il éveillait en moi des émotions trop fortes. J’ai eu envie d’en recopier ici certains extraits, même. Mais, problème ! Je lis le livre en anglais. Or si la plupart des amis qui viennent ici le comprennent, le manient parfaitement (Andesmas bien sûr, mais aussi Anydris et Oh!91 me l’ont prouvé brillamment, et avec beaucoup d'humour, là ), il est un peu gênant, c’est vrai, de recopier ces extraits dans la langue d’origine. Je ne dispose pas de la traduction française. Je pourrais les traduire moi-même, c’est vrai, mais j’aurais peur, sur une œuvre d’une telle qualité, de trahir l’esprit d’origine (traduttore, traditore…).
Qui plus est, je me suis aussi aperçu, à l’époque où je vivais en Amérique, et même avant, que le fait de parler anglais (dans les situations de communication de la vie réelle, évidemment, et, a fortiori, dans des dialogues plus intimes) me pousse à un très léger, très subtil, décalage de personnalité. Bien sûr je suis toujours moi-même, mais, de façon très concrète, il peut m’arriver de réagir un peu différemment, d’être quelqu’un d’un peu décalé par rapport à ce que je suis d’habitude. C’est très difficile à formuler. Verlaine l’avait mis en paroles bien mieux que moi : « ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre » (je me permets de réajuster la phrase au masculin, d’ailleurs. Traitre jusqu’au bout !). Alors, quand je parle ou que j’écris en anglais, c’est moi, mais pas vraiment moi non plus. Les nuances sont différentes d’une langue à l’autre, et font ressortir des aspects différents selon les gens, je pense. Au fond, c’est logique. Nous sommes aussi conditionnés par ce biais-là. Nous sommes aussi ce que nous parlons. Notre langage nous élabore tout autant que nous le formulons.
Quoi qu’il en soit, je suis confronté à un phénomène curieux, auquel je n’aurais jamais pensé avant : la langue orale n’est pas vraiment un obstacle dans les rapports amicaux et les ‘grands brassages’. Je pense notamment aux liens qui se nouent en vacances. Qu’est-ce qui empêche de rire avec des personnes que l’on rencontre en pays étranger sans pouvoir communiquer verbalement avec elles ? De danser, jouer, et même faire l’amour avec elles ? C’est plus difficile mais c’est une barrière qui peut s’enjamber sans problème. En revanche, la communication écrite, par l’intermédiaire d’un blog, rend les choses beaucoup plus difficiles sans l’aide des sourires, des regards, du contact physique.
Une lacune au ‘blogging-system’.
Il y en a bien d’autres.
11:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : langue, kite runner, khaled hosseini, blog
06.03.2008
Message in a bottle
Lorsqu’on ouvre un blog, on fait une démarche sur soi-même, bien sûr. On décide de plonger en soi. D’abord sur les rivages du quotidien, des actualités, du travail, de nos humeurs. Quelques brasses, quelques semaines plus tard, on en arrive aux eaux plus profondes des souvenirs, parfois beaux, parfois douloureux. On caresse ces poissons qui passent, pour les regarder repartir aussitôt dans des régions obscures. Et, plus rarement, quand, attiré par le besoin de savoir, d’aller jusqu’au bout, de s’étreindre avec son moi encore plus profond, on se débat, en un dernier coup de reins désespéré, on atteint les grands fonds, les abysses, réceptacle secret de nos sentiments les plus bruts, nos envies les plus animales, nos peurs les plus inavouables, nos rages les plus meurtrières. On y parvient rarement. Et si l’on y touche, c’est toujours très fugace, le temps d’une note, pour remonter d’un trait, vers les rivages ou l’on s’écroule, haletant. OUF. On clique sur ‘envoyer’ et l’on sort de là, épuisé, une crampe au cœur, en se disant qu’on n’y retournera pas de sitôt.
Mais la personne qui reste allongée sur le sable mouillé en laissant paresseusement l’eau venir lui embrasser les jambes n’est pas moins sincère que le plongeur qui évolue dans les grands fonds. Elle est plus peureuse, voilà tout. La poltronnerie est une faiblesse bien humaine. Aller débusquer des amphores précieuses dans les entrailles des épaves englouties, c’est un sport que je ne peux pratiquer au quotidien. Je manque de souffle ! C’est peut être une question d’entraînement ? En attendant, j’aime bien aussi prendre un petit coquillage sur la plage de mon aujourd’hui, le polir entre mes doigts, le nettoyer de son sable mouillé, et le déposer, avec précaution, dans un endroit abrité pour que les copains puissent venir le regarder.
Les copains ?
En ouvrant un blog, on fait aussi une démarche vers les autres. On ouvre la porte de chez soi. Et si on le fait, c’est parce qu’on aime les invités. J’ai toujours aimé recevoir des amis. Préparer des bouffes, essayer des recettes, me demander qui je vais inviter avec qui, pour savoir quel ‘coup de foudre amical’ pourrait jaillir de la soirée. Rassembler tout le monde autour d’une table, écouter fuser les éclats de rire, les discussions à bâtons rompus, confronter les expériences, refaire le monde, tout en sachant qu’il sera le même à la fin de la soirée. J’aime les raccompagner à leur voiture, dans le froid de la nuit bien avancée, lorsque la fête se termine. Les bisous, les portières claquées, et, en débarrassant le bordel consécutif à la fiesta, ce sentiment très doux qu’on aime et qu’on est aimé. L’amitié comme une couette chaude où l’on se blottit dans les creux de l’âme.
Le principe d’un blog est un peu le même, sauf que l’on ne mitonne plus des recettes, on écrit des notes. Quelquefois on s’essaie aux filets de sole au Marsala, quelquefois c’est pâtes et jambon ! Mais, dans les deux cas, que l’on dresse le couvert, ou que l’on se gratte les neurones par l’intermédiaire du clavier, on le fait pour faire plaisir, pour accueillir. Plaisir à soi-même, bien sûr, mais c’est une main tendue aussi. Une amitié, c’est bon à deux, ou plus. Ca ne se pratique pas en solo. Un blog, ce n’est pas que de la masturbation intellectuelle. Surtout lorsqu’on essaie d’atteindre la zone des grands fonds, que je mentionnais au début de ce message. C’est une démarche qu’il faut toujours considérer avec respect. Entre autres, le fait de tenir un blog depuis quelques mois m’a appris une chose : essayer d’être plus respectueux des autres. Face à leurs joies, leurs chagrins, leurs interrogations, je peux sourire, ou même rire devant mon écran (l’autre n’est pas là pour le voir, c’est le principe…) mais je fais toujours attention lorsque je démarre un commentaire chez quelqu’un. Si je n’ai pas envie d’être gentil, je peux au moins être poli. Et si je n’ai même pas envie d’être poli, alors je me tais. Après tout, ne jamais perdre de vue que je suis dans un espace qui ne m’appartient pas. Le blogueur chez qui je suis, il ne m’a peut-être pas invité directement à entrer, mais il m’a laissé sa porte ouverte. Ne pas en profiter pour piétiner sans respect ce en quoi il croit, ce qu’il pense aimer, ce qu’il aime à penser.
Les commentaires sur mon blog, je les laisserai toujours ouverts. Toujours. Sinon, comme le disait TarValanion ici, cela n’a plus de sens. Mon blog est ouvert à tous. Comme mes mains. Ouvertes. Tendues vers les visiteurs. Avec amitié, avec tendresse, avec amour, selon les gens à qui j’ai affaire. Mais toujours avec respect. Et mon principe reste le même lorsque je vais « chez les autres ». Mes mains, chez mes amis je ne les utilise pas pour gifler. Ni ceux qui m’accueillent, ni ceux qui sont là avec moi en tant qu’hôtes.
J’ai peut être eu le tort de croire que le principe du blog était, à la base, l’échange dans la gentillesse, et qu’il doit toujours déboucher sur des camaraderies, des complicités, des amitiés. Avec du recul, et un peu d’expérience, je me rends compte que c’est vrai, j’ai été d’une naïveté confinant à la bêtise. Mais, peu importe, le bilan reste positif. Le nageur pantelant sur la plage, il ferme les yeux et sourit au soleil couchant. Les cris des mouettes, le bruit de ce qui vit, ça fait du bien. Continuez à me parler. J’aime ça. La vie, les gens sont là, partout autour de moi, sous les touches du clavier, derrière l’écran, dans la souris. Plage atlantique, ou méditerranéenne, ce n'est pas important. J'écoute ces échos d’existences que je sais réelles et non virtuelles, et qui m’enrichissent, et m’aident à réfléchir, à avancer. C’est du beau, c’est du bon.
Merci, qui que tu sois.
11:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : blog, amitié, introspection
16.01.2008
To blog or not to blog
Pas trop souvent quand même, mais régulièrement, je me pose des questions métaphysiques sur le « fait de bloguer » :
Le « Blogging » ? ah non putain que c’est laid ça…
Le « Blogage » ? za fait « blocage » en Halsacien
La « Blog-mania » ? ça, ça fait asile de fous, non non non
Bon bref « l’habitude consistant à écrire ses pensées dans un espace personnel consultable par tous sur internet » voilà c’est un peu long mais ça n’a aucune connotation, ça.
Donc, on a beau dire qu’on « n’écrit que pour soi, pas pour les autres », qu’on « s’en fiche des statistiques » et que « peu importe ce que les autres pensent », moi en ce qui me concerne, ces axiomes-là sont faux.
Sauf un. C’est vrai que je m’en fiche des statistiques. Je ne les consulte jamais. Je m'en fous que mon blog soit lu par 5 personnes ou par 200. Quand j’ouvre ma page d’accueil, je jette quelquefois un coup d’œil au compteur, mais il indique toujours un chiffre que j’ai du mal à intégrer. Je serais INCAPABLE de dire combien de gens étaient passés me lire le mois dernier, ou en novembre, ou si la lecture a fortement augmenté tel ou tel jour à cause de tel ou telle note. Mon cerveau n’arrive pas à imprimer ces informations-là.
Par contre, il y a une chose dont je ne me fiche pas du tout, ce sont les commentaires des copains. C’est comme d’avoir un message sur le répondeur, ou d’ouvrir une lettre sortie de la boîte « Aaah qui ça va être ? » « Qu’est-ce qu’il pense de ce que j’ai écrit ? » « Est-ce qu’il est d’accord ou pas ? » etc etc etc. Ca j’adore.
Ce que j’aime encore plus, c’est lorsqu’un sujet prête à controverse, lorsque des « mini-débats » ont lieu dans l’espace des commentaires à une note. Ca aussi c’est super-sympa.
Donc, pour être tout à fait honnête, j’ai eu un petit 'coup de blues’ récemment (en début d’année, période classique de remise en question) en visitant les blogs des uns et des autres et en consultant les listes de vœux.
C’est bien le moment et l’occasion rêvée pour dire à quelqu’un qu’on l’aime bien, non ? Et là j’ai été déçu par certains, qui ne sont plus revenus « boire un coup à la maison » depuis des lustres.
Bon, entendons-nous bien : je SAIS que laisser un commentaire sur un blog n’est pas une obligation. Il faut le faire par envie et non par devoir. Mais lorsqu’on visite le blog d’un copain, est-ce que ce n’est pas gentil quand même d’y laisser une petite trace, au moins, disons, une fois sur trois, par gentillesse ? Tout comme on fait un sourire à quelqu’un qu’on connaît en traversant la rue ?
Suite à cette triste constatation, je me suis dit : « Prends-toi en main coco. Pars du principe que les gens ne commentent QUE ce qui les intéresse, donc si certains ne commentent pas ce que tu écris, c’est parce que ça ne les intéresse pas. ». Je veux bien ! J’admets. Je suis pas Victor Hugo, je suis pas Brett Easton Ellis. On aurait plus envie de dire des choses à Paul Auster, ou à Michel Tremblay, qu’à moi. Normal.
Mais je ne peux pas m’empêcher de faire ma grognasse jalouse (je veux bien employer ce mot, même s’il ne me paraît pas rigoureusement exact ici) quand je vois par moments les conneries sans intérêt que les gens laissent dans des listes de commentaires, chez d’autres. Quitte à écrire des conneries, pourquoi ne pas en écrire partout, y compris chez moi … ? (enfin merde !!!) Je ne suis pas affamé de lire des bêtises, mais bon, ça me montrerait au moins qu’on est passé ici et qu’on a pensé à moi.
J’en étais là de mes tristes pensées lorsqu’hier j’ai eu la surprise de ma vie (ma "vie de blogueur", n’exagérons rien tout de même…). En surfant de blog en blog, je suis tombé par hasard sur celui d’un mec qui m’a AJOUTE dans la liste des blogs qu’il lit régulièrement ! Et, il n’a JAMAIS laissé de commentaire ici, ni moi chez lui d’ailleurs.
Ce qui donc remet tout en question.
Ca sous-entend que peut-être certaines personnes passent ici, lisent et s’en vont sans rien dire. Ca se conçoit s’ils passent par hasard, ne trouvent pas leur bonheur, et repartent en haussant les épaules. Mais, pour qu’un mec (dont je tais volontairement le nom d’ailleurs) m’ait ajouté dans sa liste (et peut-être que d’autres aussi l’ont fait.. ? qui sait… ?) ça veut bien dire qu’il vient régulièrement non … ? Donc que ça l’intéresse, non ? Et tout ça sans JAMAIS commenter… ? AH BON….
Tout ça est lié au principe du blog, et il faut en admettre les « lois », mais ça me plonge dans des abîmes de perplexité…. Chacun prend son bonheur où il le trouve, bien sûr. Quand j’ai ouvert un blog, un de mes objectifs (inconscients au départ, mais ça s’est imposé avec force par la suite) c’était de me faire de nouveaux amis. Ca a marché, pour plein de personnes, et je n’ai pas à me plaindre. Depuis août j’ai bloggué, correspondu par mail, parlé au téléphone, sur MSN, et j’ai même RENCONTRE (tout récemment, cocorico) plein de gens gentils et adorables, et j’espère bien que je les garderai encore longtemps dans mes contacts. Mais SI il y en a d’autres, pourquoi ne se manifestent-ils pas… ?
Je crois que ça tient à mon caractère : si je lis des choses qui m’intéressent et me font réagir chez quelqu’un, je ne sais pas me retenir d’ouvrir mon grand clapet ('clavier' en l’occurrence ! ). Il me faut donc admettre qu’il existe des petits farfadets, qui arrivent regardent lisent écoutent sourient, et… frrrttt s’enfuient aussitôt.
Bon, en tout cas, bisous à vous les petites souris silencieuses et discrètes, qui que vous soyez, je vous aime quand même…. !

18:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blog, bloggueurs
04.01.2008
Nouvelle année, nouveaux amis
Pour la St Sylvestre nous étions cette année exceptionnellement en petit comité : Nickou, Sylviane, Mariane, Tinours et moi. Trois garçons, deux filles, aucune possibilité ! LOL. Quoique, à une époque, Nickou a eu une (brève) histoire avec Mariane. Mais ça n’a pas duré… Bref ! On a fait deux (longues) promenades dans un Paris au ciel gris et plombé, le 31 et le 1er dans l’après-midi. Le 1er, à Montmartre, on a cherché la tombe de Dalida, mais on l’a pas trouvée (et surtout ne venez pas me dire que c’est très fofolle de chercher Dalida, d’abord on était avec des hétéros mais on a aussi visité les tombes de Stendhal et Zola avant, entre autres !).
Soirée du 31 intime, avec brassage de souvenirs : j’ai bossé autrefois avec Nickou, Sylviane et Mariane, mais on a tous divergé géographiquement et même professionnellement, en ce qui concerne Mariane : Paris Lille Tours Montpellier, mais on continue à se voir et à s’apprécier.
Deuxième étape de ce « périple » parisien, chez ma nièce et son mec. Zou, traversée en métro, c’est de l’autre côté de la capitale.. Ils nous ont accueillis super-gentiment, et leur petit appart est très sympa. Ca m’a rappelé ‘mes débuts’ avec TiNours, quand on habitait notre 40m2 à La Madeleine, à côté de Lille. Ils sont mignons et attendrissants ces petits. « J’ai toujours éprouvé une grande tendresse pour les jeunes amoureux ». Ils bossent beaucoup tous les deux, ils rentrent tard le soir, c’est un peu dur tout de même leur vie. Mais surtout, surtout, ils ont l’air de s’aimer très fort et là moi à chaque fois, y a pas, je fonds. Matt est un mec adorable, ma Sa-sa pouvait pas trouver mieux. Elle a fini par m’arracher l’adresse de ce blog, m’étonnerait pas qu’un de ces jours elle vienne y fourrer le nez et se fende d’un petit commentaire de son cru. ROBIZOU si Matt ou elle débarquent ici (et même s’ils n’y viennent jamais, d’ailleurs !).
Et puis le 2 à midi, on avait rendez-vous avec Anydris et l’Elephant… Mes premiers blogueurs faits de chair et d’os ! Quelle émotion… J’ai houspillé TiNours sous la douche pour qu’on n’arrive pas en retard. Dans le métro il a eu le temps de me faire un de ses blagues dont il est spécialiste. Un mec monte avec un pansement sanguinolent sur l’œil et deux sacs poubelles remplis d’affaires crades : ‘Mesdames et messieurs, pourriez-vous me donner une pièce pour manger, je suis SDF et j’en appelle à votre bon cœur… » etc, et là mon mari me glisse « C’est sûrement Anydris ». J’ai attrappé un fou-rire mais on n’a pas eu le temps de chercher une autre personne dans le métro qui aurait pu correspondre à la ‘projection mentale’ qu’il se faisait de l’Elephant parce qu’on est arrivés. L’Elephant nous avait donné r-v à 12h15 sur les marches de l’opéra, on y était à12h16 pile ! Any était arrivé avec une bonne avance, et L’Elephant ensuite, pour finir ce sont eux qui nous ont repérés de loin.
C’était super-agréable. J’ai eu immédiatement (ou presque) l’impression qu’on était des amis qui se connaissent depuis longtemps. Mais dans un sens c’est vrai, puisque nous avons un « périscope » branché sur la vie, et le cœur des autres, par l’intermédiaire du blog. C’est quelque chose de passionnant, de fascinant. On m’a déjà dit que les rencontres face à face de blogueurs pouvaient être décevantes. En ce qui me concerne, je suis bien content de pouvoir dire que ça n’a pas été le cas. On a passé deux heures dans ce restau japonais à discuter à batons rompus de tout de rien de nos vies respectives, de nos motivations pour bloguer, de nos perspectives d’avenir. J’aurais pu y passer l’après midi et la soirée, même ! Hélas il fallait abréger : l’Elephant devait retravailler tôt et Any avait une course à faire à Beaubourg. On s’est donc quittés en se promettant que ce n’était qu’un au revoir mes frères, et deux minutes après, j’ai regardé TiNours et j’ai crié « Meeeeerde ! « tellement occupé que j’avais été à blablater papoter et refaire le monde, j’avais oublié que je leur avais apporté deux petits cadeaux ! Comme je n’avais pas participé au Nawel des blogueurs, c’était un peu ma façon à moi d’y mettre malgré tout mon grain de sel… Eh ben je l’ai eu dans l’os ! je leur a curu après mais bien sûr ils avaient été tous deux happés par ce monstre tentaculaire qu’est le métro, sans espoir de les rattrapper !
« A tous mes loupés mes ratés mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à côté
A tous mes bateaux manqués mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n'ai pas été
A nos actes manqués ! »
J’avais vraiment les boules. On a quand même pu faire des courses et se ballader l’après-midi, mais j’avais l’impression d’avoir raté un geste important. Bon, j’ai eu le soir Any au téléphone qui m’a filé son adresse, et promis de me passer celle de mon petit Elephanteau… La Poste va fonctionner. Mais quand même, quand même. Ça me ressemble tout à fait, ça ! Et je ne pourrai même pas profiter de la soirée de l’Elephant samedi soir pour rattrapper ça. Merdum.
Mais mais, mais, il faisait tellement beau ce 2 janvier. Ciel bleu et froid sec, comme j’adore. Pas de bilan de mon année 2007. J’aime pas regarder derrière moi. Pas de résolutions pour 2008. J’aime pas tirer des plans à long terme. Qu’est-ce que j’aime en fin de compte ? Vivre dans le présent. Faire naître sans cesse, des petits moments comme celui d’hier. Ouvrir des portes, pour découvrir ce qu’il y a derrière, et puis, hop, les franchir d’un bond.
Je suis comme une plume
Qui rebondit d'un souffle d'air
Je suis comme une note
Sifflée gaiement à la légère
Et je me fous bien de demain
Ou de dans deux secondes
Il y a des moments où j'aime tout le monde
Je suis comme cette goutte de pluie
Qui coule sur ma joue rose
Qui dure le temps de sa vie
Et ce n'est pas grand chose
Mais je me fous des grands orages
Et du tonnerre qui gronde
Il y a des moments où j'aime tout le monde
Peu importe qu'on se moque
Ou bien qu'on y réponde
Il y a des moments où j'aime tout le monde
03:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blogueurs, potes, saint sylvestre, paris
24.12.2007
CLOSER sur les copains de la blogosphère
Voilà quatre mois que ce blog est ouvert. Même si je n’ai reçu aucun César pour ça, je me sens « encore tout petit » (comme ils disent en général, lors de cette cérémonie ridicule), devant la plupart des copains qui ont le leur depuis deux, voire trois ans !
Petit bilan :
C’est difficile de trouver des sujets intéressants au quotidien, ou alors de transformer en note marrante un évènement banal qui surgit dans une journée. Pour l’instant je résous le problème en me disant que s’il n’y a rien, faut se taire. En général, quand on se force à écrire des notes ‘peu inspirées’, ça se sent tout de suite à la relecture. C’est une sensation que je déteste, après coup. Mais j’ai un autre principe (qui vaut ce qu’il vaut) : je n’efface pas. Tant pis si une heure, une semaine, un mois après (quoique je relise rarement si tard) ça ne me plaît plus. Ca y est, ça y reste. Le blog doit être le témoin, la trace, de ce que j’ai pensé, vécu, à l’instant T. Que ce soit bon ou mauvais.
L’aspect positif des choses, c’est que ce côté artificiel de « la note à pondre » nous oblige (enfin moi en tout cas) à examiner notre vie pour la transformer en petit texte bien léché, dans la mesure du possible. Comme on se redonne un coup de peigne avant de sortir acheter le pain. Et de fait, il m’arrive aussi (de façon très modeste et timide, bien sûr, mais ça m’arrive tout de même) d’essayer de transformer mes actes au quotidien, à l’autre extrémité du cycle-blog : « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de beau ce week-end pour avoir des choses marrantes à leur raconter ? » Ca marche, ça ne marche pas, mais ça m’oblige (un peu) à me botter le cul, à me remettre en question. C’est peut-être artificiel, mais, je le répète, c’est positif.
Les copains du blog.
C’est le meilleur de tout dans mon bilan. Je suis content d’avoir établi des liens avec vous tous, qu’auparavant je lisais, mais que je ne touchais pas. Et puis peu à peu des liens se nouent. C’est comme de se mettre à parler avec des personnages de romans qu’on aime bien.
Merci à Pan’ pour sa gentillesse, ses blagues, cette longue correspondance régulière que nous avons eue par mail interposé. Tu m’emmènes au Costa-Rica ? Histoire que je flanque ton ipod bourré de musique de StEtienne dans un fleuve pendant que tu ne regarderas pas parce que tu seras trop occupé à pagayer… gniak gniak gniak… mauvaise graine que je suis…
Merci à Any pour cette complicité entre membres de la ‘grande famille’ de l’EN (rions un peu), pour ses notes que j’ai toujours envie de commenter sur son blog, parce qu’elles me laissent rarement indifférent, parce que je me retrouve si souvent en elles. Alors, rendez-vous le 2…. ?
Merci à Chickenbaby qui me fait toujours tordre de rire avec son humour à tous les virages, pour ses lignes remplies de bonne humeur à chaque fois (« Carla et Nicolas : les ‘Marilyn et John du pauvre’ » : OUAAAFFF si tu savais le nombre de gens à qui je l’ai ressortie depuis, celle-là…). Bisous à Kevin, et ne les écoute pas, tous tant qu’ils sont, il est à croquer ce petit, tu as bien raison de le câliner !
Merci à l’Eléphant pour ses notes qui me font toujours réfléchir, remettre certaines choses en question, sur la vie, les ruptures, la famille. Avec toi aussi, alors, rendez-vous le 2 ? J’ai hâte j’ai hâte !
Merci à Orpheus : quelle pointure celui-là. Ce que j’ai pu aimer ton blog à l’époque où tu y écrivais. Mais bon, tu nous as promis que ce n’était qu’un au revoir mes frères. On sera patients. Et puis à cause de toi maintenant, je n’écoute plus Annie Lennox de la même oreille. Alors, rendez-vous quand…. ? Jièm et toi passez quand sur Montpellier ? J’attends j’attends j’attends !
Merci à Joss et Andesmas pour l’émotion véritable et très sincère que vous avez suscitée en moi il y a quelques semaines. Je penserai à vous deux le 28, et faites un bisou à bébé Nicolas pour moi !
Sans oublier bien sûr tous les autres : Toony, TarValanion, Chondre, et Rouge-Cerise, et beaucoup que j’ai peut-être oubliés, excusez-moi, certains ne se doutent sûrement pas que je fais partie de leurs fans énamourés, mais si mais si !
Allez, pour les fêtes de Noël j’ai envie de vous faire partager un extrait d’un album de Barbra que j'aime beaucoup (Christmas Memories, sorti en 2001). La chanson ‘Closer’ (rien à voir avec le magazine, ahahah, je parie qu’après le titre de cette note, vous vous attendiez à des révélations indiscrètes sur vos propres vies, z’êtes déçus, hein.. ???), cette chanson, donc, me fait penser à vous tous dont je me sens si proche dans le virtuel, malgré la distance imposée par le réel. Si ça vous saoule, vous pouvez zapper, je ne vous en voudrai pas (et surtout, je ne le saurai pas, lol !)
Bonnes fêtes à tous.
As close as the sea is to the seashore
The tide still rises twice a day
That's just the ocean's way of getting closer
Closer
As close as today is to tomorrow
At midnight they can finally touch
‘Cause every minute brings them that much closer
Closer
So on this silent night
I call your name
And suddenly all time and space between us disappears
I see your face in firelight
I hold you close in memory
And even though I know you're gone
I know you're here
As close as the glow is to the ember
You've always been a part of me
Now living in my heart you're even closer
Closer.
I see your face in firelight
I hold you close in memory
And even though I know you're gone
I know you're here....
As sure as there's snowfall in December
Your love lives on in everything
Summer Winter Fall or Spring
Every thought of you will bring us closer
Closer
The distance may be large or small
Someday I pray that we may all be
Closer.
Closer…
09:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : copains, blogosphère, barbra, noël
12.09.2007
« Mes blogs préférés », le Retour
J’ai constaté avec amusement que celle de mes notes qui a attiré le plus de commentaires jusqu’ici, c’est « Blog Day, mes blogs préférés ». Ben tiens ! Les gens lisent un mot que j’ai écrit dans leur blog à eux, cliquent sur le lien hypertexte, arrivent chez moi, lisent les pancartes, et se précipitent, avec aux tripes la lancinante question « Aaaaah, est-ce que MOI je suis un de ses préférés ???? »
Bande de petits narcissiques, va…. Remarque, je ne jette la pierre à personne, je suis exactement pareil…. Je VEUX qu’on m’aime !
Il se peut aussi, en y réfléchissant, que des gens soient venus, aient lu, et soient repartis, dépités, parce qu’ils ne figuraient pas sur mon « palmarès » ! Eh ben, laissez une note avec votre lien hypertexte pour que j’aille vous (re)visiter à mon tour, bananes ! Le blog, c’est le principe de la boule de neige : les notes et commentaires font des petits et se multiplient d’un blog à l’autre ! Et du coup on apprend à mieux se connaître. J’en avais déjà parlé dans la toute première note ici.
C’est vrai qu’il est très agréable de se voir commenté (et donc, forcément, lu) par plein de gens. C’est ce que j’ai surnommé « la célébrité anonyme ». On a tous rêvé, à un moment ou un autre, d’être acteur, chanteur, grand sportif, journaliste, politicien. Outre la passion réelle qu’on a pu éprouver pour le travail, l’essence de ces professions, il y a aussi (et même le plus souvent), le désir d’être connu et surtout AIME du plus grand nombre de gens possible. Depuis quelques années, le blog permet de satisfaire, un tout petit peu, ce besoin. Et cette fois, on n’a pas besoin de compétences particulières. Il faut juste savoir écrire de façon à amuser le public. Pour qu’il revienne à la séance suivante. Ah, oui alors, qu’il revienne. Ca flatte, et puis ces échanges sont enrichissants et font réfléchir. Moi, toujours, en tout cas.
11:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : blog, célébrité

