28.05.2008

MétaFlore

Parmi les commentateurs fidèles à ce blog,  trois femmes reviennent régulièrement. J’ai envie d’écrire « filles » plutôt que « femmes » car dans mon optique elles sont des copines, des amies, et le terme de « fille » rappelle les années collège, lycée, fac, il a un parfum de jeunesse que j’associe, à tort bien sûr, à chaque amitié. Toute amitié est jeune par définition. D’abord quand elle est naissante, et même après plusieurs années, parce qu’elle est sans cesse renouvelée. Une amitié peut mourir, mais elle ne s’use pas au fil du temps, si l’on continue à se côtoyer. Bien au contraire,  paradoxalement, le temps la raffermit, la rajeunit, et lui prête vie.

 

 

Trois filles, donc.

 

 

 

Depuis quelques mois, elles reviennent, intermittentes, ici et là dans mon blog, dans mon espace perso, dans mon jardin secret… Pas si secret que ça, d’ailleurs, puisqu’il est ouvert à tous ceux qui ont envie d’y entrer. Mais ce terme me permet d’enchaîner sur une métaphore : trois filles, trois fleurs.

 

 

 

 

597539597.jpgLa première, c’est la violette. Elle a surgi un jour sans faire de bruit. Elle est venue gentiment s’émouvoir avec moi d’un sujet qui me tenait à cœur, et m’apporter son soutien. Elle est modeste, douce et réservée. La violette est utilisée pour du parfum bien sûr, mais aussi dans le domaine de la santé, et en cuisine, même. La fille à laquelle je pense, elle aime parler de ces choses-là. Elle est inventive, elle s’intéresse à tout ce qui peut rendre la vie belle et bonne. Elle aime les plaisirs simples. Elle s’occupe de sa famille, de son intérieur, avec amour. Elle a longtemps craint de rester dans l’ombre où depuis plusieurs mois on semblait vouloir la reléguer. Mais depuis quelques jours, elle a eu une occasion de s’épanouir, de montrer de quoi elle était capable. Timide, discrète, mais courageuse et opiniâtre. Je l’aime beaucoup, ma petite violette. Beaucoup.

 

 

 

 

La seconde amie, elle ressemble à du lilas. Elle est vivante, enthousiaste. Lorsqu’elle vient commenter, c’est toujours comme une bouffée1534240265.jpg de ce parfum qui vient nous caresser lorsqu’on passe à côté d’un de ces arbustes. Elle est passionnée, entière. Elle ne mesure pas son amitié, elle est généreuse et vibre toujours à l’unisson (chez moi en tout cas !). Quand on la lit, on a envie de la prendre dans ses bras, comme ces brassées de fleurs, blanches ou mauves, qu’on aime à ramener à la maison, au printemps, comme des invités agréables, pour qu’elles embaument tout. Elle est curieuse et intuitive. Elle est adorable.

 

 

 

 

La troisième, j’ai longtemps cherché quelle fleur je pourrais lui associer. Et tout en étant un peu insatisfait par la 875325817.jpgbanalité de mon choix, je n’ai pu trouver que la rose. Rose, blanche, jaune ou rouge, peu importe la couleur. Parce que la troisième copine, c’est une palette à elle toute seule. Changeante, rayonnante. Une rose parce que cette fleur s’épanouit sans crier gare, d’un seul coup, du jour au lendemain, dans un buisson, et c’est exactement comme ça que l’amitié est née entre nous, un soir, en me laissant tout surpris car je ne m’y attendais pas. Elle s’est déployée, elle m’en a foutu plein la vue. Un coup de foudre amical. Total. Incroyable comme je me sentais bien à discuter avec elle, comme nous avions plein de points communs, comme le rire et les confidences ont fusé entre nous. Elle sait être piquante dans ses avis, ses coups de gueule, et c’est tant mieux. Mais elle peut aussi être douce comme un pétale, si douce et tendre quand elle sent que quelque chose ne va pas. Une rose formidable.

 

 

 

 

 

Je les apprécie, mes trois fleurs. Je dois bien reconnaître que la tendresse d’une fille a une qualité particulière et inégalée. Elles sont moins abruptes, plus conciliantes, plus compréhensives dans leurs attitudes que les hommes. Est-ce simplement parce que, en tant que gay,  par moments il me manque aussi ce ‘quelque chose’, si indéfinissable, qu’on ne peut retrouver qu’en enfouissant son visage dans des mains féminines ? J’ai en tête en ce moment un extrait de ce film magnifique ‘Le fate ignoranti’. L’histoire d’Antonia, une jeune femme qui découvre par hasard après la mort accidentelle de son mari que celui-ci avait un amant.  Après le premier choc, elle va trouver ce jeune homme, Michel, en essayant de surmonter sa détresse, sa douleur, et pour essayer de savoir, de comprendre. Ils nouent des liens, tendus bien sûr au début, mais petit à petit le respect, et une certaine forme d’amitié s’instaurent. Traversés bien sûr, régulièrement, par des crises. Tout au long du film, Michel a toujours devant elle une attitude défiante et revendicatrice de cet amour que lui vivait secrètement avec son mari, et qu’elle, Antonia, n’avait  su ni pressentir ni comprendre. Or, vers la fin, lors d’un huis clos très doux et triste, il s’écroule devant elle et lui demande en sanglotant « Pardonne-moi… Pardonne-moi… »

 

 

 

Ce pardon, seules des femmes savent le comprendre, et le donner.

 

 

 

Et même si je ne demande pardon à personne, je voulais aujourd’hui rendre hommage à ce beau bouquet que j'ai la chance de voir fleurir, régulièrement, dans mon jardin.