29.02.2008
L' "anglélève"
Je l’ai déjà dit et redit plusieurs fois récemment : Dieu sait si je n’aime pas récriminer et me plaindre des étudiants, comme on l’entend souvent faire, genre « Mon Dieu ils sont tous nuls… » ou « Ohlàlà que le niveau baisse… ». J’aime pas ça. Ca fait très Vieux Con et, même si j’en suis un, je n’aime pas FAIRE Vieux Con. Question de principe. Qui plus est, ce n’est pas vrai que les élèves sont tous nuls, il y en a chaque année de très brillants. Ou bien d’autres qui s’efforcent vraiment de surmonter leurs difficultés et qui parviennent à progresser.
L’ennui, c’est que ça n’aurait aucun intérêt que je vous parle des bons ici. Les bons, ils sont sans histoire, alors à part eux-mêmes, leurs parents et le prof, tout le monde s’en fiche de leurs performances. Non, ce qui plaît, c’est les mauvais et leurs bêtises. Les chouchous des lecteurs (ou des spectateurs), ce sont les cancres, qui mettent de l’ambiance.
Je vous proposais l’autre jour une traduction naze en français d’un petit extrait de bac. Il existe l’autre versant du problème : les traductions nazes du français vers l’anglais.
Depuis deux ans, avec une autre copine prof, pour se détendre et déconner un peu entre les cours, on a commencé un « Best of » de ces phrases-là. Bon, entendons-nous bien. On se bidonne, mais c’est pas du mépris vis-à-vis des élèves. Même pas de l’ironie. D’ailleurs il m’est arrivé de ressortir en classe ces « perles » aux élèves eux-mêmes qui se tordaient de rire sur leurs bancs en me disant « Mais c’est pas possible que nous on ait écrit ça !! » Eh ben si, c’est possible.
Alors pour plaisanter un peu aujourd’hui, je vous livre une version expurgée de notre liste de perles, dans l’anglais des élèves, dit « anglélève ». Le jeu, si vous le voulez bien, c’est d’essayer de comprendre ce que l’étudiant voulait dire, en français. Bon, évidemment, seuls les anglicistes pourront jouer, mais je vous assure, pas la peine d’en être un confirmé. Pour y arriver, il suffit d’essayer de traduire mot à mot. Je vous donnerai les solutions dans une note ultérieure. Qui parviendra à faire 11 traductions justes sur 11 ? C’est parti !
1)And if not you does what this evening ? Not large thing and you ? 2)He wants offer flowers at his good liked 3)They had the impression to have been made have 4)They this find at the interior of a station 5)Sense money we are at the street 6)She closed the door behind him and stayed coillet 7)Money not to do the enjoy 8)The binoculars towers 9)You fall battery ! 10)We we are see have some day 11)I do this for do me a few money of pocket 16:49 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : traduction, anglais, prof, élève, bulles
15.11.2007
Histoires de prof...
Avant-hier, j’arrive en retard à la photocopieuse, pour une série de copies d’un texte dont j’ai un besoin urgent pour mon cours démarrant 5 minutes après, et là évidemment, sur les trois à notre disposition, il y en a une qui n’a plus de toner, une avec un bourrage papier (comme ça on est deux à la bourre…), et la troisième qui a un problème technique. Je commençais à pousser mon hurlement de loup assis sur une colline au clair de lune, quand heureusement le technicien qui s’en occupe est arrivé et m’en a réparé une des trois juste à temps. Je l’aime bien en plus ce mec, il est toujours très gentil, affable et serviable, et grâce à lui j’ai avalé ma colère naissante.
Oui mais, elle ne demandait qu’à renaître…
Au lycée on a un truc à faire en fin de journée, pour alléger la tâche des agents de service : fermer les volets de la dernière salle où l’on a fait cours, si plus personne n’y vient après. On le fait tous gentiment, ce n’est pas bien méchant. Sauf que l’on a beau être gentils et disciplinés, par moments certains agents de service sont du genre casse-couilles et vont pleurnicher à l’administration : « dans la salle de Msieur Machin j’ai dû refermer » « Madame Truc ne le fait jamais » « Mlle Chose a encore oublié » gniagnia gniagnia… et après, on récupère dans nos casiers de notes de remontrances du secrétariat. C’est particulièrement chiant quand on n’est absolument pas responsable, genre : on était exceptionnellement dans une autre salle que la nôtre en fin de journée (on ne va quand même pas courir à la première pour fermer les volets après avoir fermés ceux de la deuxième !) ou bien on était absents, ou en sortie scolaire. Bref ! On reçoit des mots pour ces CONNERIES de volets à tort et à travers. Personnellement maintenant je les balance à la poubelle sans même les lire, je m’en branle. Mais ça en traumatise certains.
Dont un prof d’espagnol, M. Grosjean, (pseudo irrésistible qui m’a été suggéré par TiNours) qui n’a pas encore compris que fermer les volets, ça se fait EN FIN DE JOURNEE, quand il n’y a plus PERSONNE DERRIERE. Ou alors, le samedi ou le mercredi à la mi-journée, mais s’il n’y a PERSONNE DERRIERE.
Lui, il a tellement été traumatisé par les notes qu’il a dû recevoir dans son casier que maintenant, il ferme systématiquement les volets de sa salle en la quittant à 12h20. Et devinez qui c’est qui récupère sa salle à 12h30 dans une atmosphère de cloître castillan ? Devinez qui perd 5 bonnes minutes de son cours à remonter tous les stores, qui sont bien lourds, coincés et chiants et nombreux…. ? Voilà, oui, vous avez deviné.
La première semaine où ça arrive, je lui dis « Patrick, j’arrive 10 minutes après toi, ne ferme pas STP »
La deuxième semaine « Patrick, tu as encore oublié que j’ai cours juste après, il ne faut pas fermer.. »
La troisième fois (j’en ai laissé passer quelques unes entretemps) : « Patrick S’IL TE PLAIT ne ferme plus ces volets, je perds un temps fou à les remonter, etc etc » (blablabla stérile…)
Mardi j’avais déjà été bien échauffé par la photocopieuse qui m’avait fait perdre du temps, j’arrive et je me retrouve encore avec les élèves dans une atmosphère de confessionnal nocturne. J’ai encore perdu 5 minutes à remonter (et faire remonter par les élèves serviables) ces PU***** de stores rouillés, et j’ai pété les plombs. Disjoncté ! Je me suis chopé le Grosjean à la récréation et je lui ai expliqué sur un ton ‘un peu vif’ que j’en avais un tantinet marre de lever des stores, qu’il n’avait rien compris au règlement, que c’était ABSURDE de fermer des volets 10 minutes avant que j’arrive, et qu’on doit les refermer à midi uniquement le mercredi ou le samedi S’IL N Y A PAS COURS, DERRIERE, BORDEL DE M***** !!!!
Mon erreur : lui avoir fait une remontée de bretelles devant plein de monde. La sienne : m’avoir répondu en me disant que c’était MOI QUI ME TROMPAIS sur le règlement ! Ma deuxième erreur : l’avoir planté là assis dans ses certitudes, il m’énervait trop et je bouillais d’envie de lui coincer la tête sous le store de la salle des profs pour voir ce que ça aurait donné….
Il revient me voir plus tard (j’étais dans une salle annexe, à travailler avec une autre collègue)
Lui : « Il faudra qu’on se reparle toi et moi »
Moi : « Si c’est par rapport à cette histoire de stores, je crois que tout a été dit »
Lui : « Non, nous sommes tenus de refermer les volets à midi 20 »
Moi : (yeux injectés de sang façon Patrick Bateman juste avant qu'il ne sorte sa lame) : « NAAAAAN !!!!! ça, c’est le mercrediiiiiiiii ! Tu perds un temps fou à fermer ces stores et SURTOUT tu me fais PERDRE LE MIEN !!»
Lui : « De toute façon peu importe, tu as vu comme tu m’as parlé tout à l’heure ? »
Moi (conciliant, car je me sentais coupable par rapport à ça) : « Oui c’est vrai que je n’aurais pas dû m’énerver et je te demande de m’excuser, mais j’avais tort sur la forme, pas sur le FOND »
Lui (outré, il en rajoute une louche) : « Moi aussi je pourrais te parler comme ça, qu’est-ce que tu dirais alors ? »
Moi (gouailleur) « Ah ben tu peux toujours essayer, tu verras bien le résultat… »
Il a tourné les talons à son tour… Je crois que je l’ai vexé… Mais bon, que voulez-vous…. ?
Sur ce, j’enchaîne sur mon cours avec les Premières Z3 (ma classe préférée). Un des élèves, Marco Franchetta, avait été absent lors d'un devoir écrit avant les vacances. Bon, je lui donne un devoir de rattrapage, il va s’installer bien mignon dans son coin pendant que je fais cours aux autres, et l’heure se passe.
Pour tout vous dire à propos de Marco Franchetta, j’ai de gros soupçons sur son orientation sexuelle depuis le début de l’année : 1) assez grand, très mince. 2) yeux bleu pervenche 3) cheveux châtains mi-long qui lui retombent sur les épaules, très soyeux et brillants, une vraie pub pour l’OREAL 4) voix douce et regard caressant… 5) pour résumer il est la copie conforme du petit minet qui, dans une production Falcon, va devoir accueillir toutes les autres grosses brutes musclées par tous ses orifices avant la fin du film 6) il paraît qu'il a des "problèmes" avec sa famlle, mais je ne sais pas à quel sujet...
Enfin et surtout, j’ai beau me dire que je me fais des idées, ça fait plusieurs fois qu’il vient me faire des « chatteries » après le cours :
1) en septembre (il attend que tout les autres soient sortis comme si c’était un secret d’Etat) : Lui : (battements de cils, œil câlin) « Monsieur je voulais vous demander, l’an prochain je m’inscris en BTS aéronautique, et il y a de l’anglais technique, mais ce ne sera pas comme au bac, alors j’ai peur de ne pas m’en sortir, qu’en pensez-vous, devrais-je prendre des cours d’anglais supplémentaires cette année en prévision de…. ? »
Moi : « il faudrait aussi savoir en quoi consiste cette épreuve d’anglais pour ce BTS avant de te lancer dans des préparations »
Lui « Oui, oui je me renseigne et dès que je sais, je vous le dis, vous pourrez peut-être m’aider… »
2) en octobre, je rends des devoirs, il s’était planté, il avait eu 7. Il vient me voir à la fin du cours (encore), attend que tous les autres soient sortis (encore), et me fait un numéro classique d’élève malheureux « je ne comprends pas ma note, l’an dernier ça marchait mieux, pati pata… ». Ca, je connais par cœur, j’ai appris à gérer les chagrins : serviettes mouillées, fleurs d’oranger, encouragements (j’exagère à peine), couplets sur le travail qui finit par payer à la longue, le fait qu’il ne faut jamais baisser les bras, etc etc… J’avais branché le pilote automatique dans ma tirade bien rodée, et je le regardais au fond de ses jolis yeux bleus implorants, quand tout à coup, j’ai eu la mauvaise idée de baisser les yeux : QUE VOIS JE ???? Sa braguette était à moitié ouverte (à moitié seulement, je vous rassure) et il appuyait son bassin sur mon bureau d’une manière tout à fait équivoque, avec un air suggestif « le repas est servi… » AH !!! Heureusement, mon pilote automatique n’a pas (trop) déraillé, j’ai abrégé mes conseils studieux et je l’ai quitté avec un sourire crispé…
3) mardi, il me rend son devoir de rattrapage. Moi, gentil « alors, ça a marché ? », lui : « ben non il y a des choses que je n’ai pas comprises, regardez la question 5… » et au moment où je me penche pour étudier sa copie, il passe sa main sous son pull, le soulève et se masse voluptueusement les pecs, en me laissant pendant une dizaine de secondes une vue absolument imprenable sur son joli ventre plat et glabre.
Bon.
Vous en concluriez quoi, vous ?
Soit il est hétéro et je me fais des idées : IMPENSABLE.
Soit il est pédé et il me fait des avances : franchement je ne pense pas, je crois avoir passé la date de péremption pour intéresser un lycéen de 18 ans.
Soit il est pédé, ses antennes ont vibré en me rencontrant, et il me teste. Ca commence à devenir beaucoup plus plausible
Soit il est pédé, il est sûr que je le suis aussi, et il me fait du charme pour obtenir de moi des avantages en nature au niveau de la notation. Très possible, mais alors là il perd son temps. Je suis INCORRUPTIBLE ! Non, aucun élève n’obtiendrait d’avantages de moi par ce biais-là ! Même si j’avais Jean Galfione dans ma classe, eh ben je crois que , que, que… euh… queue…
RIDEAU
Une journée dans la vie d’un prof.
19:05 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : prof, élève, cours