01.06.2008
Books, libros, Bücher, книги, etc…
Hier après-midi, on a fait une escapade à la Comédie du Livre à Montpellier, qui se tenait, comme son nom l’indique, sur la Place de la Comédie, alias l’Oeuf (pour les initiés).
Trois jours de débats, conférences, expositions photos et surtout de stands de livres en plein air (sous une météo plus que menaçante, mais nous avons échappé aux premières gouttes, annonciatrices de déluge).
J’ai toujours adoré les foires aux livres et les bouquinistes. J’aime farfouiller, retrouver de vieux magazines d’il y a 20 ans, tomber sur un livre de poche écorné : « Tiens, je l’avais emprunté à la bibliothèque quand j’étais en seconde, celui-là ! » essayer de faire des affaires sur de vieux ouvrages de la Pléiade ou, encore mieux, la collection ‘Bouquins’ (je raffole d’anthologies : tel ou tel auteur ou tel ou tel genre), discuter avec le libraire ou le marchand et se trouver des passions communes, ou s’en faire mutuellement découvrir… Dans ces moments-là, je dois toucher à l’exaltation des mecs discutant du dernier –ou du prochain- match de foot, que j’ai toujours contemplée d’un œil vide et terne en me demandant ce qu’ils pouvaient bien trouver d’intéressant à un sujet aussi chiant….
Mis à part les "échoppes" de vieux livres, de nombreux stands de littérature étrangère avaient spécialement été dressés. En place d'honneur, la Russie, notamment.
Il y avait également un immense chapiteau pour les auteurs français contemporains ‘célèbres’ qui étaient là pour présenter leurs dernières oeuvres : je n’en connaissais pas la moitié, mais j’ai tout de même pu repérer quelques noms affichés, qui m’ont incité à aller loucher sur les gens connus, tel un voyeur. J’ai donc pu ‘rencontrer’ (de loin) Daniel Pennac, Jean François Kahn, Richard Bohringer, Isabelle Alexis, Alexandre Jardin, George FrAiche (encore plus laid en vrai qu’à la télé…), Jean Jacques Bourdin, etc etc.
Ils étaient tous installés côte à côte à de longues tables, et on s’est fait la réflexion qu’il doit être assez humiliant pour un auteur (connu ou pas d’ailleurs, peu importe) de voir des gens défiler sans cesse chez le voisin immédiat alors que le mec (ou la fille) assis à côté poireaute pendant des heures, pour rien, avec sa pile de bouquins invendus et non dédicacés devant lui (ou elle), tout en gardant un air détaché et avenant… ah misère…
Au chapiteau des éditeurs, j’ai revu un prof qui était dans le même lycée que moi dans le Nord, il y a très longtemps, l’année de ma première mutation. Il n’y était resté qu’un an en même temps que moi d’ailleurs, il s’était très vite recyclé. Comme il est vaguement connu, j’avais suivi (de loin) son évolution, et je savais qu’il était descendu par la suite sur Montpellier. Je me suis attardé à feuilleter les bouquins qu’il présentait, mais apparemment il ne m’a pas reconnu. TiNours qui l’épiait aussi m’a dit que lui ne m’avait pas vu car pas vraiment regardé (me faire ça à MOI !). Peu importe d’ailleurs… Je préfère qu’il en soit ainsi… Comme tout bon pédé, il a des antennes et lors de ma première année d’enseignement, il m’avait fait chier, mais chier, à venir sans cesse, chaussé de ses gros sabots, m’asticoter avec ses allusions fines comme du gros sel dans une poivrière marquée « Sucre »… Je vous dis que ça… Bref, une ombre du passé, à oublier.
Mais les voies de l’écriture et de la littérature, comme celles du Seigneur, sont impénétrables. Les sentiers du passé rejoignent ceux de l’avenir ! Au stand des ‘jeunes écrivains’, en revanche, je suis tombé sur un autre prof, de mon lycée actuel, celui-ci, à qui j’ai fait un grand sourire. Je savais qu’il écrivait à ses moments perdus mais je ne savais pas qu’il était présent à cette « Comédie du Livre » pour présenter son premier ouvrage, un roman un peu ésotérique qui se passe en partie en Europe et en partie en Amérique du Sud pendant la 2° Guerre Mondiale. Un jeune inspecteur de police qui part en Argentine, puis au Chili, sur les traces de l’assassin de son grand père, soixante ans plus tôt.
Il m'a rédigé une dédicace personnalisée, bien gentiment. TiNours l’a trouvé très séduisant, aussi. Ben quoi… ? L’amour de la littérature et le charme des beaux hommes peuvent composer une alchimie très subtile et agréable…
Je dois à la vérité de dire aussi que l’ex-prof recyclé dans l'édition, lui, n’était pas beau du tout, et ne l’a jamais été. MAIS ! Ce style de considération bassement esthétique est purement annexe…
On est rentrés alors que l’orage menaçait de plus en plus. Un très bon moment, et mon stock d’ouvrages à lire s’enrichit. J’en viendrai bien à bout d’ici la fin de l’été (surtout avec une météo pareille…)

17:49 Publié dans Livre, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02.04.2008
The Kite Runner

Afghanistan, 1973. Amir a 11 ans, il est le fils unique d’un riche négociant de Kabul. Sa mère est morte en lui donnant naissance, et il entretient avec son père des rapports conflictuels, oscillant sans cesse entre d’une part l’adoration pour ce « Baba » fort, respecté de tous, droit, autoritaire, et d’autre part une forme de tension sourde entre eux, car Amir, sensible, rêveur, aimant se réfugier dans les livres, amateur de lettres, est à l’opposé du fils sûr de lui, charismatique, bagarreur et sportif que son père aurait aimé avoir.
Hassan est le fils d’Ali, serviteur dans la maison de Baba et Amir. Lui aussi est orphelin de mère, mais parce que la sienne s’est enfuie
juste après sa naissance. A quelques mois près, lui et Amir ont le même âge. Ils sont amis, partagent une passion commune pour les histoires, écrites ou racontées, les secrets d’enfants, les farces de gamins, et, surtout, pour les compétitions de cerfs-volants. Chaque hiver, les enfants de la ville envoient ces jouets dans le ciel et, au terme d’une bataille acharnée où les vaincus s’abattent les uns après les autres, le vainqueur, possesseur de l’unique cerf-volant qui aura pu se maintenir en l’air, est couronné. La récupération des ‘trophées’ tombés ici et là dans le labyrinthe des ruelles de Kaboul est aussi source de luttes âpres.
Amir et Hassan sont complices, amis, unis, et pourtant tout les sépare. Amir est le fils du maître, Hassan celui du serviteur. Amir sait lire et va à l’école, Hassan doit aider son père aux tâches ménagères et, illettré, il doit se contenter d’écouter les histoires que veut bien lui lire son ami. Amir est quelquefois malmené par d’autres gamins, et Hassan n’hésite jamais à le protéger, le défendre. Mais surtout, dans un pays où le sentiment tribal est exacerbé, Amir est Pashtun et Hassan Hazara, une ethnie minoritaire méprisée par les Pashtuns, qui ont peur de voir polluer la pureté de leur sang par des mélanges avec des "castes" inférieures.
Les relations entre les deux garçons sont fortes et pures, et pourtant ambiguës. Amir, tout en considérant Hassan comme son meilleur ami, n'admet jamais ouvertement cette amitié devant les autres enfants Pashtuns. Lorsqu’il joue avec lui, c’est toujours seul à seul. Les tabous imposés par les distances inter-ethniques sont les plus forts. Tout en prenant plaisir à lui lire des histoires, il aime ce sentiment de puissance que lui confère l’illettrisme d’Hassan et il en joue même parfois, avec un sadisme enfantin. Mais il le console aussi, lorsque les autres se moquent de sa mère à la réputation sulfureuse, qu’il n’a jamais connue puisqu’elle s’est enfuie peu après lui avoir donné la vie. Hassan, lui, est le compagnon loyal, dévoué à jamais, qui traverserait le feu pour son maître, pour son ami. Lorsqu’ils se font attaquer par des garçons plus âgés du voisinage, il les met en fuite avec sa fronde et son courage. Il ne cesse de louer Amir pour ses talents de conteur, puis d’écrivain, car Amir découvre très tôt qu’il a un don pour créer, inventer et écrire des histoires. Un don que son père méprise.
Lors d’un tournoi de cerfs-volants, au terme d’une bataille qui dure toute une journée, Amir remporte la victoire finale avec l’aide de son
ami. Hassan lui conseille d’aller rejoindre, remercier la foule qui l’acclame, ainsi que Baba qui pour une fois éprouve de la fierté envers son fils, vainqueur de la compétition. Pendant ce temps, Hassan se chargera d’aller récupérer leur trophée, le dernier cerf-volant qu’ils ont réussi à abattre. Mais, étreint par un pressentiment lancinant, Amir s’arrache très vite aux félicitations et part à la recherche de son ami, dans le méandre de ruelles tortueuses de la ville. Et c’est à ce moment-là que leurs vies basculent, qu’on leur arrache leur enfance. Hassan, coincé dans une ruelle perdue, est molesté et violé par trois jeunes voyous Pashtuns. Amir qui arrive quelques secondes plus tard, est le témoin horrifié et muet du drame. Terrorisé, il cède à sa lâcheté d’enfant trop faible et demeure caché sans oser intervenir d’une façon ou d’une autre pour aider Hassan.
Le viol, mais plus encore, la veulerie d’Amir ce jour-là auront un impact dramatique sur la vie des deux enfants. Aucun des deux ne parle à personne de ce qui s’est passé, mais surtout, ils n’aborderont jamais le sujet entre eux. Après quelques semaines de convalescence, Hassan essaie timidement de renouer le contact avec son ami. Mais Amir, dégoûté de lui-même après sa trahison, se met à exorciser son sentiment de culpabilité en le transformant en agressivité envers Hassan. Il refuse de le voir, il ne veut plus jouer avec lui. Et l’injustice de sa propre réaction ne fait qu’attiser le sentiment de répulsion que son ami lui inspire. Confusément, il sent, il croit qu’il ne se débarrassera de sa culpabilité qu’en se débarrassant d’Hassan. Il a alors recours à un stratagème ignoble, qu’il regrettera toute sa vie : il dissimule dans la maison, dans le lit de son serviteur, une montre et de l’argent qui lui avaient été offerts pour son anniversaire, et fait mention du larcin à Baba, son père.
Mais aucune fouille n’a le temps de s’organiser : Fiers et dignes, Ali et Hassan viennent rapporter chez leurs maîtres l’objet du délit. Et, lors d’une terrible confrontation où les deux pères et leurs fils se retrouvent face à face, lorsque Baba interroge Hassan et lui demande s’il est vraiment le voleur, Hassan répond « oui » sans hésiter. Un faux aveu qui est immédiatement confirmé par son père. Et, contre l’avis de Baba qui pourtant, sans connaître le fin mot de l’histoire, serait, lui, prêt à pardonner, Ali et Hassan déclarent qu’ils doivent quitter la maison pour ne plus y revenir. La vie d’Amir vole alors définitivement en éclats. Sa lâcheté, une dernière fois, l’empêche alors de confesser la vérité. Mais, à travers la fenêtre, en regardant partir le meilleur ami qu’il ait jamais eu, qu’il n’aura jamais, il comprend qu’il a déposé sur ses propres épaules le fardeau d’une faute que sa vie entière ne suffira pas à expier.
L’histoire va toujours plus vite que le cœur des hommes : dans les mois qui suivent, les Russes envahissent l’Afghanistan, et Amir et son père sont contraints de s’enfuir de leur pays natal, pour entamer un long périple dangereux qui, en passant par le Pakistan, les conduira en Amérique où ils passeront des années. Cependant, dans la tourmente et la douleur de leurs vies détruites et reconstruites, Amir n’oubliera jamais Hassan. Il ne saura jamais ce qu’il est devenu, jusqu’au jour où, bien des années plus tard, adulte et marié, il recevra chez lui le coup de fil de Rahim Khan, un vieil ami de son père, vieil ami qui est resté au pays malgré l’invasion russe, et plus tard malgré la tyrannie des Talibans. Et, depuis l’autre bout de la Terre, Amir entendra Rahim Khan lui dire : ‘Il y a un moyen de te racheter’. Il y a un moyen.
Je ne raconterai pas la deuxième partie du livre au cas où certains auraient envie de le lire. Il serait dommage de dévoiler la fin. Je tenais à faire ce résumé partiel (même si un peu longuet !) parce que ce roman m’a vraiment accroché et remué. Hélas, apparemment le film n'a pas eu suffisamment de succès à sa sortie (sur ma région en tout cas) pour tenir plus d'une semaine et me laisser le temps d'aller le voir. Je me suis contenté d'aller piquer les images sur internet et YouTube. Mais, pour en revenir au livre, les thèmes de la trahison, du non-dit, du mensonge, du regret, s’y entremêlent d’une façon inextricable et douloureuse. Résumé en quelques lignes par ses actions, le personnage principal peut apparaître méprisable et détestable. Et pourtant, c’est là tout l’art de l’auteur, Khaled Hosseini : le lecteur se
sent lié à Amir, et peut comprendre ses sentiments, et les motivations, les tourments de son pauvre cœur d’enfant trop lâche. Les relations difficiles avec le père, pendant l’enfance surtout, mais aussi par la suite, lors de son adolescence en Amérique, sont suggérées avec beaucoup de subtilité. Le lourd poids du racisme entre ethnies opposées, qui pèse comme une malédiction sur la civilisation afghane, l’incroyable imperméabilité instaurée entre les hommes et les femmes (qui perdure jusqu’en Amérique, chez les immigrés), la douleur de se sentir méprisé dans ses aspirations professionnelles, par une société qui exalte la virilité (pour les hommes) ou la bienséance (pour les femmes) de certains choix, les névroses profondes que peut engendrer une certaine forme de fanatisme religieux, tous ces éléments font qu’on ressent durement et profondément la douleur d’un peuple meurtri, trompé, martyrisé, jusque parmi ses ressortissants apatrides.
Curieusement, alors qu’à la télévision ou dans les journaux, les flashes d’actualité, les reportages, les photos même, nous laissent un peu blasés et insensibles (moi en tout cas, je l’avoue avec un peu de honte), le fait d’aborder par le biais du livre le problème de l’invasion russe et des horreurs engendrées par le détestable joug Taliban m’ont ému et fait réagir. Et je dois dire qu’en ces jours où l’on discute beaucoup sur l’opportunité d’envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan, mon avis sur la question est beaucoup plus mitigé qu’il ne l’aurait été il y a quelques semaines. Bien sûr, on s’enfonce dans une guerre d’usure peut-être perdue d’avance, et l’Occident a peu de chances de sortir vainqueur et de refaire naître la démocratie là-bas. Mais existe-t-il une autre alternative raisonnable. Sachant que les solutions diplomatiques ne sont pas envisageables devant des troupes de brutes fanatiques, peut-on baisser les bras et abandonner à leur sort un peuple de civils innocents et martyrisés. En avons-nous le droit. Pouvons-nous les oublier. Le pouvons-nous.

19:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, roman, khaled hosseini
15.01.2008
Les anniversaires, suite et fin !
Aujourd’hui, en allumant la radio, j’ai entendu que les Schtroumphs fêtent leur anniversaire, comme moi il y a 5 jours. Ca crée des liens, LOL...
Ils ont 50 ans. Moi pas ! (Vos gueules, les mouettes...)
J’ai toujours bien aimé les Schtroumphs en général, et les BD de Peyo en particulier. C’est
beaucoup moins connu, mais j’ai aussi toute la collection des ‘Johann et Pirlouit’, deux personnages sympas d’une série antérieure, et d’ailleurs c’est dans un de leurs albums (« La Flûte à six Schtroumphs ») que les Schtroumphs sont apparus pour la première fois, en 1958.
C’est une série sympa pour les enfants bien sûr, mais en même temps remplie de petits clins d’œil historiques qui font que ça peut être un régal pour les plus grands aussi. Par exemple, Peyo, qui comme chacun sait est Belge, a aussi fait une critique implicite des disputes entre les Wallons et les Flamands dans « Schtroumph Vert et Vert Schtroumph » paru en 1978. La dispute est hélas toujours plus d’actualité que jamais.
Bon anniversaire aux p’tits Schtroumphs.

19:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Anniversaire, Schtroumphs, Peyo, BD
04.01.2008
Blogue-Fiction
Je viens de terminer le 7° et dernier tome d’une série d’ « Heroic Fantasy » que j’avais démarrée il y a bien longtemps, mais dont il me manquait les deux derniers volumes, que TiNours m’a offerts à Noël.
La saga des Hommes-Dieux, de Philip José Farmer, est de prime abord une série de romans d'aventure, qui s'attache à faire vivre au lecteur un superbe dépaysement et pose une question cruciale : l'homme pourrait-il supporter à l'accès à la toute puissance ?
Les héros de la saga vivent des aventures dans des mondes dont la structure est très souvent une entorse aux lois physiques de notre univers. Ces mondes, contenus dans des univers clos et quasiment hermétiques à leurs voisins, sont le fruit de l'imagination et de la science des Thoans ou Seigneurs. Cette race, d'apparence humaine et âgée de quelques centaines de milliers d'années, a vu ses représentants jouer le rôle de dieux puis, progressivement, se pervertir, du fait de leur trop grande longévité. Devenus des êtres incroyablement vaniteux, arrogants et d'une froide cruauté, ils n'en conservent pas moins, en raison de leur formidable avance technologique, leur statut quasi divin, qui contraste de façon éclatante avec leur nature purement humaine et surtout, avec leur méchanceté puérile. L'immortalité ne leur a pas apporté la sagesse. Bien qu'ils soient les pères de toutes les races de créatures vivantes dans les "cosmos privés", cela ne les a pas empêché de les affubler d'une forme souvent ridicule, par pur plaisir. Malgré leur faible nombre, ils se livrent une guerre acharnée et inutile.
Les héros de la saga des Hommes-Dieux cherchent à atteindre des objectifs autrement plus importants que cette guerre mesquine, aussi n'entrent-ils jamais de leur plein gré dans le jeu des Thoans. Ils s'en voient néanmoins contraints, par leur errance de monde en monde, et doivent ainsi échapper aux pièges complexes des Seigneurs.
Ces héros sont, principalement, Wolff (ou Jadawin, son nom Thoan), un demi-Dieu qui s’est humanisé après une perte de mémoire et un séjour d’une quarantaine d’années sur la Terre avant qu’il ne revienne sur son univers d’origine. Kickaha (ou Paul Janus Finnegan, selon son identité terrienne), un homme qui est passé un jour par hasard dans le monde de Jadawin et qui, ayant vécu par la suite toute une série d’aventures, a décidé de ne pas revenir sur Terre. Anania est une demi-déesse, sœur de Jadawin, qui au cours d’une aventure, a rencontré Kickaha et est devenue plus humaine, elle aussi, par amour. Elle partage les aventures de son amant.
Il existe de nombreux autres personnages (notamment Orc le Rouge, un demi-Dieu puissant, intelligent et cruel, acharné à la perte de Kickaha et Anania) qui surgissent au fil des péripéties relatées dans la saga, demeurent pendant quelques centaines de pages, et périssent la plupart du temps.
Les deux premiers tomes, que j’avais lus il y a bien longtemps (« Le faiseur d’univers » et « Les portes de la création ») m’avaient littéralement fasciné. Mais il est vrai que l’intérêt s’émousse vite. Si je suis allé jusqu’à la fin du dernier volume, c’était vraiment par curiosité sur ce qui allait advenir des héros. Farmer excelle pour relater des combats, des batailles au corps à corps, dans la description d’obstacles insurmontables et la façon dont les héros parviennent à les vaincre, en mettant en œuvre d’incroyables capacités physiques, intellectuelles, ainsi qu’une résistance et une opiniâtreté à toute épreuve. Un lecteur amateur de ce style de choses émergera de là les tempes bourdonnantes, mais amplement satisfait. Toutefois, je me suis assez vite fatigué de cela parce qu’à trop vouloir faire lutter et se bagarrer les mecs (ainsi que les femmes d’ailleurs, surtout Anania), on en perd un peu le fil conducteur. Quantité de questions qui ont été ouvertes au début restent sans réponse. Wolff et sa femme Chryséis disparaissent à la fin du second tome, et on ne les revoit jamais par la suite, (il y a seulement une rapide conversation téléphonique entre lui et Kickaha dans le tome 4 « Les Murs de la Terre ») : on n’apprend jamais ce qu’il est advenu d’eux par la suite. L’origine de Kickaha demeure mystérieuse. Il avait été adopté par un couple de paysans sur Terre, mais plusieurs fois l’auteur laisse sous-entendre qu’il pourrait bien être le fils naturel de son pire ennemi, Orc le Rouge. Là aussi, on ne saura jamais ce qu’il en est. Anania perd la mémoire dans l’avant-dernier tome, ce qui la fait se détacher de Kickaha, mais on ne sait pas comment il pourra la reconquérir. Tous ces détails sont oubliés au profit de récits interminables des épreuves que doivent traverser les personnages principaux. On sent que Farmer s’amuse beaucoup plus dans ce domaine-là plutôt qu'à s'étendre dans les subtilités psychologiques ou les énigmes dont il faudrait donner la solution finale.
Indépendamment de cet aspect qui m’a ennuyé, il n’en reste pas moins que la série des romans est basée sur un postulat fascinant : il a été possible à une époque pour les Seigneurs, ou Thoans, de se créer des « mondes », des « univers » personnels. La Terre et le système solaire en sont un, par exemple. On apprend dans le tome 3 qu’il n’y aurait strictement rien au-delà de l’orbite de Pluton. En revanche, les univers artificiels créés par les uns ou les autres à une époque reculée permettent une multiplicité de voyages, de découvertes toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Certains mondes sont habités, d’autres pas. Certaines créations ont des lois physiques semblables à celles de notre Terre, sur certaines autres tout est différent (gravité, température, couleur du ciel, présence ou absence d’océans). Certains de ces univers sont hostiles, d’autres hospitaliers. Et pour passer d’un univers à un autre, les héros utilisent des portes, bien sûr dissimulées la plupart du temps, qui ne s’activent que si l’on possède un code spécial, ou si l’on dispose de la fameuse ‘trompe de Shambarimen’ du nom de son créateur, qui permet d’ouvrir n’importe laquelle en jouant une série de 7 notes, pourvu que l’on soit à proximité de la porte en question. C’est évidemment un instrument d’une valeur inestimable, qui excite l’avidité des Seigneurs.
Ce phantasme consistant à changer de monde lorsqu’on est lassé de celui où l’on vit, de pouvoir franchir une porte en laissant tout derrière soi et recommencer une vie complètement différente, dans un univers complètement différent, ça me botte un max.
Par extension, on peut considérer les blogs comme des univers qui sont propres à chaque blogueur. Le parallèle est assez facile. Si on ne peut y modifier la physique et les lois régissant notre Terre, notre vie et notre quotidien, on peut toutefois y décrire le reflet de nous-mêmes, de notre monde interne, des voyages de notre âme. Les « portes » sont franchies en un clic de souris. Il y a moins de risques, bien sûr. On reste derrière son écran quoiqu’il arrive.
C’est un peu une « saga du pauvre » comparée à celle décrite par Farmer, mais elle constitue pourtant un échappatoire bien agréable, par moments. Un peu comme dans un jeu de rôle (la saga farmérienne a d’ailleurs bien évidemment servi de tremplin à des jeux de ce style). On écrit tous sous des pseudos plus ou moins exotiques, soit dit en passant... Mais le seul rôle que l’on endosse en écrivant notre blog, c’est le nôtre.
19:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science fiction, Farmer
23.08.2007
American Psycho
Bret Easton Ellis est un « phénomène littéraire » américain qui a émergé dans les années 80 alors qu’il était très jeune, grâce à la publication de son premier roman, ‘Less than Zero’.
Il a rapidement enchaîné les succès par la suite, à une vitesse rare dans le monde de l’édition.
Personnellement je ne l’ai découvert qu’il y a deux ans, après que ma copine Christine m’a offert un de ses romans les plus célèbres, ‘American Psycho’.

Le bouquin avait fait un petit scandale avant et après sa sortie en 1991, en raison de la violence choquante qu’il véhicule. Comme le titre l’indique, il s’agit de l’histoire d’un psychopathe, Patrick Bateman, à l’époque de la ‘bulle dorée’ de Wall Street, dans les années 80. Le livre se présente sous forme de confession au quotidien du héros, qui se résume très bien lui-même en une seule phrase : « je ne suis plus capable de n’éprouver que deux émotions : l’avidité et le dégoût » . Il est ‘raider’ (courtier) le jour, et la nuit (le plus souvent) c’est un serial killer. Il tue, il torture. Quelquefois sans raison sinon une pulsion irraisonnée (un enfant, un homosexuel qui promène son chien, un clochard, un livreur de pizzas), quelquefois pour assouvir des tendances sexuelles sadiques ou par intérêt (des prostituées, un de ses concurrents sur le marché boursier, une ex-petite amie dont il ne supporte pas qu’elle soit sur le point de se marier avec un autre, bien qu’il ne l’ait plus revue depuis très longtemps).
Ce qui est assez dérangeant surtout, c’est qu’apparemment Bateman n’a aucune raison objective d’osciller entre « l’avidité et le dégoût ». Il est jeune, il est beau, il est riche, il est intelligent et très cultivé. Les frustrations et la folie qui paraissent le pousser à commettre des crimes plus abominables les uns que les autres pourraient résulter d’une enfance malheureuse, ou d’un métier trop aliénant (ce qui est probablement le cas) mais Ellis, même s’il nous donne en effet quelques pistes et indices dans ce sens au fil du livre, n’est visiblement pas intéressé par les causes et les raisons, qu’il n’approfondit jamais. Seuls l’intéressent les conséquences et les impacts des agissements du héros, sur son mental.
Si l’on fait abstraction des scènes de crime et de torture qui parsèment le livre, il faut bien reconnaître que Bateman, malgré ses agissements répugnants, est aussi quelqu’un d’incroyablement passionnant : il sait en un discours lors d’une soirée entre amis résumer tous les problèmes auxquels doit faire face la planète (d’un point de vue écologique, politique, économique, social…), il analyse et décortique brillamment des albums musicaux à succès de stars des années 80 (Genesis, Whitney Houston…), il a des références très précises et claires sur l’Antiquité et la Grèce pour expliquer à sa secrétaire les origines historiques du concept de démocratie. Certaines scènes dans le livre sont aussi très hilarantes, comme celle où il entraîne sa petite amie hors de la soirée qu’elle a organisée un soir de Noël pour « emprunter » la limousine d’un autre invité et se faire conduire dans une boïte où il se disputera avec un autre homme en sniffant de la cocaïne. Ou bien encore une série de coups de fils où les personnages se mettent en attente les uns les autres pour se donner rendez-vous le soir dans un restaurant où finalement ils n’iront jamais, car personne ne parvient jamais à se mettre d’accord avec personne. Bret Easton Ellis fait en effet largement fonctionner dans le livre le ressort du comique en l’appuyant sur les agissements et propos absurdes de cette jeunesse ‘Yuppie’ des années 80 en Amérique, qui tourne à vide sur les moteurs que sont l’argent et le « paraître » , paramètres avec lesquels l’auteur a lui-même largement eu le temps de se familiariser en tant que très jeune écrivain à succès, ‘golden boy’ (parmi tant d’autres) de cette époque.
C’est ce thème qui semble émerger principalement après la première lecture. Ellis abuse en effet ad infinitum d’obsédantes descriptions détaillées de tenues vestimentaires, appareils électroniques, accessoires de mobilier, plats servis dans des restaurants chics, en citant sans ne jamais rien oublier les marques, caractéristiques, particularités de chacun de ces OBJETS. Tous les personnages ne semblent préoccupés que de leur tenue, confort, standing, apparence physique, plaisir, ils vivent dans un monde où tout ne semble être axé que sur l’ego, l’individualisme, la compétition. Les personnages ne communiquent pas, ou très peu. Les dialogues ressemblent plutôt à des monologues se suivant en parallèle, ou personne n’écoute personne. En poussant à l’extrême, on peut même dire que dans le livre, personne ne CONNAIT personne. Les relations entre les protagonistes sont très superficielles. Dans le meilleur des cas, Bateman connaît le nom des gens qu’il côtoie parce qu’ils sont associés à une « fonction ». Il y a la Petite Amie, la Secrétaire, le Détective, le Frère, la Mère (ces deux derniers ne figurant respectivement que dans une seule scène, d’ailleurs). Il y a aussi et surtout une myriade d’autres traders qui ne sont qu’autant de copies anonymes de Patrick Bateman (le côté ‘psychopathe’ en moins, mais qu’en sait-on au fond ?) que le lecteur a beaucoup de mal à distinguer les uns des autres. Entre eux, ils ont tendance à confondre leurs prénoms et leurs noms de famille, et à se confondre les uns avec les autres, parce qu’ils se voient et se côtoient rarement, superficiellement et de façon fugace.
Et à mon avis c’est là un des aspects les plus intéressants du livre, parce que cela pourrait en être une ‘clé’ comme on dit, pour comprendre certaines choses. Ces raiders vivent dans un monde à part, déconnectés qu’ils sont du réel par le luxe de leur vie, l’argent qu’ils dépensent, les lieux qu’ils fréquentent, les alcools et les drogues qu’ils consomment à profusion, et surtout leur égoïsme et leur avidité qui limite incroyablement leur « sphère ». Au lieu de profiter de leur situation privilégiée pour s’ouvrir sur le monde extérieur, ils refusent tout ce qui a trait, de près ou de loin, à ce qu’ils ne connaissent pas (nourriture, alcools –entre autres- suspectés de n’être pas américains) et se replient sur leur monde, leur mode de vie, leur cercle, et pour finir, inexorablement, leur ego. Bien sûr, cette sclérose de leur vie en général, et donc, pour en revenir au personnage principal, de la vie de Patrick Bateman en particulier, pourrait être considérée comme une des causes de la folie meurtrière qui l’habite (au même titre que de possibles traumatismes antérieurs, dans son histoire, dont nous ne savons rien).
Suite à la parution du livre, Bret Easton Ellis s’est défendu contre les critiques de l’aspect affreux et choquant des scènes de meurtre et de torture, en arguant que l’on peut imaginer que Bateman ne fait que PHANTASMER sur ces épisodes et qu’ils n’ont pas réellement lieu. Les récits qu’il en fait ne seraient en fait qu’un exutoire à ses violentes pulsions intérieures, qu’il réussit malgré tout à contenir ainsi. Cela pourrait d’ailleurs expliquer un autre élément du livre qui dérange à la lecture (qui, moi, en tout cas, m’a considérablement dérangé) : au regard du nombre des meurtres et de leur violence particulièrement atroce, il est stupéfiant que le serial killer ne se fasse jamais « pincer ». Il en réchappe toujours. Il parle quelquefois de se débarrasser de cadavres gênants, mais cela se fait toujours sans grande profusion de détails et sans aucune complication. On se demande bien qui nettoie son appartement (certainement pas lui) du sang, des membres et des viscères de ses victimes après les meurtres lorsqu’ils ont lieu chez lui, mais Ellis ne donne pas de détails sur cela non plus. C’est passé sous silence, effectivement comme si les tortures et tueries n’avaient jamais eu lieu, a posteriori.
Après le meurtre (par jalousie) d’un de ses ‘camarades’ raiders, Bateman reçoit effectivement la visite d’un détective privé, mais malgré la terreur qu’il ressent à ce moment-là, il sait donner le change, jouer serré, et donner une totale impression d’innocence. Le détective, s’il avait des soupçons au départ, les voit vite disparaître et cette possibilité que semblait ouvrir le roman sur une éventuelle « punition » du tueur ne fait qu’avorter.
Par la suite, trois fois dans le livre Bateman semble sur le point de se faire prendre. Suite à un meurtre et une course poursuite il s’enferme dans son bureau et, sous la pression, téléphone à un « ami » pour libérer sa conscience. Il tombe sur un répondeur et laisse un message-confession. Mais ce geste reste lettre morte car l’ « ami » en question, lorsqu’il le revoit quelques semaines après, s’esclaffe en lui disant qu’il a trouvé sa plaisanterie très bonne. Bateman, dans un élan de lucidité et de culpabilité, a beau protester, l’ami en question ne veut rien savoir, et (probablement gêné par son insistance à vouloir avouer qu’il est un meurtrier) il le plante là.
Une autre fois, suite à une diffusion de son portrait robot après le meurtre d’un chauffeur de taxi, Bateman est reconnu par un autre chauffeur qui l’emmène dans une zone déserte de la ville. Mais là encore, le lecteur, s’il a faim de justice, est déçu : le chauffeur en question se contente de racketter le héros en lui prenant sa Rolex, et son argent liquide, et en l’assurant qu’il le dénoncera pour meurtre, si lui porte plainte pour ce vol.
Enfin, un autre jour, Bateman revient dans l’un des lieux de ses crimes, l’appartement du courtier qu’il avait assassiné et où il avait pris l’habitude de venir régulièrement, profitant du fait qu’il en avait conservé les clés (malgré le risque évident de ce style de pratique). Et là il rencontre une dame, un agent immobilier qui est en train de faire visiter les lieux à de nouveaux locataires (ou propriétaires) éventuels. La dame en question semble, de toute évidence, deviner très vite (face à l’attitude gênée et bizarre de Bateman) qu’il est en lien direct avec le meurtre du précédent occupant. Mais au lieu d’appeler la police ou de paniquer, elle lui intime fermement l’ordre de ne plus remettre les pieds là. Elle a donc visiblement compris qu’il était le meurtrier, pourtant elle ne l’accuse pas directement, et elle ne donne pas l’alerte.
C’est justement cela qui m’a intéressé pardessus tout dans le livre : pourquoi ces gens là ne dénoncent-ils pas le tueur, pourquoi le livre s’achève-t-il sans conclusion policière, ou mieux, judiciaire ? Une réponse simple (qui a été fournie par l’auteur lui-même) pourrait être que les meurtres dont il est question n’ont tout bêtement pas eu lieu, ce qui simplifie tout.
Mais bon, pourquoi rechercher la simplicité ? Une fois qu’un auteur a mis le point final à son œuvre, il la « lâche dans la nature » et ce qu’elle devient, y compris son interprétation, est laissé au bon vouloir et à l’imagination des lecteurs.
La réponse, d’après moi, à une absence de condamnation du héros est la suivante : Patrick Bateman, le tueur fou, s’est enfermé dans un monde dont il est évidemment victime, mais ce monde là, tout en étant un monde d’aliénation et de faux-semblants, joue aussi pour lui un rôle protecteur.
L’argent du héros ne lui sert pas pour corrompre et s’acheter des protections. Mais l’épisode du chauffeur de taxi montre que, pour une compensation financière dérisoire (la montre et le contenu du portefeuille du héros), l’avidité peut faire qu’un homme se fasse volontairement acheter son silence sur un meurtre. C’est simple et répugnant.
L’ « ami » qui a reçu la confession téléphonique de Bateman confond (volontairement ?) son nom avec celui d’un autre, et occulte ce qui lui a été dit,, parce que c’est gênant, dérangeant, dans leur monde « lisse et propre » et il préfère visiblement assimiler cette confession à l’une des plaisanteries de mauvais goût que les jeunes gens de leur cercle échangent entre eux. C’est plus facile.
Enfin la seule explication possible à l’attitude de l’agent immobilier est qu’elle ne veut pas que la vente (ou la location) de l’appartement dont elle a la charge soit empêchée par une histoire de meurtre et de tueur revenant sur les lieux. Elle ne se démonte pas et ordonne à Bateman de disparaître pour ne plus revenir. Elle aussi évacue donc le problème en l’occultant, pour ne pas faire de vagues et de scandale, et là encore c’est l’appât du profit qui prend le pas sur la justice.
Pour conclure, American Psycho est aussi et surtout la description de la psychose d’une société malade, qui engendre des fous dangereux comme le héros, mais en même temps les laisse prospérer et les protège. Dans le roman, l’absurdité se conjugue avec l’horreur pour nous faire éprouver une épouvante qui va au-delà du dégoût que l’on peut éprouver face aux crimes et aux tortures les plus raffinées. Il y a un degré d’horreur supérieur : celui que l’on ressent devant le déni de la vérité et de la justice, pour privilégier les apparences, les faux-semblants et l’apparente perfection d’un modèle de civilisation qui ne tourne pas rond et va à sa perte. Le lecteur est lui aussi concerné : la fascination que j’ai ressentie pour le héros m’a fait aussi penser que l’on peut devenir, de façon très perverse, dangereuse et insidieuse, un rouage de cette mécanique-là. Tout comme le camarade courtier, l’agent immobilier et le chauffeur de taxi, figurants annexes dans l’histoire mais qui sont toutefois d’une grande importance pour l’avenir du héros et qui sont eux aussi les émanations d’un monde vicié.
Excellent roman donc, que je recommande bien sûr, à tous ceux qui ont les
tripes bien accrochées (pour les scènes d’horreur) mais surtout parce que les thèmes qu’il aborde donnent lieu à des interprétations multiples et intéressantes, et parce qu’il foisonne d’une multitude de références culturelles passionnantes. Le livre a été adapté au cinéma en 2000 par Mary Harron avec Christian Bale dans le rôle principal. Le film est honnête, bien fait, et est dans l’ensemble assez fidèle au livre, toutefois il laisse à mon avis un impact moins durable, et moins de place à la réflexion, parce que les techniques littéraires utilisées avec succès par Bret Easton Ellis (répétitions des descriptions obsessionnelles dans leur détail, caractère obsédant et étouffant de la confession, absurdité risible de certains dialogues, entre autres) ne peuvent pas être réutilisées à l’écran.
13:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Brett Easton Ellis, Patrick Bateman
