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01/06/2008

Books, libros, Bücher, книги, etc…

Hier après-midi, on a fait une escapade à la Comédie du Livre à Montpellier, qui se tenait, comme son nom l’indique, sur la Place de la Comédie, alias l’Oeuf (pour les initiés).

Trois jours de débats, conférences, expositions photos et surtout de stands de livres en plein air (sous une météo plus que menaçante, mais nous avons échappé aux  premières gouttes, annonciatrices de déluge).

 

 

 

 

J’ai toujours adoré les foires aux livres et les bouquinistes. J’aime farfouiller, retrouver de vieux magazines d’il y a 20 ans, tomber sur un livre de poche écorné : « Tiens, je l’avais emprunté à la bibliothèque quand j’étais en seconde, celui-là ! » essayer de faire des affaires sur de vieux ouvrages de la Pléiade ou, encore mieux, la collection ‘Bouquins’ (je raffole d’anthologies : tel ou tel auteur ou tel ou tel genre), discuter avec le libraire ou le marchand et se trouver des passions communes, ou s’en faire mutuellement découvrir… Dans ces moments-là, je dois toucher à l’exaltation des mecs discutant du dernier –ou du prochain- match de foot,  que j’ai toujours contemplée d’un œil vide et terne en me demandant ce qu’ils pouvaient bien trouver d’intéressant à un sujet aussi chiant….

 

 

 

 

Mis à part les "échoppes" de  vieux livres, de nombreux stands de littérature étrangère avaient spécialement été dressés. En place d'honneur, la Russie, notamment.

Il y avait également un immense chapiteau pour les auteurs français contemporains ‘célèbres’ qui étaient là pour présenter leurs dernières oeuvres : je n’en connaissais pas la moitié, mais j’ai tout de même pu repérer quelques noms affichés, qui m’ont incité à aller loucher sur les gens connus, tel un voyeur. J’ai donc pu ‘rencontrer’ (de loin) Daniel Pennac, Jean François Kahn, Richard Bohringer, Isabelle Alexis, Alexandre Jardin, George FrAiche (encore plus laid en vrai qu’à la télé…), Jean Jacques Bourdin, etc etc.

Ils étaient tous installés côte à côte à de longues tables, et on s’est fait la réflexion qu’il doit être assez humiliant pour un auteur (connu ou pas d’ailleurs, peu importe) de voir des gens défiler sans cesse chez le voisin immédiat alors que le mec (ou la fille) assis à côté poireaute pendant des heures, pour rien, avec sa pile de bouquins invendus et non dédicacés devant lui (ou elle), tout en gardant un air détaché et avenant… ah misère…

 

 

 

 

Au chapiteau des éditeurs, j’ai revu un prof qui était dans le même lycée que moi dans le Nord, il y a très longtemps, l’année de ma première mutation. Il n’y était resté qu’un an en même temps que moi d’ailleurs, il s’était très vite recyclé. Comme il est vaguement connu, j’avais suivi (de loin) son évolution, et je savais qu’il était descendu par la suite sur Montpellier. Je me suis attardé à feuilleter les bouquins qu’il présentait, mais apparemment il ne m’a pas reconnu. TiNours qui l’épiait aussi m’a dit que lui ne m’avait pas vu car pas vraiment regardé (me faire ça à MOI !). Peu importe d’ailleurs… Je préfère qu’il en soit ainsi… Comme tout bon pédé, il a des antennes et lors de ma première année d’enseignement, il m’avait fait chier, mais chier, à venir sans cesse, chaussé de ses gros sabots, m’asticoter avec ses allusions fines comme du gros sel dans une poivrière marquée « Sucre »… Je vous dis que ça… Bref, une ombre du passé, à oublier.

 

 

 

 

Mais les voies de l’écriture et de la littérature, comme celles du Seigneur, sont impénétrables. Les sentiers du passé rejoignent ceux de l’avenir ! Au stand des ‘jeunes écrivains’, en revanche, je suis tombé sur un autre prof, de mon lycée actuel, celui-ci, à qui j’ai fait un grand sourire. Je savais qu’il écrivait à ses moments perdus mais je ne savais pas qu’il était présent à cette « Comédie du Livre » pour présenter son premier ouvrage, un roman un peu ésotérique qui se passe en partie en Europe et en partie en Amérique du Sud pendant la 2° Guerre Mondiale. Un jeune inspecteur de police qui part en Argentine, puis au Chili,  sur les traces de l’assassin de son grand père, soixante ans plus tôt.

Il m'a rédigé une dédicace personnalisée, bien gentiment. TiNours l’a trouvé très séduisant, aussi. Ben quoi… ? L’amour de la littérature et le charme des beaux hommes peuvent composer une alchimie très subtile et agréable…

 

 

 

 

Je dois à la vérité de dire aussi que l’ex-prof recyclé dans l'édition, lui, n’était pas beau du tout, et ne l’a jamais été. MAIS ! Ce style de considération bassement esthétique est purement annexe…

 

 

 

 

On est rentrés alors que l’orage menaçait de plus en plus. Un très bon moment, et mon stock d’ouvrages à lire s’enrichit. J’en viendrai bien à bout d’ici la fin de l’été (surtout  avec une météo pareille…)

 

 

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17:49 Publié dans Livre, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4)

02/04/2008

The Kite Runner

 

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Afghanistan, 1973. Amir a 11 ans, il est le fils unique d’un riche négociant de Kabul. Sa mère est morte en lui donnant naissance, et il entretient avec son père des rapports conflictuels, oscillant sans cesse entre d’une part l’adoration pour ce « Baba » fort, respecté de tous, droit, autoritaire, et d’autre part une forme de tension sourde entre eux, car Amir, sensible, rêveur,  aimant se réfugier dans les livres, amateur de lettres, est à l’opposé du fils sûr de lui, charismatique, bagarreur et sportif que son père aurait aimé avoir.

 

Hassan est le fils d’Ali, serviteur dans la maison de Baba et Amir. Lui aussi est orphelin de mère, mais parce que la sienne s’est enfuie 1447285902.jpgjuste après sa naissance. A quelques mois près, lui et Amir ont le même âge. Ils sont amis, partagent une passion commune pour les histoires, écrites ou racontées, les secrets d’enfants, les farces de gamins, et, surtout, pour les compétitions de cerfs-volants. Chaque hiver, les enfants de la ville envoient ces jouets dans le ciel et, au terme d’une bataille acharnée où les vaincus s’abattent les uns après les autres, le vainqueur, possesseur de l’unique cerf-volant qui aura pu se maintenir en l’air, est couronné. La récupération des ‘trophées’ tombés ici et là dans le labyrinthe des ruelles de Kaboul est aussi source de luttes âpres.

 

879992966.jpgAmir et Hassan sont complices, amis, unis, et pourtant tout les sépare. Amir est le fils du maître, Hassan celui du serviteur. Amir sait lire et va à l’école, Hassan doit aider son père aux tâches ménagères et, illettré, il doit se contenter d’écouter les histoires que veut bien lui lire son ami. Amir est quelquefois malmené par d’autres gamins, et Hassan n’hésite jamais à le protéger, le défendre. Mais surtout, dans un pays où le sentiment tribal est exacerbé, Amir est Pashtun et Hassan Hazara, une ethnie minoritaire méprisée par les Pashtuns, qui ont peur de voir polluer la pureté de leur sang par des mélanges avec des "castes" inférieures.

Les relations entre les deux garçons sont fortes et pures, et pourtant ambiguës. Amir, tout en considérant Hassan comme son meilleur ami, n'admet jamais ouvertement cette amitié devant les autres enfants Pashtuns. Lorsqu’il joue avec lui, c’est toujours seul à seul. Les tabous imposés par les distances inter-ethniques sont les plus forts. Tout en prenant plaisir à lui lire des histoires, il aime ce sentiment de puissance que lui confère l’illettrisme d’Hassan et il en joue même parfois, avec un sadisme enfantin. Mais il le console aussi, lorsque les autres se moquent de sa mère à la réputation sulfureuse, qu’il n’a jamais connue puisqu’elle s’est enfuie peu après lui avoir donné la vie. Hassan, lui, est le compagnon loyal, dévoué à jamais, qui traverserait le feu pour son maître, pour son ami. Lorsqu’ils se font attaquer par des garçons plus âgés du voisinage, il les met en fuite avec sa fronde et son courage. Il ne cesse de louer Amir pour ses talents de conteur, puis d’écrivain, car Amir découvre très tôt qu’il a un don pour créer, inventer et écrire des histoires. Un don que son père méprise.

 

Lors d’un tournoi de cerfs-volants, au terme d’une bataille qui dure toute une journée, Amir remporte la victoire finale avec l’aide de son1708572681.jpg ami. Hassan lui conseille d’aller rejoindre,  remercier la foule qui l’acclame, ainsi que Baba qui pour une fois éprouve de la fierté envers son fils, vainqueur de la compétition. Pendant ce temps, Hassan se chargera d’aller récupérer leur trophée, le dernier cerf-volant qu’ils ont réussi à abattre. Mais, étreint par un pressentiment lancinant, Amir s’arrache très vite aux félicitations et part à la recherche de son ami, dans le méandre de ruelles tortueuses de la ville. Et c’est à ce moment-là que leurs vies basculent, qu’on leur arrache leur enfance. Hassan, coincé dans une ruelle perdue, est molesté et violé par trois jeunes voyous Pashtuns. Amir qui arrive quelques secondes plus tard, est le témoin horrifié et muet du drame. Terrorisé, il cède à sa lâcheté d’enfant trop faible et demeure caché sans oser intervenir d’une façon ou d’une autre pour aider Hassan.

 

1902461715.jpgLe viol, mais plus encore, la veulerie d’Amir ce jour-là auront un impact dramatique sur la vie des deux enfants. Aucun des deux ne parle à personne de ce qui s’est passé, mais surtout, ils n’aborderont jamais le sujet entre eux. Après quelques semaines de convalescence, Hassan essaie timidement de renouer le contact avec son ami. Mais Amir, dégoûté de lui-même après sa trahison, se met à exorciser son sentiment de culpabilité en le transformant en agressivité envers Hassan. Il refuse de le voir, il ne veut plus jouer avec lui. Et l’injustice de sa propre réaction ne fait qu’attiser le sentiment de répulsion que son ami lui inspire. Confusément, il sent, il croit qu’il ne se débarrassera de sa culpabilité qu’en se débarrassant d’Hassan. Il a alors recours à un stratagème ignoble, qu’il regrettera toute sa vie : il dissimule dans la maison, dans le lit de son serviteur, une montre et de l’argent qui lui avaient été offerts pour son anniversaire, et fait mention du larcin à Baba, son père.

Mais aucune fouille n’a le temps de s’organiser : Fiers et dignes, Ali et Hassan viennent rapporter chez leurs maîtres l’objet du délit. Et, lors d’une terrible confrontation où les deux pères et leurs fils se retrouvent face à face, lorsque Baba interroge Hassan et lui demande s’il est vraiment le voleur, Hassan répond « oui » sans hésiter. Un faux aveu qui est immédiatement confirmé par son père. Et, contre l’avis de Baba qui pourtant, sans connaître le fin mot de l’histoire, serait, lui, prêt à pardonner, Ali et Hassan déclarent qu’ils doivent quitter la maison pour ne plus y revenir. La vie d’Amir vole alors définitivement en éclats. Sa lâcheté, une dernière fois,  l’empêche alors de confesser la vérité. Mais, à travers la fenêtre, en regardant partir le meilleur ami qu’il ait jamais eu, qu’il n’aura jamais, il comprend qu’il a déposé sur ses propres épaules le fardeau d’une faute que sa vie entière ne suffira pas à expier.

 

L’histoire va toujours plus vite que le cœur des hommes : dans les mois qui suivent, les Russes envahissent l’Afghanistan, et Amir et son père sont contraints de s’enfuir de leur pays natal, pour entamer un long périple dangereux qui, en passant par le Pakistan, les conduira608636220.JPG en Amérique où ils passeront des années. Cependant, dans la tourmente et la douleur de leurs vies détruites et reconstruites, Amir n’oubliera jamais Hassan. Il ne saura  jamais ce qu’il est devenu, jusqu’au jour où, bien des années plus tard, adulte et marié, il recevra chez lui le coup de fil de Rahim Khan, un vieil ami de son père, vieil ami qui est resté au pays malgré l’invasion russe, et plus tard malgré la tyrannie des Talibans. Et, depuis l’autre bout de la Terre, Amir entendra Rahim Khan lui dire : ‘Il y a un moyen de te racheter’. Il y a un moyen.

 

 

Je ne raconterai pas la deuxième partie du livre au cas où certains auraient envie de le lire. Il serait dommage de dévoiler la fin. Je tenais à faire ce résumé partiel (même si un peu longuet !) parce que ce roman m’a vraiment accroché et remué. Hélas, apparemment le film n'a pas eu suffisamment de succès à sa sortie (sur ma région en tout cas) pour tenir plus d'une semaine et me laisser le temps d'aller le voir. Je me suis contenté d'aller piquer les images sur internet et YouTube. Mais, pour en revenir au livre, les thèmes de la trahison, du non-dit, du mensonge, du regret, s’y entremêlent d’une façon  inextricable et douloureuse. Résumé en quelques lignes par ses actions, le personnage principal peut apparaître méprisable et détestable. Et pourtant, c’est là tout l’art de l’auteur, Khaled Hosseini : le lecteur se 1116170440.jpgsent lié à Amir, et peut comprendre ses sentiments, et les motivations, les tourments de son pauvre cœur d’enfant trop lâche. Les relations difficiles avec le père, pendant l’enfance surtout, mais aussi par la suite, lors de son adolescence en Amérique, sont suggérées avec beaucoup de subtilité. Le lourd poids du racisme entre ethnies opposées, qui pèse comme une malédiction sur la civilisation afghane, l’incroyable imperméabilité instaurée entre les hommes et les femmes (qui perdure jusqu’en Amérique, chez les immigrés), la douleur de se sentir méprisé dans ses aspirations professionnelles, par une société qui exalte la virilité (pour les hommes) ou la bienséance (pour les femmes) de certains choix, les névroses profondes que peut engendrer une certaine forme de fanatisme religieux, tous ces éléments font qu’on ressent durement et profondément la douleur d’un peuple meurtri, trompé, martyrisé, jusque parmi ses ressortissants apatrides.

 

Curieusement, alors qu’à la télévision ou dans les journaux, les flashes d’actualité, les reportages, les photos même, nous laissent un peu blasés et insensibles (moi en tout cas, je l’avoue avec un peu de honte), le fait d’aborder par le biais du livre le problème de l’invasion russe et des horreurs engendrées par le détestable joug Taliban m’ont ému et fait réagir. Et je dois dire qu’en ces jours où l’on discute beaucoup sur l’opportunité d’envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan, mon avis sur la question est beaucoup plus mitigé qu’il ne l’aurait été il y a quelques semaines. Bien sûr, on s’enfonce dans une guerre d’usure peut-être perdue d’avance, et l’Occident a peu de chances de sortir vainqueur et de refaire naître la démocratie là-bas. Mais existe-t-il une autre alternative raisonnable. Sachant que les solutions diplomatiques ne sont pas envisageables devant des troupes de brutes fanatiques, peut-on baisser les bras et abandonner à leur sort un peuple de civils innocents et martyrisés. En avons-nous le droit. Pouvons-nous les oublier. Le pouvons-nous.

 

 

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15/01/2008

Les anniversaires, suite et fin !

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Aujourd’hui, en allumant la radio, j’ai entendu que les Schtroumphs fêtent leur anniversaire, comme moi il y a 5 jours. Ca crée des liens, LOL...

Ils ont 50 ans. Moi pas ! (Vos gueules, les mouettes...)

 

 

J’ai toujours bien aimé les Schtroumphs en général, et les BD de Peyo en particulier. C’est 5d434e606fae1e529bdd778b441062f7.jpgbeaucoup moins connu, mais j’ai aussi toute la collection des ‘Johann et Pirlouit’, deux personnages sympas d’une série antérieure, et d’ailleurs c’est dans un de leurs albums (« La Flûte à six Schtroumphs ») que les Schtroumphs sont apparus pour la première fois, en 1958.

 

 

C’est une série sympa pour les enfants bien sûr, mais en même temps remplie de petits clins d’œil historiques qui font que ça peut être un régal pour les plus grands aussi. Par exemple, Peyo, qui comme chacun sait est Belge, a aussi fait une critique implicite des disputes entre les Wallons et les Flamands dans « Schtroumph Vert et Vert Schtroumph » paru en 1978. La dispute est hélas toujours plus d’actualité que jamais.

 

 

Bon anniversaire aux p’tits Schtroumphs.

 

 

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19:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Anniversaire, Schtroumphs, Peyo, BD