26.03.2008

Querelle et moi, émois

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J’avais 17 ans, et j’étais allé avec ma sœur voir ça un soir dans un cinéma d’art et d’essai, quelques années après sa sortie en 1978.

1628720853.JPGJe ne savais pas trop de quoi le film traitait, sinon que ça parlait vaguement d’homosexualité. Je n’avais pas lu le roman de Jean Genet, je ne connaissais pas Fassbinder, et le seul truc qui m’attirait dans ce film c’est que le rôle principal était tenu par Brad Davis, que, comme tout le monde, j’avais trouvé génial dans le cultissime « Midnight Express » d'Alan Parker.

Rétrospectivement je me souviens m’être demandé si ma sœur m’avait emmené là pour voir mes réactions. Si c’était le cas, elle en a été pour ses frais. J’étais passé, depuis des années d’entraînement, maître dans l’art de me forger un visage imperturbable et impénétrable dès qu’il était question de « ça ». Elle m’avait donné un coup de coude dans la salle : « Tu as vu ? C’est plein de pédés » Et j’avais eu d’autant moins de mal à prononcer un « Ah bon ??? » sincère que je n’avais pas vraiment fait attention. J’étais couillon et aveugle, à 17 ans, à un point de non-retour. Enfin si, il y a eu 'retour', depuis,  j'ai pris des cours (du soir...). Je pense être un peu moins con, sur ça, du moins, aujourd’hui. Un peu. J’ai appris à « affûter » mes antennes homo, comme tout le monde…

 

 

Ce dont je me souviens en tout cas, c’est que deux mecs s’étaient battus, oui, battus physiquement, comme des chiffonniers, à l’intérieur2108294866.JPG de la salle de cinéma, avant le début de la projection, pour une histoire de place volée, ou de dépassement dans la file d’attente, ou je sais plus trop quoi, et ça avait été l’affolement dans ce rassemblement de tantes, pendant quelques minutes… Il n’y avait pas eu de blessé ou de coup grave, mais je me rappelle que l’un d’eux s’était fait déchirer son tee-shirt… WOUHA ! Chouette ! On était déjà dans le vif du sujet, avant même le commencement du film… « De la sueur, du sang et des larmes » comme dirait l’autre. Enfin non, j'exagère, personne n’avait pleuré ou saigné… Mais bon, ça nous mettait déjà dans l’ambiance bagarre virile… je ne sais pas, si, pour coller encore plus étroitement au « style Genet » les deux 'boxeurs' sont par la suite allés se réconcilier en un long corps à corps tendre aux chiottes. Mais le style était donné. Moteur.

 

 

1684007331.JPGEn fait c’est un film qui m’a laissé beaucoup d’impressions très disparates et mitigées. Il m’a marqué, bien évidemment, puisque j’en reparle, plus de 20 ans après. Mais, je suis désolé pour les fans de Fassbinder ou de ce style de cinéma, globalement, non, je n’ai pas accroché. C’est toujours douloureux lorsqu’on entend les gens s’extasier devant ce qu’il est convenu de considérer comme des chefs d’œuvres, de se dire que, ben non, on s’est fait chier. J’en ai toute une collection comme ça ! « Le Bal des Vampires » de Polanski. « Apocalypse Now » de Coppola. « Citizen Kane » d’Orson Welles. A chaque fois, je me suis emmerdé, mais emmerdé ! Et pourtant c’est pas faute de m’être appliqué. Pour « Citizen Kane », notamment, je me souviens : j’avais la cassette video. Je me la suis infligée TROIS FOIS pour arriver à voir la fin du film parce qu’à chaque fois je m’endormais devant, assommé d’ennui. Et pour finir, j’en garde un souvenir chiantissime.  Comme je me connais, pour me venger, j'avais dû enregistrer, par-dessus, des épisodes de 'La Petite Maison dans la Prairie'. Sûr et certain.

 

 

Donc, pour en revenir au film qui nous occupe ici, je n’ai pas été sensible, dans ‘Querelle’, à Jeanne Moreau (ex-épouse du Welles sus-mentionné, justement) en vieille prostituée chantant d'une voix éraillée « Each man kills the thing he laaaaves… dada dada.. dada da da...». Pas sensible non plus à ce kitschissime Brest de studio avec un ciel rouge sang en permanence. Oui, je sais, c’était voulu. Mais bon… J’arrivais pas à y croire. Et les films avec conteur en voix off, genre « Jules et Jim » (tiens, Jeanne Moreau jouait aussi dedans ! décidément…) ça me saoule profondément. Je ne sais pas pourquoi, je trouve que ça donne un côté par trop artificiel à l’histoire. Dans "Querelle", le mélange du côté théâtral de certaines répliques avec l’aspect sordide des meurtres et du sexe, m’avait énormément ennuyé aussi. Comme je l’avais lu un jour sous la plume d’un lecteur de Télérama qui critiquait (à raison, selon moi) le « Baise-moi » de Catherine Breillat : « Je n’ai rien contre les films de cul, en soi, ni contre les films intellectuels, en soi, c’est le mélange des deux qui m’irrite. » Eh ben voilà. Je ne dis pas que ce mélange est impossible, mais moi, dans le meilleur des cas, il me fait m’esclaffer, et dans le pire, il m’endort.

 

 

Cependant, bien sûr, je ne serais pas ici à écrire une note si certains aspects du film ne m’avaient pas plu, et même violemment interpellé. 1148365634.JPGJe ne suis pas homo pour rien… Brad Davis, évidemment… incroyable de pouvoir magnétique, filmé à la perfection dans son muscle shirt dévoilant ses pecs poilus hyper-sexy, alternant, dans une incohérence totale, au fil des scènes, tenue blanche immaculée de marin et nudité maculée de cambouis. La caméra le caresse, met en évidence les gouttes de sueur brillant sur sa peau, fixe ses postures nonchalantes et lascives. J’ai été moins fasciné par la scène où, après avoir volontairement perdu au jeu dans un lancer de dés (« Si tu gagnes ma femme est à toi, si tu perds, ton cul est à moi »), il se fait enculer par Nono, le tenancier du bordel, que par celle où il se fait draguer par un flic qui lui demande justement de lui raconter comment ça s’est passé, avec détails. Langage cru, mots orduriers, mais aucune violence ni brutalité. Le flic, au moment où Querelle accepte de le branler, laisse ostensiblement tomber par terre son pistolet, son couteau à cran d’arrêt. J’ai adoré (et j’adore toujours) ce mélange de virilité, de complicité, et même de tendresse. C’est tout ce qui fait le côté « unique » du sexe entre mecs, justement. J’ai noté en outre que le doublage français était bien moins excitant que la version originale en anglais, que j’ai découverte hier uniquement. Les voix possèdent une tonalité basse et rauque qui sue littéralement le sexe… Enfin, la scène vers la fin où Querelle et Gilles échangent de longs baisers sensuels en se caressant leurs épaules musculeuses, je dois bien avouer qu’elle m’avait fait bander comme un dingue.

 

 

Malgré tout (ou plutôt ‘à cause de cela’ justement !!!), d’un bout à l’autre du film, j’ai traîné un sentiment affreux de frustration. Je trouvais que ça n’allait pas assez loin ! Qu’est-ce qu’ils attendaient, Gilles et Querelle, pour cesser de philosopher au clair de lune sur la 1191081752.JPG« pureté de leur amitié » entre deux pelles échangées, et pour se mettre à forniquer comme des bêtes ??? Pourquoi est-ce que Nono et Querelle étaient resté habillés pendant la scène de la saillie ? Pourquoi est-ce qu’on devait apprendre par cet imbécile de conteur français à la voix de tapette que le flic était le premier homme que Querelle ait embrassé dans sa vie, sans qu’on puisse voir ce baiser à l’écran ? De ma vie entière, en voyant un film, je n’ai jamais été aussi frustré. En sortant de là, ce qu’il m’aurait fallu pour me calmer, c’était un bon Cadinot ou une production Falcon, à mater en boucle à la télé bien peinard, la télécommande dans la main droite et devinez quoi dans la gauche ! Mais hélas… à l’époque le porno homo en était à peine à ses premiers balbutiements, j’avais pas de magnétoscope, je vivais encore chez mes parents… impensable tout ça… J’ai dû me contenter d’une bonne séance en solo avec moi-même dans mes draps. Aaaah Brad… Quelle perte pour le cinéma et les pédés ! Seize ans après ta mort je te rends hommage : tu as été à l’origine d’innombrables « émois » (assez d’hypocrisies, disons le mot, « branlettes ») de mes nuits de puceau homo.

 

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Bon, tu n’as pas été le seul. Repose en paix, mec.

22.01.2008

Troublantes traductions....

Dans le dernier devoir écrit de type bac que j’ai donné à mes Terminales, il y avait un extrait de texte à traduire. La version française du dialogue original sans erreur devait  approximativement donner ceci :

 

 

« Leur arrivait-il de se disputer ? » demanda le sheriff à son père

« Pas que je sache » répondit son père.  « Il me semblait qu’Arnold tenait beaucoup à Eugie. »

« C’est vrai ? »  demanda le sheriff à Arnold.

Si son père le pensait, alors c’était vrai. Arnold hocha la tête.

« Etais-tu en colère contre lui ce matin ? »

« Non »

« Comment en es-tu venu à lui tirer dessus ? »

« On rampait par en-dessous la clôture »

« Oui ? »

« Et le pistolet s’est accroché dans le grillage »

« Ca doit être la gâchette qui s’est accrochée » intervint son père.

 

 

Je suis tombé sur la perle suivante :

 

 

« Font-il toujours tout ensemble ? » demanda le shérif à son père.

« Non, je suis cela » répondit son père. Cela me semble pour moi, Arnold supporte beaucoup Eugie.

« Le fais-tu ? » demande le shérif à Arnold.

Si il me semble donc ton père, puis c’est tout. Arnold

« Etais-tu fou de lui ce matin ? »

« Non »

« Comment t’y est-tu pris pour lui tirer dessus ? »

« Nous avons pleuré »

« Oui ? »

« Et le pistolet que tu avais, tu l’as pris sur le fil de fer »

« Comme le canon tu dois l’attraper » son père rentra.

 

 

Outre la franche poilade liée aux phrases qui ne veulent rien dire, je peux pas m’empêcher de voir des sous-entendus oedipiens à tous les virages. Je sais, je sais : comme Blanche-Neige, je vois des nains partout, mais comment ne pas ciller et rougir devant les phrases :

« Font-ils toujours tout ensemble ? »

« Etais-tu fou de lui ce matin ? »

« Comme le canon tu dois l’attraper »

Et j'arrête pas de me demander pourquoi « ils ont pleuré » après qu’il lui ait « tiré dessus »… Et puis aussi : dans quoi il est rentré, le père, à la fin… ? D’après vous… ?

29.12.2007

Blague de potache...

Hier dans la boîte aux lettres on a reçu cette pub :

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Après l'avoir examinée d'un oeil dédaigneux et quelque peu dégoûté, j'allais la jeter (du bout des doigts) dans la poubelle, quand je me suis aperçu qu'une enveloppe-réponse pré-timbrée avec le fameux "T" était jointe.

Après mûre réflexion, je me suis donc contenté de jeter le coupon-réponse et de le remplacer par un de ma composition, que j'ai glissé dans l'enveloppe, et qui est parti ce matin :

 

Désolés, vous êtes tombés chez les gays ! Pas intéressés !

Z’auriez pas la version « Kit homosutro », pour changer… ?

Ras-le-bol des pubs de cul avec des bonnes femmes….

 

 

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Est-ce que vous croyez que ça va leur ouvrir de nouvelles perspectives pour leur prochaine campagne de pub...?

 

22.11.2007

Marco Franchetta, porn star

Après avoir musardé aujourd'hui à mes moments perdus sur quelques sites "un peu spéciaux" (ça m'arrive si rarement, vous savez...) je suis tombé par hasard sur le sosie de Marco Franchetta !! Ca m'a fait un de ces chocs ! Il sort de la toute récente production Falcon "Longboard" et il fait du surf...

Kicéçuilà encore Marco Franchetta ??? Mais si, enfin, souvenez-vous, le petit mimi aux yeux bleu pervenche qui me fait des chatteries pour améliorer ses notes à la fin de l'heure, et à qui j'oppose une froideur inébranlable.... Si vous avez déjà oublié, relisez !

Comme ça a suscité un (petit) peu d'intérêt parmi les fans de littérature abonnés à mes bêtises, je vous mets les photos du sosie de Marco. Bon, il n'est pas à tomber, mais c'est un joli petit minou quand même, non....?

Son vrai nom (enfin, celui qui apparaît au générique, en tout cas) c'est Zachary Ryan. (Oui, c'est vrai : ça, on s'en tape...)

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11.11.2007

"Autopsy" : autopsie

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Vu hier soir sur France 3. Le film avait été diffusé en avant-première en septembre au festival de la Rochelle, et est une des fiertés de la chaîne, d’après Têtu.

Apparemment FR3 veut ‘prendre des risques’, rompre un peu avec la fameuse tradition ‘Louis la Brocante’ du samedi soir, et donc diffuser un sujet traitant d’homosexualité en prime time, tout en prévenant soigneusement dès le début ‘attention certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes’. Le film est déconseillé aux moins de 10 ans.

06c266ea061da862ab8570faea049183.jpgLa vie d’Eric, commandant de police à la SRP de Lyon, (45 ans, marié, un fils) bascule le jour où lors d’une autopsie après un crime, il rencontre Emmanuel, le nouveau médecin légiste de la brigade. C’est le coup de foudre  (mutuel) et il va devoir faire face à ce nouveau paramètre dans sa vie, lui qui auparavant se croyait installé sur de tranquilles certitudes hétéros. S’ajoutent à cela l’incompréhension de ses proches (sa femme, son fils, sa coéquipière) et l’atmosphère globalement homophobe du SRP. Tout cela sur fond d’enquête sur un crime sanglant et sordide, dans le milieu homosexuel lyonnais

 

Les deux acteurs principaux (Stéphane Freiss et Thierry Neuvic) sont beaux, et ils jouent bien. C’est déjà ça. Heureusement. Parce que pour le reste…

 

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Le téléfilm souffre particulièrement du mélange entre l’histoire d’amour (et donc les problèmes qu’elle entraîne) et l’enquête policière. Il aurait fallu choisir. Bon, il est évident que le quotidien d’un commissaire de police, c’est aussi les enquêtes. Mais pourquoi justement, comme par hasard,  s’agit-il d’une enquête sur un meurtre particulièrement sordide, dans le milieu homosexuel ? De plus, vers la fin, on apprend que même Emmanuel était lié de façon indirecte au meurtre, ce qui donne une impression complètement artificielle de scénario dans lequel on a voulu tout faire entrer pêle-mêle à grands coups de pieds.

L'histoire est pleine de « fausses notes » de ce genre : un autre exemple en est la réaction de la femme d’Eric qui l’accuse immédiatement, sans passer par une légitime ‘phase de doute’ d’être tombé amoureux du médecin légiste alors que lui (surtout devant sa femme) n’avait jamais rien laissé filtrer. Après une rencontre (chaste, en plus!) en soirée avec Emmanuel, Eric arrive en retard chez lui, et après une engueulade avec son fils, c'est au tour de sa femme de lui sauter dessus toutes griffes dehors : « Quoi, tu es en train de tomber amoureux d’un mec ??? Dis-le, dis-le !!!! ». Ca sonne faux, mais faux… Jamais, jamais dans la vraie vie on ne tirerait des conclusions aussi hâtives sur un mec qui a toujours mené une petite vie d’hétéro bien pépère, comme c’est le cas pour Eric. Evidemment, sur une heure et demie de film, l'histoire doit aller vite, et ils n’ont pas le temps de jouer dans la nuance, mais la crédibilité de l’intrigue en pâtit terriblement.

Bon, à part ça, on enfile tous les clichés possibles et imaginables : fils ado coiffé en pétard, en permanence révolté et hargneux, épouse déboussolée et admirable de dignité sous ses larmes, coéquipière  belle métisse chébran qui n’a pas la langue dans sa poche et qui joue les super-copines, mais qui ne se laisse pas marcher sur les pieds parce qu’être une femme libérée, c’est pas si facile, ne la laisse pas tomber, etc etc…

Bien sûr les deux mecs ne peuvent pas se draguer normalement : il y a plein d’engueulades, de bagarres, de coups de poing au préalable. Bon, ça, admettons, puisque le héros n’assume pas son attirance au départ. Alors leur premier baiser est échangé à la hussarde, après une hargneuse empoignade qui fait qu'ils se sont agressivement roulés l’un sur l’autre (au bord de la route...!). On a déjà vu ça 200 fois. J’ai l’impression que les scénaristes se disent à chaque fois : « Bon, oui, OK, on met en scène des pédés, mais faut pas oublier que c'est des HOMMES tout de même, et pour que ça passe mieux et que ça fasse viril, ils doivent se castagner comme de vrais mecs AVANT ». Bof. L’agressivité et les coups qui se transforment brutalement en désir sexuel, je trouve ça très moyen… Ca peut arriver, bien sûr…  Mais si toutes les histoires homos devaient débuter sur un ring de boxe, ça se saurait… Enfin, si ça plaît à certains…

La fin est grandguignolesque : Eric rejoint Emmanuel qui avait été placé en garde à vue par rapport à l'enquête, ils s’étreignent dans la cellule, et –alors qu’apparemment tous les problèmes avaient été réglés car le vrai coupable du meurtre avait été démasqué- ils se suicident mutuellement. Mon expression est volontairement ambiguë d’ailleurs, parce qu’on ne comprend pas bien qui tue qui le premier, et qui se suicide ensuite. Ca tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe.

Enfin, j’ai un problème avec les téléfilms français, je trouve qu’ils ont TOUS le même défaut horripilant : la bande-son est chaque fois A CHIER. Quand les acteurs discutent entre eux, on rate un mot sur trois, parce qu’ils parlent trop vite, ou n’articulent pas assez, ou bien parce que la musique de fond braille à tout berzingue (ou les trois à la fois). Je me fais peut-être dur de la feuille en vieillissant, mais alors pourquoi est-ce que je n’ai jamais ce problème lorsqu’il s’agit d’un film (français ou autre) ou bien d'un téléfilm étranger ? Doit-on forcément en passer par un doublage pour pouvoir entendre des dialogues CLAIRS à la télé ? Ce problème est vraiment particulier aux téléfilms français, je trouve. Affreux.

En conclusion, c’est bien louable de la part de FR3 de vouloir être moins frileux et de diffuser des histoires sur des sujets "gênants" à une heure de grande écoute, mais j’ai quand même eu l’impression de voir "Louis la brocante chez les homos", ou "L'instit vire sa cuti", ou même  "Docteur Sylvestre visite le Marais" (le téléfim a d'ailleurs été réalisé par Jérôme Anger). Pourquoi est-ce qu’ils ne rajoutent jamais des touches d’humour, d’originalité … ? Pourquoi est-ce que les histoires de pédés doivent toujours comporter une bonne dose de violence, de hurlements, et finir très souvent de façon  tragique, avec des personnages malheureux ? Je ne suis pas fan de ‘happy end’ et de bluettes à l'eau de rose,  mais cette impression de malheur et de condamnation qui plane sans cesse sur tous ces scénarios où les pédés osent montrer le bout de leur oreille, c’est marre.

 

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18.09.2007

Des effets de l’orage sur les pédés…

Journée lourde, moite, étouffante hier. A la fin de ma 5° heure de cours l’après midi, j’avais l’impression de sortir d’une séance de hammam ! (j’ai bien dit « hammam » et non pas « sauna », bande d’esprits mal placés….. le seul point commun était la chaleur… sinon tout le monde était habillé, et la salle contenait environ 60% de nanas ! toute ressemblance avec des évènements ayant déjà eu lieu serait donc fortuite, etc, etc, etc…).

 

Ca ne fait qu’empirer en rentrant à la maison… fait chaud, fait lourd…. TiNours rentre du boulot vers 17h15, on vaque à nos occupations , et puis on prépare le souper… fait chaud, fait moite… le porc au curry qu’il nous a mitonné, accompagné d’un riz basmati, est délicieux, mais il ne contribue certes pas à nous rafraîchir ! fait chaud, fait chaud… On ouvre la porte qui donne sur la terrasse pour avoir un peu d’oxygène, tiens une petite brise, hmmm que ça fait du bien ! On commence à ranger le bordel, gratouiller les gros plats, mettre les assiettes et couverts dans le lave-vaisselle, et tout à coup, sans crier gare : que voit-on ? la petite brise c’est transformée en orage ! Et même en tempête dis donc ! Des trombes d’eau dégringolent en cataracte dans le jardin. On avait laissé les fenêtres ouvertes dans les chambres pour essayer d’avoir un peu d’air dans la maison : panique à bord ! Précipitations, galopades dans tous les sens pour prévenir les flaques. Bon, pas trop de dégâts… je jette un coup d’œil par la fenêtre des toilettes : ambiance tropicale en diable ! Les palmiers sont secoués par les rafales, il pleut si fort qu’on a l’impression de contempler tout ça à travers un voile de brouillard, sauf quand les éclairs illuminent le ciel. Ouahou ! Génial, quel spec……….

BOUM ! PATATRAK !

Un coup de tonnerre assourdissant a explosé en plein au-dessus de la maison. J’avais JAMAIS été confronté à ça ! Jamais entendu le tonnerre à un tel niveau de décibels ! Tellement fort que j’ai eu l’impression, à ce moment-là, qu’un coup de feu avait été tiré dans la pièce même…. ! Tellement fort que la sonnette de la porte d’entrée s’est mise en marche et s’est mise à brailler à tout berzingue ! Eh ben le plus marrant, ça a été notre réaction à tous les deux : on a bondi dans les bras l’un de l’autre ! ça s’est passé en un millionième de seconde ! Même pas eu le temps de réfléchir ! Même pas eu le temps de comprendre que c’était le tonnerre ! Même pas eu le temps de se dire qu’on avait eu peur ! Soudés ! à vitesse supersonique !!!

Après coup, on a décodé, dans les minutes suivantes, sous les braillements de la sonnette, avant qu’on ne la coupe (à mon avis elle devait gueuler « Au secouuuuurs !!! prenez moi avec vous dans vos bras, j’ai la trouille aussi !!!). J’ai attrapé un incroyable fou-rire nerveux. Mon TiNours, lui, c’était « putain que j’ai eu peur, que j’ai eu peur putain, putain que .. etc » Bon, mis à part le fait qu’on avait les pulsations cardiaques à 120 et un taux d’adrénaline dans le sang qui devait friser les 80%, y avait pas eu mort d’homme….  Mais ce qui m’a plu, c’est notre réaction instinctive. Nos corps ont réagi avant nos cerveaux. Danger externe : POF ! On était soudés l’un contre l’autre sans même calculer quoi que ce soit….

J’avais pensé  intituler cette note « Tempête chez les tapettes » mais, pour le plaisir d’un jeu de mots moyen,  ça aurait été laid et méchant… C’est quoi le bilan de cet « épisode » somme toute assez banal ? Qu’on est des trouillards ? Ou bien qu’on s’aime ? Eh ben on est des trouillards qui s’aiment et c’est très bien comme ça. J’aime être dans les bras de mon TiNours, qu’il fasse peur ou qu’il fasse joie.

30.08.2007

Peplum

J’ai dû voir mon premier peplum quand j’avais 7 ou 8 ans. A la télé, bien sûr. Le genre était déjà trop démodé pour que je puisse en voir un au cinoche, si si, elle est pas si préhistorique que ça mon enfance ! Ah mais ! Bref.

Enfin en tout cas je l’oublierai jamais mon premier peplum, c’était « La bataille de Marathon » de Jacques Tourneur, sorti en 1960, avec Steve Reeves.

Dès le début du film j’ai même pas eu le temps de me rendre compte, j’étais scotché. Tétanisé. Absorbé. Englouti par ce qui se passait sur l’écran. Les scènes de Jeux olympiques avec Steve Reeves, entouré d’une dizaine d’autres beaux mecs musculeux, un peu moins beaux que lui mais beaux quand même. Et il gagnait. Tout. La course, le javelot, la lutte, la natation , tout.

Curieusement, je n’ai pas bien compris ce qui se passait en moi. Je suis même pas sûr d’avoir été excité sexuellement. Je me souviens seulement d’une impression de fascination totale. Et aussi d’un autre sentiment : ne surtout rien laisser paraître devant mes parents, mes frères et sœurs. Je sentais confusément que j’étais là dans une sorte de « domaine interdit » sur lequel il valait mieux que je ne m’étende pas. Que cette « fascination » pour l’homme magnifique qu’était Steve Reeves, ça allait au-delà de la simple admiration et que… je devais garder tout ça pour moi.

 

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J’ai bien sûr eu l’occasion de revoir le film et d’envisager plus lucidement ses côtés trop  naïfs  et kitschissimes depuis, mais peu importe. Il m’est toujours resté quelque chose de la première impression.

J’ai lu des articles, visité depuis des forums internet, « Steve Reeves était niais… une cacahuète à la place du cerveau… aucun talent…. ses muscles étaient son passeport pour le cinéma… pati, pata, gnagni, gnagna… ». Menfous, menfous, menfous. J’oublierai jamais cet émoi qui m’a pris en le voyant, lui, et aussi cette ambiance subtilement érotique dans le film, de ces beaux mecs qui s’entraînaient entre eux à moitié nus. Ben oui, à l’époque, il y avait pas les calendriers de rugbymen ! Par la suite, quand l’instinct sexuel est devenu plus clair pour moi, je suis moi aussi passé par les conneries habituelles : matage du catalogue de La Redoute (ou des 3 Suisses) à la page des maillots de bains (pour mecs, c’est la peine de préciser… ?) par exemple. Je me souviens plus tard en avoir parlé avec d’autres copains homos qui se sont esclaffés « on l’a tous fait ! » J’étais tout étonné ! Je croyais naïvement être le seul à m’adonner à ce style d’innocente perversion dans mon enfance. LOL.

Les peplums ont longtemps été démodés, ils sont revenus (un peu, pas trop…) au goût du jour il y a quelques années avec Gladiator. J’ai découvert aussi récemment à la télé (eh oui, encore !) Troie, que j’avais raté à sa sortie dans les salles. Même si j’ai grandi et mûri (oh, pas tant que ça…) j’ai conservé certains réflexes disons « esthétiques » de mon enfance. Mais la différence c’est que maintenant je suis mieux équipé pour figer les 'moments forts' (hum) d’un film dans leur perfection :

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(quelle idée ils ont eue d’aller s’entretuer devant les murailles, ces deux-là… y aurait eu tellement mieux à faire en un long face à face….)

Quoi qu’on ait pu dire sur ‘Troie’, je l’ai bien aimé, moi. Bon, d’accord, dans le film, l’histoire donne l’impression de s’écouler sur quatre jours alors que selon l’Iliade le siège de Troie a duré des années. J’ai aussi pleuré de rire en lisant sur un forum qu’il y avait eu une controverse sur le fait que la plupart des acteurs avaient un anglais et un accent trop ‘Shakespeariens’  dans la VO et qu’ils auraient dû avoir un accent grec. Ben voyons. Et pourquoi pas, pour l’authenticité, les faire déclamer en grec ancien aussi…. N’importe quoi.

Au fait, je suis pas fan de peplums. Je tenais à le préciser. La plupart de ceux que j’ai vus par la suite, je les ai trouvés plutôt mièvres et niais… mais bon…. Les émotions d’enfance qui perdurent jusqu’à l’âge adulte, c’est sympa et moi je les cultive. Si vous êtes sages, je vous parlerai un de ces quatre de ma passion pour les « Lassie ». Si, si. Rien ne vous sera épargné, vous dis-je. Rien.