02.06.2008

l'Amour et la Liberté

174123617.jpgEn lisant le blog d’Orpheus et sa note intitulée joliment « The way he was » à propos de la mort de Sidney Pollack il y a quelques jours, je me suis rendu compte que je n’avais pas parlé dans mon blog du décès de ce réalisateur, pourtant parmi mes préférés. Plusieurs de ses films m’ont laissé un souvenir impérissable, ineffaçable.

 

 

 

‘Tootsie’, bien sûr… Ah, la scène finale du coming-out… TiNours et moi on  la connaît par cœur, on se la ressort souvent quand on veut déconner.

 

 

 

 

‘The way we were’, évidemment, sur lequel je ne reviendrai pas, j’avais déjà fait une longue note là-dessus il y a quelques mois.

 

 

 

 

Et l’incontournable ‘Out of Africa’, que j’ai vu et revu, en français, en anglais, des dizaines de fois. Emotion facile, due à une histoire trop romantique, une musique trop bouleversante, des paysages trop magnifiques, deux acteurs trop exceptionnels… Facile, oui. Mais un chef-d’œuvre, quoi qu’on en dise. Je suis pédé, j’assume. J’ai marché, je marche et je remarcherai à chaque fois que je revois la scène d’avion au-dessus des paysages du Kenya, et le visage ébloui de Meryl Streep au moment du survol du lac Victoria avec tous les flamants roses  qui prennent leur essor. Oui. Bravo Sidney, bravo Robert, bravo Meryl. Je préfère mille fois cette émotion « facile » à l’extase que tant d’autres ont ressentie en voyant « Les Nuits Fauves ». Rien à voir, certes.

Sinon ce sentiment désespérant d’être toujours à côté de la plaque en matière de « bon goût » cinématographique. Mais, bref. Si vibrer sur ce genre d’émotion, c’est être une « Folle », alors d’accord. Je suis une Folle qui s’assume.

 

 

 

 

Et tant qu’à donner dans la Folie, il y a dans le film une scène, beaucoup moins célèbre et marquante, mais qu’elle aussi, j’aime beaucoup, et un dialogue que, à défaut de pouvoir trouver sur YouTube,  je voudrais retranscrire ici :

 

 

 

 

Karen et Denys sont chez elle un soir, elle est en train de coudre et lui, arrivé la veille, examine une carte de la région :

« Je vais peut-être essayer Sammboro, j’irai demain »

Elle (d’un ton un peu acide) « Vous avez la bougeotte… »

Lui (agacé) : « Savez-vous que Félicité a souhaité m’accompagner,  et pour un peu, je disais non, parce que j’ai cru que ça vous chiffonnerait, alors qu’il n’y a pas de raison de refuser ? »

« Si, il y en a une ! Ca me chiffonnerait ! Vous avez envie qu’elle vienne ? »

« Je veux que ce qui n’a pas de poids ne pèse pas ! »

« Alors dites-lui non, faites cela pour moi ! »

« Et ensuite ? A quoi devrai-je me plier ? »

« Pourquoi votre liberté est-elle plus importante que la mienne ? »

« Erreur ! Je ne me suis jamais immiscé dans votre liberté. »

Elle (explosant) : « Vous… je…je n’ai pas le droit d’avoir besoin de vous, de… de compter sur vous, ou d’attendre quoi que ce soit de vous ! Libre de partir, ça oui !... Mais j’ai tant besoin de vous ! »

« Vous n’avez pas besoin de moi ! Si je meurs, mourrez-vous ? Vous n’avez pas besoin de moi ! Vous confondez, vous mélangez, besoin et manque ! C’est constant chez vous ! »

« Mon Dieu, dans le monde que vous, vous bâtiriez, l’amour n’aurait pas de place ! »

Lui (catégorique) « Erreur, l’amour serait Roi, et cet amour se passerait de preuves ! »

Elle (méprisante) « Alors vous vivriez sur une autre planète ! »

« Pourquoi, parce que je n’en passe pas par vos caprices ?? Est-ce que par principe il n’y a qu’une seule bonne façon de vivre cela ? Croyez-vous que je tienne à Félicité ? »

Elle (immédiatement) : « Non »

« …Ou que j’aurai une liaison avec elle ? »

(petit silence) « Non…. »

« Alors, aucune raison de discuter. »

« Si elle n’est pas importante, pourquoi n’y renoncez-vous pas ? J’ai appris une chose que vous ne savez pas : il y a des moments qui valent la peine… mais il faut en payer le prix. Et je veux être un de ces moments… » (elle se recueille un peu, puis reprend d’une voix coupante) : « alors je vous l’interdis ! »

Lui (lentement, en la fixant intensément) : « Vous n’avez AUCUNE idée de la résonnance d’une telle phrase sur moi… »

Elle (en colère) : « J’ai cru quelque temps que vous ne teniez à rien en ce monde, mais je me suis trompée, non ? Vous voulez avoir tout ! »

(Il se détourne, marche vers sa carte qui traînait sur le sol, et se remet à l’examiner) : « Je pars à Sammboro, et elle peut venir ou pas. »

Pause. Elle le regarde, et lui répond d’un ton las mais résolu :

« Dans ce cas, vous vivrez ailleurs… »

« Fort bien. »

 

 

 

 

Ce dialogue, je l’ai réécouté des dizaines de fois. Pas la peine de se demander duquel des deux je me sens plus proche. C’est évident. Ces phrases, cette dispute, me paraissent résumer tout le malheur du monde, de l’incommunicabilité des êtres qui s’aiment mais se retrouvent inexorablement séparés par leurs tempéraments. Karen a ses pieds plantés dans la terre de sa ferme, dans le matériel. Elle a besoin de certitudes, elle fuit l’angoisse de l’improvisation, de l’inconnu, de l’aventure. Elle aspire à être rassurée et aimée. Elle veut pouvoir refermer ses bras sur celui qu’elle aime.

Denys est indépendant, idéaliste et libéral. Il ne se fie qu’à lui-même et évite soigneusement de ressembler à qui que ce soit. Il a un grand potentiel de fougue et d’enthousiasme qui le pousse au-devant de l’inconnu et de l’aventure. Il ne veut à aucun prix se sentir d’une quelconque manière enchaîné, prisonnier, ou « coupable ».

 

 

 

 

L’amour et la liberté. Deux entités qui ne sont pas antinomiques. Et d’ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils ne sont réellement incarnés par aucun des deux personnages. Karen, tout en aimant de façon exclusive et exigeante, est elle aussi éprise d’une certaine forme de fuite vers l’inconnu. Et Denys, dans sa quête d’absolu, sait s’arrêter, fasciné par  l’amour que Karen lui inspire.

 

 

 

 

Deux êtres apparemment inconciliables, qui ne peuvent fonctionner sur les mêmes terrains. Les heurts entre eux sont fréquents et inévitables.

 

 

 

 

Et pourtant, cela ne change rien à la profondeur du lien qui les unit. Rien.

 


podcast

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26.03.2008

Querelle et moi, émois

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J’avais 17 ans, et j’étais allé avec ma sœur voir ça un soir dans un cinéma d’art et d’essai, quelques années après sa sortie en 1978.

1628720853.JPGJe ne savais pas trop de quoi le film traitait, sinon que ça parlait vaguement d’homosexualité. Je n’avais pas lu le roman de Jean Genet, je ne connaissais pas Fassbinder, et le seul truc qui m’attirait dans ce film c’est que le rôle principal était tenu par Brad Davis, que, comme tout le monde, j’avais trouvé génial dans le cultissime « Midnight Express » d'Alan Parker.

Rétrospectivement je me souviens m’être demandé si ma sœur m’avait emmené là pour voir mes réactions. Si c’était le cas, elle en a été pour ses frais. J’étais passé, depuis des années d’entraînement, maître dans l’art de me forger un visage imperturbable et impénétrable dès qu’il était question de « ça ». Elle m’avait donné un coup de coude dans la salle : « Tu as vu ? C’est plein de pédés » Et j’avais eu d’autant moins de mal à prononcer un « Ah bon ??? » sincère que je n’avais pas vraiment fait attention. J’étais couillon et aveugle, à 17 ans, à un point de non-retour. Enfin si, il y a eu 'retour', depuis,  j'ai pris des cours (du soir...). Je pense être un peu moins con, sur ça, du moins, aujourd’hui. Un peu. J’ai appris à « affûter » mes antennes homo, comme tout le monde…

 

 

Ce dont je me souviens en tout cas, c’est que deux mecs s’étaient battus, oui, battus physiquement, comme des chiffonniers, à l’intérieur2108294866.JPG de la salle de cinéma, avant le début de la projection, pour une histoire de place volée, ou de dépassement dans la file d’attente, ou je sais plus trop quoi, et ça avait été l’affolement dans ce rassemblement de tantes, pendant quelques minutes… Il n’y avait pas eu de blessé ou de coup grave, mais je me rappelle que l’un d’eux s’était fait déchirer son tee-shirt… WOUHA ! Chouette ! On était déjà dans le vif du sujet, avant même le commencement du film… « De la sueur, du sang et des larmes » comme dirait l’autre. Enfin non, j'exagère, personne n’avait pleuré ou saigné… Mais bon, ça nous mettait déjà dans l’ambiance bagarre virile… je ne sais pas, si, pour coller encore plus étroitement au « style Genet » les deux 'boxeurs' sont par la suite allés se réconcilier en un long corps à corps tendre aux chiottes. Mais le style était donné. Moteur.

 

 

1684007331.JPGEn fait c’est un film qui m’a laissé beaucoup d’impressions très disparates et mitigées. Il m’a marqué, bien évidemment, puisque j’en reparle, plus de 20 ans après. Mais, je suis désolé pour les fans de Fassbinder ou de ce style de cinéma, globalement, non, je n’ai pas accroché. C’est toujours douloureux lorsqu’on entend les gens s’extasier devant ce qu’il est convenu de considérer comme des chefs d’œuvres, de se dire que, ben non, on s’est fait chier. J’en ai toute une collection comme ça ! « Le Bal des Vampires » de Polanski. « Apocalypse Now » de Coppola. « Citizen Kane » d’Orson Welles. A chaque fois, je me suis emmerdé, mais emmerdé ! Et pourtant c’est pas faute de m’être appliqué. Pour « Citizen Kane », notamment, je me souviens : j’avais la cassette video. Je me la suis infligée TROIS FOIS pour arriver à voir la fin du film parce qu’à chaque fois je m’endormais devant, assommé d’ennui. Et pour finir, j’en garde un souvenir chiantissime.  Comme je me connais, pour me venger, j'avais dû enregistrer, par-dessus, des épisodes de 'La Petite Maison dans la Prairie'. Sûr et certain.

 

 

Donc, pour en revenir au film qui nous occupe ici, je n’ai pas été sensible, dans ‘Querelle’, à Jeanne Moreau (ex-épouse du Welles sus-mentionné, justement) en vieille prostituée chantant d'une voix éraillée « Each man kills the thing he laaaaves… dada dada.. dada da da...». Pas sensible non plus à ce kitschissime Brest de studio avec un ciel rouge sang en permanence. Oui, je sais, c’était voulu. Mais bon… J’arrivais pas à y croire. Et les films avec conteur en voix off, genre « Jules et Jim » (tiens, Jeanne Moreau jouait aussi dedans ! décidément…) ça me saoule profondément. Je ne sais pas pourquoi, je trouve que ça donne un côté par trop artificiel à l’histoire. Dans "Querelle", le mélange du côté théâtral de certaines répliques avec l’aspect sordide des meurtres et du sexe, m’avait énormément ennuyé aussi. Comme je l’avais lu un jour sous la plume d’un lecteur de Télérama qui critiquait (à raison, selon moi) le « Baise-moi » de Catherine Breillat : « Je n’ai rien contre les films de cul, en soi, ni contre les films intellectuels, en soi, c’est le mélange des deux qui m’irrite. » Eh ben voilà. Je ne dis pas que ce mélange est impossible, mais moi, dans le meilleur des cas, il me fait m’esclaffer, et dans le pire, il m’endort.

 

 

Cependant, bien sûr, je ne serais pas ici à écrire une note si certains aspects du film ne m’avaient pas plu, et même violemment interpellé. 1148365634.JPGJe ne suis pas homo pour rien… Brad Davis, évidemment… incroyable de pouvoir magnétique, filmé à la perfection dans son muscle shirt dévoilant ses pecs poilus hyper-sexy, alternant, dans une incohérence totale, au fil des scènes, tenue blanche immaculée de marin et nudité maculée de cambouis. La caméra le caresse, met en évidence les gouttes de sueur brillant sur sa peau, fixe ses postures nonchalantes et lascives. J’ai été moins fasciné par la scène où, après avoir volontairement perdu au jeu dans un lancer de dés (« Si tu gagnes ma femme est à toi, si tu perds, ton cul est à moi »), il se fait enculer par Nono, le tenancier du bordel, que par celle où il se fait draguer par un flic qui lui demande justement de lui raconter comment ça s’est passé, avec détails. Langage cru, mots orduriers, mais aucune violence ni brutalité. Le flic, au moment où Querelle accepte de le branler, laisse ostensiblement tomber par terre son pistolet, son couteau à cran d’arrêt. J’ai adoré (et j’adore toujours) ce mélange de virilité, de complicité, et même de tendresse. C’est tout ce qui fait le côté « unique » du sexe entre mecs, justement. J’ai noté en outre que le doublage français était bien moins excitant que la version originale en anglais, que j’ai découverte hier uniquement. Les voix possèdent une tonalité basse et rauque qui sue littéralement le sexe… Enfin, la scène vers la fin où Querelle et Gilles échangent de longs baisers sensuels en se caressant leurs épaules musculeuses, je dois bien avouer qu’elle m’avait fait bander comme un dingue.

 

 

Malgré tout (ou plutôt ‘à cause de cela’ justement !!!), d’un bout à l’autre du film, j’ai traîné un sentiment affreux de frustration. Je trouvais que ça n’allait pas assez loin ! Qu’est-ce qu’ils attendaient, Gilles et Querelle, pour cesser de philosopher au clair de lune sur la 1191081752.JPG« pureté de leur amitié » entre deux pelles échangées, et pour se mettre à forniquer comme des bêtes ??? Pourquoi est-ce que Nono et Querelle étaient resté habillés pendant la scène de la saillie ? Pourquoi est-ce qu’on devait apprendre par cet imbécile de conteur français à la voix de tapette que le flic était le premier homme que Querelle ait embrassé dans sa vie, sans qu’on puisse voir ce baiser à l’écran ? De ma vie entière, en voyant un film, je n’ai jamais été aussi frustré. En sortant de là, ce qu’il m’aurait fallu pour me calmer, c’était un bon Cadinot ou une production Falcon, à mater en boucle à la télé bien peinard, la télécommande dans la main droite et devinez quoi dans la gauche ! Mais hélas… à l’époque le porno homo en était à peine à ses premiers balbutiements, j’avais pas de magnétoscope, je vivais encore chez mes parents… impensable tout ça… J’ai dû me contenter d’une bonne séance en solo avec moi-même dans mes draps. Aaaah Brad… Quelle perte pour le cinéma et les pédés ! Seize ans après ta mort je te rends hommage : tu as été à l’origine d’innombrables « émois » (assez d’hypocrisies, disons le mot, « branlettes ») de mes nuits de puceau homo.

 

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Bon, tu n’as pas été le seul. Repose en paix, mec.

11.11.2007

"Autopsy" : autopsie

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Vu hier soir sur France 3. Le film avait été diffusé en avant-première en septembre au festival de la Rochelle, et est une des fiertés de la chaîne, d’après Têtu.

Apparemment FR3 veut ‘prendre des risques’, rompre un peu avec la fameuse tradition ‘Louis la Brocante’ du samedi soir, et donc diffuser un sujet traitant d’homosexualité en prime time, tout en prévenant soigneusement dès le début ‘attention certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes’. Le film est déconseillé aux moins de 10 ans.

06c266ea061da862ab8570faea049183.jpgLa vie d’Eric, commandant de police à la SRP de Lyon, (45 ans, marié, un fils) bascule le jour où lors d’une autopsie après un crime, il rencontre Emmanuel, le nouveau médecin légiste de la brigade. C’est le coup de foudre  (mutuel) et il va devoir faire face à ce nouveau paramètre dans sa vie, lui qui auparavant se croyait installé sur de tranquilles certitudes hétéros. S’ajoutent à cela l’incompréhension de ses proches (sa femme, son fils, sa coéquipière) et l’atmosphère globalement homophobe du SRP. Tout cela sur fond d’enquête sur un crime sanglant et sordide, dans le milieu homosexuel lyonnais

 

Les deux acteurs principaux (Stéphane Freiss et Thierry Neuvic) sont beaux, et ils jouent bien. C’est déjà ça. Heureusement. Parce que pour le reste…

 

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Le téléfilm souffre particulièrement du mélange entre l’histoire d’amour (et donc les problèmes qu’elle entraîne) et l’enquête policière. Il aurait fallu choisir. Bon, il est évident que le quotidien d’un commissaire de police, c’est aussi les enquêtes. Mais pourquoi justement, comme par hasard,  s’agit-il d’une enquête sur un meurtre particulièrement sordide, dans le milieu homosexuel ? De plus, vers la fin, on apprend que même Emmanuel était lié de façon indirecte au meurtre, ce qui donne une impression complètement artificielle de scénario dans lequel on a voulu tout faire entrer pêle-mêle à grands coups de pieds.

L'histoire est pleine de « fausses notes » de ce genre : un autre exemple en est la réaction de la femme d’Eric qui l’accuse immédiatement, sans passer par une légitime ‘phase de doute’ d’être tombé amoureux du médecin légiste alors que lui (surtout devant sa femme) n’avait jamais rien laissé filtrer. Après une rencontre (chaste, en plus!) en soirée avec Emmanuel, Eric arrive en retard chez lui, et après une engueulade avec son fils, c'est au tour de sa femme de lui sauter dessus toutes griffes dehors : « Quoi, tu es en train de tomber amoureux d’un mec ??? Dis-le, dis-le !!!! ». Ca sonne faux, mais faux… Jamais, jamais dans la vraie vie on ne tirerait des conclusions aussi hâtives sur un mec qui a toujours mené une petite vie d’hétéro bien pépère, comme c’est le cas pour Eric. Evidemment, sur une heure et demie de film, l'histoire doit aller vite, et ils n’ont pas le temps de jouer dans la nuance, mais la crédibilité de l’intrigue en pâtit terriblement.

Bon, à part ça, on enfile tous les clichés possibles et imaginables : fils ado coiffé en pétard, en permanence révolté et hargneux, épouse déboussolée et admirable de dignité sous ses larmes, coéquipière  belle métisse chébran qui n’a pas la langue dans sa poche et qui joue les super-copines, mais qui ne se laisse pas marcher sur les pieds parce qu’être une femme libérée, c’est pas si facile, ne la laisse pas tomber, etc etc…

Bien sûr les deux mecs ne peuvent pas se draguer normalement : il y a plein d’engueulades, de bagarres, de coups de poing au préalable. Bon, ça, admettons, puisque le héros n’assume pas son attirance au départ. Alors leur premier baiser est échangé à la hussarde, après une hargneuse empoignade qui fait qu'ils se sont agressivement roulés l’un sur l’autre (au bord de la route...!). On a déjà vu ça 200 fois. J’ai l’impression que les scénaristes se disent à chaque fois : « Bon, oui, OK, on met en scène des pédés, mais faut pas oublier que c'est des HOMMES tout de même, et pour que ça passe mieux et que ça fasse viril, ils doivent se castagner comme de vrais mecs AVANT ». Bof. L’agressivité et les coups qui se transforment brutalement en désir sexuel, je trouve ça très moyen… Ca peut arriver, bien sûr…  Mais si toutes les histoires homos devaient débuter sur un ring de boxe, ça se saurait… Enfin, si ça plaît à certains…

La fin est grandguignolesque : Eric rejoint Emmanuel qui avait été placé en garde à vue par rapport à l'enquête, ils s’étreignent dans la cellule, et –alors qu’apparemment tous les problèmes avaient été réglés car le vrai coupable du meurtre avait été démasqué- ils se suicident mutuellement. Mon expression est volontairement ambiguë d’ailleurs, parce qu’on ne comprend pas bien qui tue qui le premier, et qui se suicide ensuite. Ca tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe.

Enfin, j’ai un problème avec les téléfilms français, je trouve qu’ils ont TOUS le même défaut horripilant : la bande-son est chaque fois A CHIER. Quand les acteurs discutent entre eux, on rate un mot sur trois, parce qu’ils parlent trop vite, ou n’articulent pas assez, ou bien parce que la musique de fond braille à tout berzingue (ou les trois à la fois). Je me fais peut-être dur de la feuille en vieillissant, mais alors pourquoi est-ce que je n’ai jamais ce problème lorsqu’il s’agit d’un film (français ou autre) ou bien d'un téléfilm étranger ? Doit-on forcément en passer par un doublage pour pouvoir entendre des dialogues CLAIRS à la télé ? Ce problème est vraiment particulier aux téléfilms français, je trouve. Affreux.

En conclusion, c’est bien louable de la part de FR3 de vouloir être moins frileux et de diffuser des histoires sur des sujets "gênants" à une heure de grande écoute, mais j’ai quand même eu l’impression de voir "Louis la brocante chez les homos", ou "L'instit vire sa cuti", ou même  "Docteur Sylvestre visite le Marais" (le téléfim a d'ailleurs été réalisé par Jérôme Anger). Pourquoi est-ce qu’ils ne rajoutent jamais des touches d’humour, d’originalité … ? Pourquoi est-ce que les histoires de pédés doivent toujours comporter une bonne dose de violence, de hurlements, et finir très souvent de façon  tragique, avec des personnages malheureux ? Je ne suis pas fan de ‘happy end’ et de bluettes à l'eau de rose,  mais cette impression de malheur et de condamnation qui plane sans cesse sur tous ces scénarios où les pédés osent montrer le bout de leur oreille, c’est marre.

 

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04.10.2007

L'auto-stoppeur

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 .....Franchement, vous ne l'auriez pas pris en stop, vous...? moi oui.... j'aurais même fait un long détour pour l'amener là où il voulait, comme il voulait, quand il voulait, aaah... mais je m'égare....

J'aurais pu attendre deux semaines pour publier cette note (jour de l'anniversaire de sa naissance... il aurait eu 87 ans le 17 octobre prochain.... impossible à croire quand on voit les photos...) mais j'étais trop pressé d'essayer de mettre en pratique les conseils avisés de CKBB pour pouvoir enfin publier des photos  EN GRAAAAND, EN GROOOOOS, EN IMMEEEENSE sur ce blog. Enfin !!! petit soupir d'aise... merci encore mon poussin.

 

20.09.2007

La vérité ou presque

 

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On avait prévu d’aller voir le film depuis pas mal de temps mais on a eu le plaisir en plus, hier, de nous voir offrir les billets par une collègue de boulot de TiNours qui bosse de temps en temps au cinoche en tant qu’ouvreuse (certains soirs pour arrondir ses fins de mois) et qui devait écouler une partie de son ‘stock offert’ sinon ils étaient irrémédiablement perdus. J’ai trouvé ça vraiment très sympa de sa part

Le titre du film, à mon avis, est une jolie litote ! J’aurais plutôt intitulé cela :  « Le mensonge à fond la caisse » mais bien sûr ça aurait été plus vulgaire. Les personnages n’arrêtent pas de se mentir, sans cesse. L’histoire est centrée sur deux protagonistes principaux : d'une part  Karin Viard, qui joue Anne,  animatrice  TV d’un émission vaguement culturelle ou littéraire, divorcée, remariée,  un fils, visiblement très insatisfaite de sa vie, surtout familiale, et d'autre part André Dussolier (Vincent), professeur en fac, également auteur de romans et de biographies. Il est homosexuel, et lui aussi semble peu emballé par sa vie intime présente. Il envisage d’écrire le récit de la vie d’une chanteuse de jazz américaine ayant vécu en France, dont la carrière a été très brève et mineure, et qui est morte en 1970 dans un accident de voiture en laissant en France une fille et une sœur.

Autour de ces deux personnages centraux gravitent une foule d’autres : le premier mari de Anne, à la sexualité trouble (François Cluzet), sa femme actuelle, enceinte et déprimée, le second mari de Anne (joué par Sam Karmann, le réalisateur), gentil et ‘bonne pâte’, une amie lesbienne qui écrit elle aussi,  le jeune amant de Vincent, un peu irascible, les collègues de travail de Anne dans le panier de crabe que sont les plateaux télé, etc…

Le film m’a laissé une bonne impression, mais très mitigée toutefois. Le jazz (thème important) accompagne en fond sonore certaines scènes, mais parfois de façon agaçante et inopportune. Le personnage de Karin Viard, (dont le jeu est très bon, comme toujours), est insupportable sur le début, plus attachant à la fin (c’est voulu). Il y a un ‘secret’ sur la chanteuse de jazz, que Vincent finit par mettre à jour. Tout en comprenant que ce détail ait été important pour échafauder l’intrigue, j’ai trouvé qu’il était tarabiscoté et peu crédible (dites-moi ce que vous en pensez si vous voyez aussi le film). Le personnage de François Cluzet, immature et volage, est TRES intéressant, mais il est trop vite évacué sur la fin à mon goût, et beaucoup de questions que l’on se posait à son sujet restent sans réponse. La fin m’a donné l’impression d’avoir été un peu ‘bâclée’ et je trouve que c’est très dommage. En rajoutant 10 minutes au film, en approfondissant certains détails, certaines questions, le film, d’assez bon, serait devenu EXCELLENT (à mon goût…)

J’ai  gardé pour la fin ce que j’ai préféré : André Dussolier en homo sexagénaire. Il m’a épaté. Quelle classe, quelle dignité, quel jeu incroyable ! On y croit, on adhère immédiatement à son personnage. Je l’ai même trouvé extrêmement séduisant, surtout à cause de la gentillesse, la délicatesse, l’humanité, l’honnêteté qu’il dégage pendant tout le film. Je ne suis pas parvenu à démêler si ce qui m’avait plu c’était le personnage qu’il joue, ou son jeu à lui en tant qu’acteur, tellement il a superbement réussi à fusionner les deux. Une scène magique entre lui et Karin Viard, vers la fin du film, lorsque, seuls tous les deux, un soir de pluie, dans un gîte déserté, ils se livrent à de mutuelles confessions douces-amères sur leurs vies respectives.

Le film fait certainement réfléchir en tout cas, sur nos façons d’appréhender, de gérer, et même de manier la vérité et le mensonge dans nos vies au quotidien. Une phrase m’a particulièrement plu : « on peut aimer quelqu'un toute la vie, mais pas tout le temps ».

« Discuss » comme on dit dans les sujets de bac….

13.09.2007

Sicko

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 Après quelques films de Michael Moore, on commence à sourire devant les « tics » que l’on reconnaît dans ses films : manie de l’exagération, vision très manichéenne des débats, construction (très forte et habile!) visant à toucher le spectateur directement au cœur de sa sensibilité, bref des tics très américains, somme toute. Ce qui trouble à chaque fois évidemment, c’est que les techniques ‘made in USA’ sont dirigées contre les USA eux-mêmes. Qui plus est, avec sa casquette vissée presque en permanence sur sa tête, ses lunettes et son embonpoint, MM pourrait concourir pour « le physique le plus ‘américain moyen’ de la planète » C’est ce qui explique (peut-être, en partie !) sa popularité en Europe, même si son talent est indéniable, et les causes qu’il défend très justes.

Eh ben, tant pis si les ficelles sont des câbles, j’ai marché hier une fois encore en voyant le film. On était abasourdis en sortant. Des cas inimaginables :

Une femme traitée pour un cancer, qui doit payer 250 dollars une boîte de médicaments alors qu’à Cuba la même boîte (ou le même médicament, en tout cas) est facturé moins d’un dollar.

Une jeune fille qui a eu un accident de voiture. A moitié inconsciente et choquée elle a été transportée par ambulance à l’hosto. Quelques semaines après, sa compagnie d’assurance refuse de lui rembourser l’ambulance parce que le contrat qu’elle avait signé stipulait (en très petit, je suppose) que dans ce cas de figure il faut  APPELER au préalable l’assurance pour  DEMANDER l’autorisation d’avoir une ambulance. Et celle de crever sur le trottoir en faisant joujou avec son portable, aussi (si on en a un !).

Une dame dont le mari aurait pu être sauvé par une greffe de moelle osseuse donnée par son jeune frère compatible.  L’opération a été refusée en regard de son coût excessif. Le mari est mort dans les mois qui ont suivi. (Je ne vais plus regarder Grey’s Anatomy du même œil, moi….)

Un homme qui s’est sectionné les phalanges de deux doigts, à qui l’on a proposé de choisir entre une greffe de son annulaire ou de son majeur, en fonction du coût de l’opération… Doigt d’honneur !

Une dame dont l’enfant est morte : l’hôpital où l’ambulance l’avait emmenée en urgence avait refusé de la traiter parce qu’ils n’avaient pas de contrat d’accord passé avec l’assurance maladie de la mère. (comble d’ironie, l’enfant était noire et l’hôpital où on l’avait transportée était le Martin Luther King Hospital….)

Des sauveteurs (bénévoles ou non) ayant travaillé à l’excavation des victimes après les attentats du 11 septembre, qui croupissent aujourd’hui dans des maladies diverses, faute de soins. On leur refuse le remboursement car ils ne peuvent prouver de façon formelle que les affections dont ils souffrent sont directement liées à leur implication active dans les sauvetages lors des jours qui ont suivi. Ou bien parce qu’ils ne disposent pas de preuves irréfutables qu’ils étaient présents les 12, 13, 14 septembre 2001 (eh, Rudolf, t’aurais pu penser à immédiatement installer des pointeuses à l’entrée de Ground Zero ! C’est un réflexe banal dans ces cas-là ..).

Après ça Michael Moore fait des comparaisons des systèmes médicaux en se rendant dans d’autres pays : le Canada, l’Angleterre, la France, et même Cuba. Evidemment, à chaque fois le verdict est sans appel. Par comparaison aux USA, tous les autres sont des pays de Cocagne du régime de santé.Cependant, même si j’ai apprécié (toute la salle riait) la conclusion où MM sort dans Paris et observe les gens se faire des mamours sur fond de « je t’aime moi non plus » de Birkin et Gainsbourg, on tombe quand même dans les gros clichés. Ahlàlà, qu’est-ce qu’ils ont comme vacances ces Français, ahlàlà, et ces patrons qui paient quand même leurs employés pendant leurs journées de maladie, ahlàlà, et vous avez même des assistantes maternelles qui viennent chez vous après un accouchement pour vous assister, et laver votre linge ??? Malgré le ton admiratif, on sent que MM lui-même trouve que tout ça est un peu exagéré (même si c’est pour la bonne cause). J’aurais aussi apprécié que le film insiste mieux sur le fait que tout ceci a un coût, qui est ponctionné sur notre feuille de salaire tous les mois, et que nous acceptons tous de payer au nom de la  SOLIDARITE.  Les soins gratuits à l’hôpital, et les médicaments à des prix abordables, ça ne tombe pas tout cuit du ciel, et nous ne sommes pas une société d’ASSISTES. Qu’on se le dise. A l’étranger ET dans l’hexagone. Je redoute toujours, après ce style de reportage, la réaction du style « ah ben vous voyez que chez nous on n’est pas si mal que ça…. ! Donc quand on vous impose des mesures budgétaires restrictives, taisez vous et regardez de l’autre côté de l’Atlantique pour voir ce qui pourrait vous arriver. »

Et ce discours-là, je ne l’aime pas. Oui je suis heureux de vivre en France et de bénéficier des avantages que nous offre notre société à nous. Mais je n’oublie jamais qu’il faut rester vigilant pour conserver ces acquis, et, encore une fois, qu’on les PAIE.

 

02.09.2007

Le fils de l'épicier

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Classique film sur le retour aux sources, mais cet aspect là des choses ne sert que de cadre à l’histoire.

Un jeune homme qui collectionne les petits boulots et vit une vie sans bonheur à Paris est appelé à revenir aider sa famille qui tient une épicerie dans la Drôme, car son père vient d’avoir un problème cardiaque. Le fil conducteur, c’est son évolution personnelle, sur fond de paysages magnifiques. Banal.

Ce qui l’est moins, c’est que cette trame là sert plutôt à « lier » une série de scènes qui pourraient se présenter séparément comme des sketches de la vie quotidienne. Ceci serait aussi assez ‘classique’ en soi si chacune des situations n’était jouée avec grand talent par tous les personnages, Nicolas Cazalé en tête. Les scènes hilarantes des faces à faces, dans les villages, entre les clients ‘brut du terroir’ et le jeune épicier qui aimerait être ailleurs. Le réveil au petit matin, après une nuit de sexe, et la gêne qui en résulte entre Antoine, le héros, et Claire, son amie. Le souper qui fait suite au retour du père après son hospitalisation et une ambiance de tension intenable : à chaque fois l’émotion est palpable alors que les dialogues sont réduits au strict minimum.

 

Un film lent et agréable (les deux ne sont pas incompatibles) qui laisse une impression douce-amère au fond du cœur. Chaque acteur campe à sa façon  un certain type de personnalité, mais on doit bien reconnaître que le jeu de chacun est excellent et ne sonne jamais faux.

 

30.08.2007

Peplum

J’ai dû voir mon premier peplum quand j’avais 7 ou 8 ans. A la télé, bien sûr. Le genre était déjà trop démodé pour que je puisse en voir un au cinoche, si si, elle est pas si préhistorique que ça mon enfance ! Ah mais ! Bref.

Enfin en tout cas je l’oublierai jamais mon premier peplum, c’était « La bataille de Marathon » de Jacques Tourneur, sorti en 1960, avec Steve Reeves.

Dès le début du film j’ai même pas eu le temps de me rendre compte, j’étais scotché. Tétanisé. Absorbé. Englouti par ce qui se passait sur l’écran. Les scènes de Jeux olympiques avec Steve Reeves, entouré d’une dizaine d’autres beaux mecs musculeux, un peu moins beaux que lui mais beaux quand même. Et il gagnait. Tout. La course, le javelot, la lutte, la natation , tout.

Curieusement, je n’ai pas bien compris ce qui se passait en moi. Je suis même pas sûr d’avoir été excité sexuellement. Je me souviens seulement d’une impression de fascination totale. Et aussi d’un autre sentiment : ne surtout rien laisser paraître devant mes parents, mes frères et sœurs. Je sentais confusément que j’étais là dans une sorte de « domaine interdit » sur lequel il valait mieux que je ne m’étende pas. Que cette « fascination » pour l’homme magnifique qu’était Steve Reeves, ça allait au-delà de la simple admiration et que… je devais garder tout ça pour moi.

 

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J’ai bien sûr eu l’occasion de revoir le film et d’envisager plus lucidement ses côtés trop  naïfs  et kitschissimes depuis, mais peu importe. Il m’est toujours resté quelque chose de la première impression.

J’ai lu des articles, visité depuis des forums internet, « Steve Reeves était niais… une cacahuète à la place du cerveau… aucun talent…. ses muscles étaient son passeport pour le cinéma… pati, pata, gnagni, gnagna… ». Menfous, menfous, menfous. J’oublierai jamais cet émoi qui m’a pris en le voyant, lui, et aussi cette ambiance subtilement érotique dans le film, de ces beaux mecs qui s’entraînaient entre eux à moitié nus. Ben oui, à l’époque, il y avait pas les calendriers de rugbymen ! Par la suite, quand l’instinct sexuel est devenu plus clair pour moi, je suis moi aussi passé par les conneries habituelles : matage du catalogue de La Redoute (ou des 3 Suisses) à la page des maillots de bains (pour mecs, c’est la peine de préciser… ?) par exemple. Je me souviens plus tard en avoir parlé avec d’autres copains homos qui se sont esclaffés « on l’a tous fait ! » J’étais tout étonné ! Je croyais naïvement être le seul à m’adonner à ce style d’innocente perversion dans mon enfance. LOL.

Les peplums ont longtemps été démodés, ils sont revenus (un peu, pas trop…) au goût du jour il y a quelques années avec Gladiator. J’ai découvert aussi récemment à la télé (eh oui, encore !) Troie, que j’avais raté à sa sortie dans les salles. Même si j’ai grandi et mûri (oh, pas tant que ça…) j’ai conservé certains réflexes disons « esthétiques » de mon enfance. Mais la différence c’est que maintenant je suis mieux équipé pour figer les 'moments forts' (hum) d’un film dans leur perfection :

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(quelle idée ils ont eue d’aller s’entretuer devant les murailles, ces deux-là… y aurait eu tellement mieux à faire en un long face à face….)

Quoi qu’on ait pu dire sur ‘Troie’, je l’ai bien aimé, moi. Bon, d’accord, dans le film, l’histoire donne l’impression de s’écouler sur quatre jours alors que selon l’Iliade le siège de Troie a duré des années. J’ai aussi pleuré de rire en lisant sur un forum qu’il y avait eu une controverse sur le fait que la plupart des acteurs avaient un anglais et un accent trop ‘Shakespeariens’  dans la VO et qu’ils auraient dû avoir un accent grec. Ben voyons. Et pourquoi pas, pour l’authenticité, les faire déclamer en grec ancien aussi…. N’importe quoi.

Au fait, je suis pas fan de peplums. Je tenais à le préciser. La plupart de ceux que j’ai vus par la suite, je les ai trouvés plutôt mièvres et niais… mais bon…. Les émotions d’enfance qui perdurent jusqu’à l’âge adulte, c’est sympa et moi je les cultive. Si vous êtes sages, je vous parlerai un de ces quatre de ma passion pour les « Lassie ». Si, si. Rien ne vous sera épargné, vous dis-je. Rien.

22.08.2007

L'intitulé !

C'est la chanson de Kristen Vigard qui m'avait donné l'idée du nom de ce blog.

Il s'agit de la bande-son de 'Grace of my Heart' de Alison Anders, sorti en 1996 sans faire de grosses vagues. Moi-même, je ne l'avais même pas vu au cinéma, mais un soir à Canal+. C'est un petit film sans prétention, sur l'histoire d'une chanteuse dans les années 1960, qui, n'ayant pas de succès véritable, se résoud à écrire pour les autres. Ileana Douglas, qui joue le rôle principal, est à la fois émouvante et marrante.

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Un très bon souvenir pour moi.