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23/01/2008

Adieu Heath...

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Il s'en est allé avant-hier, apparemment victime d'une overdose, seul dans une chambre d'hôtel à New York.

Il avait 29 ans... A chaque fois que j'apprends que des gens nés après moi meurent avant moi, j'ai toujours une espèce de frisson en me disant que ce n'est pas dans l'ordre des choses, que ce n'est pas normal...

Des deux amants de "Brokeback Mountain" c'était lui qui survivait à la fin du film (Mon Dieu, cette scène déchirante, dans la chambre déserte, lorsqu'il retrouve la chemise... j'avais pleuré comme une fontaine....). Le destin l'a apparemment rattrappé.

Adieu Heath, et merci pour ces moments d'émotion intense que toi et Jake Gyllenhall aviez su faire ressentir à un public immense, qu'il soit gay ou hétéro.

Merci...

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"http://www.youtube.com/v/Y-A_ZR8AyRI&rel=1"

20/09/2007

La vérité ou presque

 

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On avait prévu d’aller voir le film depuis pas mal de temps mais on a eu le plaisir en plus, hier, de nous voir offrir les billets par une collègue de boulot de TiNours qui bosse de temps en temps au cinoche en tant qu’ouvreuse (certains soirs pour arrondir ses fins de mois) et qui devait écouler une partie de son ‘stock offert’ sinon ils étaient irrémédiablement perdus. J’ai trouvé ça vraiment très sympa de sa part

Le titre du film, à mon avis, est une jolie litote ! J’aurais plutôt intitulé cela :  « Le mensonge à fond la caisse » mais bien sûr ça aurait été plus vulgaire. Les personnages n’arrêtent pas de se mentir, sans cesse. L’histoire est centrée sur deux protagonistes principaux : d'une part  Karin Viard, qui joue Anne,  animatrice  TV d’un émission vaguement culturelle ou littéraire, divorcée, remariée,  un fils, visiblement très insatisfaite de sa vie, surtout familiale, et d'autre part André Dussolier (Vincent), professeur en fac, également auteur de romans et de biographies. Il est homosexuel, et lui aussi semble peu emballé par sa vie intime présente. Il envisage d’écrire le récit de la vie d’une chanteuse de jazz américaine ayant vécu en France, dont la carrière a été très brève et mineure, et qui est morte en 1970 dans un accident de voiture en laissant en France une fille et une sœur.

Autour de ces deux personnages centraux gravitent une foule d’autres : le premier mari de Anne, à la sexualité trouble (François Cluzet), sa femme actuelle, enceinte et déprimée, le second mari de Anne (joué par Sam Karmann, le réalisateur), gentil et ‘bonne pâte’, une amie lesbienne qui écrit elle aussi,  le jeune amant de Vincent, un peu irascible, les collègues de travail de Anne dans le panier de crabe que sont les plateaux télé, etc…

Le film m’a laissé une bonne impression, mais très mitigée toutefois. Le jazz (thème important) accompagne en fond sonore certaines scènes, mais parfois de façon agaçante et inopportune. Le personnage de Karin Viard, (dont le jeu est très bon, comme toujours), est insupportable sur le début, plus attachant à la fin (c’est voulu). Il y a un ‘secret’ sur la chanteuse de jazz, que Vincent finit par mettre à jour. Tout en comprenant que ce détail ait été important pour échafauder l’intrigue, j’ai trouvé qu’il était tarabiscoté et peu crédible (dites-moi ce que vous en pensez si vous voyez aussi le film). Le personnage de François Cluzet, immature et volage, est TRES intéressant, mais il est trop vite évacué sur la fin à mon goût, et beaucoup de questions que l’on se posait à son sujet restent sans réponse. La fin m’a donné l’impression d’avoir été un peu ‘bâclée’ et je trouve que c’est très dommage. En rajoutant 10 minutes au film, en approfondissant certains détails, certaines questions, le film, d’assez bon, serait devenu EXCELLENT (à mon goût…)

J’ai  gardé pour la fin ce que j’ai préféré : André Dussolier en homo sexagénaire. Il m’a épaté. Quelle classe, quelle dignité, quel jeu incroyable ! On y croit, on adhère immédiatement à son personnage. Je l’ai même trouvé extrêmement séduisant, surtout à cause de la gentillesse, la délicatesse, l’humanité, l’honnêteté qu’il dégage pendant tout le film. Je ne suis pas parvenu à démêler si ce qui m’avait plu c’était le personnage qu’il joue, ou son jeu à lui en tant qu’acteur, tellement il a superbement réussi à fusionner les deux. Une scène magique entre lui et Karin Viard, vers la fin du film, lorsque, seuls tous les deux, un soir de pluie, dans un gîte déserté, ils se livrent à de mutuelles confessions douces-amères sur leurs vies respectives.

Le film fait certainement réfléchir en tout cas, sur nos façons d’appréhender, de gérer, et même de manier la vérité et le mensonge dans nos vies au quotidien. Une phrase m’a particulièrement plu : « on peut aimer quelqu'un toute la vie, mais pas tout le temps ».

« Discuss » comme on dit dans les sujets de bac….

13/09/2007

Sicko

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 Après quelques films de Michael Moore, on commence à sourire devant les « tics » que l’on reconnaît dans ses films : manie de l’exagération, vision très manichéenne des débats, construction (très forte et habile!) visant à toucher le spectateur directement au cœur de sa sensibilité, bref des tics très américains, somme toute. Ce qui trouble à chaque fois évidemment, c’est que les techniques ‘made in USA’ sont dirigées contre les USA eux-mêmes. Qui plus est, avec sa casquette vissée presque en permanence sur sa tête, ses lunettes et son embonpoint, MM pourrait concourir pour « le physique le plus ‘américain moyen’ de la planète » C’est ce qui explique (peut-être, en partie !) sa popularité en Europe, même si son talent est indéniable, et les causes qu’il défend très justes.

Eh ben, tant pis si les ficelles sont des câbles, j’ai marché hier une fois encore en voyant le film. On était abasourdis en sortant. Des cas inimaginables :

Une femme traitée pour un cancer, qui doit payer 250 dollars une boîte de médicaments alors qu’à Cuba la même boîte (ou le même médicament, en tout cas) est facturé moins d’un dollar.

Une jeune fille qui a eu un accident de voiture. A moitié inconsciente et choquée elle a été transportée par ambulance à l’hosto. Quelques semaines après, sa compagnie d’assurance refuse de lui rembourser l’ambulance parce que le contrat qu’elle avait signé stipulait (en très petit, je suppose) que dans ce cas de figure il faut  APPELER au préalable l’assurance pour  DEMANDER l’autorisation d’avoir une ambulance. Et celle de crever sur le trottoir en faisant joujou avec son portable, aussi (si on en a un !).

Une dame dont le mari aurait pu être sauvé par une greffe de moelle osseuse donnée par son jeune frère compatible.  L’opération a été refusée en regard de son coût excessif. Le mari est mort dans les mois qui ont suivi. (Je ne vais plus regarder Grey’s Anatomy du même œil, moi….)

Un homme qui s’est sectionné les phalanges de deux doigts, à qui l’on a proposé de choisir entre une greffe de son annulaire ou de son majeur, en fonction du coût de l’opération… Doigt d’honneur !

Une dame dont l’enfant est morte : l’hôpital où l’ambulance l’avait emmenée en urgence avait refusé de la traiter parce qu’ils n’avaient pas de contrat d’accord passé avec l’assurance maladie de la mère. (comble d’ironie, l’enfant était noire et l’hôpital où on l’avait transportée était le Martin Luther King Hospital….)

Des sauveteurs (bénévoles ou non) ayant travaillé à l’excavation des victimes après les attentats du 11 septembre, qui croupissent aujourd’hui dans des maladies diverses, faute de soins. On leur refuse le remboursement car ils ne peuvent prouver de façon formelle que les affections dont ils souffrent sont directement liées à leur implication active dans les sauvetages lors des jours qui ont suivi. Ou bien parce qu’ils ne disposent pas de preuves irréfutables qu’ils étaient présents les 12, 13, 14 septembre 2001 (eh, Rudolf, t’aurais pu penser à immédiatement installer des pointeuses à l’entrée de Ground Zero ! C’est un réflexe banal dans ces cas-là ..).

Après ça Michael Moore fait des comparaisons des systèmes médicaux en se rendant dans d’autres pays : le Canada, l’Angleterre, la France, et même Cuba. Evidemment, à chaque fois le verdict est sans appel. Par comparaison aux USA, tous les autres sont des pays de Cocagne du régime de santé.Cependant, même si j’ai apprécié (toute la salle riait) la conclusion où MM sort dans Paris et observe les gens se faire des mamours sur fond de « je t’aime moi non plus » de Birkin et Gainsbourg, on tombe quand même dans les gros clichés. Ahlàlà, qu’est-ce qu’ils ont comme vacances ces Français, ahlàlà, et ces patrons qui paient quand même leurs employés pendant leurs journées de maladie, ahlàlà, et vous avez même des assistantes maternelles qui viennent chez vous après un accouchement pour vous assister, et laver votre linge ??? Malgré le ton admiratif, on sent que MM lui-même trouve que tout ça est un peu exagéré (même si c’est pour la bonne cause). J’aurais aussi apprécié que le film insiste mieux sur le fait que tout ceci a un coût, qui est ponctionné sur notre feuille de salaire tous les mois, et que nous acceptons tous de payer au nom de la  SOLIDARITE.  Les soins gratuits à l’hôpital, et les médicaments à des prix abordables, ça ne tombe pas tout cuit du ciel, et nous ne sommes pas une société d’ASSISTES. Qu’on se le dise. A l’étranger ET dans l’hexagone. Je redoute toujours, après ce style de reportage, la réaction du style « ah ben vous voyez que chez nous on n’est pas si mal que ça…. ! Donc quand on vous impose des mesures budgétaires restrictives, taisez vous et regardez de l’autre côté de l’Atlantique pour voir ce qui pourrait vous arriver. »

Et ce discours-là, je ne l’aime pas. Oui je suis heureux de vivre en France et de bénéficier des avantages que nous offre notre société à nous. Mais je n’oublie jamais qu’il faut rester vigilant pour conserver ces acquis, et, encore une fois, qu’on les PAIE.