21.12.2007

Des conséquences du statut d'oncle

A tous ceux qui, parmi vous, n’ont pas de frères et sœurs, et l’ont amèrement regretté pendant leur enfance parce qu’ils s’ennuyaient ferme entre leurs parents pas disponibles et leurs copains pas sous la main à la maison pour s’amuser, laissez-moi vous dire aujourd’hui : vous avez eu de la chance.

Non pas que je regrette d’avoir deux sœurs et un frère, même si les relations entre eux et moi sont très fluctuantes et variables, d’un moment à l’autre, et de l’un à l’autre. Non, globalement, c’est vrai que même si gamins (et encore maintenant) on s’est énormément étripés, on a aussi beaucoup rigolé, et que mon enfance, grâce à eux, a été tout, tout, tout sauf ennuyeuse. Sûr.

Mais en fait sans le savoir, Msieurs (dames ?) vous avez échappé à un péril terrible qui m’est tombé sur la gueule avant-hier soir.

Voilà. Les frères et sœurs, ça vous fabrique des neveux et des nièces.

Aaah, mais j’ai pas à me plaindre de mes deux neveux et de ma nièce non plus, ils sont beaux gentils et intelligents. Quand ma nièce est née j’avais 16 ans, je planais littéralement. Je voulais être son parrain, je ne l’ai pas été, j’en ai même fait une crise de jalousie seul dans mon coin. Enfin je prenais très au sérieux mon rôle tout neuf d’oncle, je pratiquais avec ravissement l’art du baby-sitting quand on me sollicitait, l’extase quoi. Quand mon premier neveu est né ensuite, ça a été pareil, avec en plus la joie d’avoir le garçon après la fille, je me prenais vraiment pour un papa numéro deux.

« Eh ben alors de quoi il se plaint ? »

De quoi je me plains ? Eh ben voilà. Messieurs (dames ?) qui me lisez, vous vous croyez peut-être protégés du spectre du vieillissement par le fait que n’ayant pas d’enfants (pour la plupart d’entre vous), vous n’aurez jamais de petits-enfants, et donc qu’on ne vous appellera jamais « Papy ». « Papa » c’est pas pareil. C’est beau, ça fait viril. « Tonton » aussi. Ca fait pote sympa, copain à qui on peut tout dire.  Mais « Papy » ou « Pépé » alors là c’est l’horreur, l’abomination….

Putain…

Bon, eh ben, si vous m‘avez bien suivi, vous devez commencer à voir où je veux en venir. Après Papa, Tonton, Pépé, il reste une quatrième option…. Si si si, réfléchissez bien…

Mon neveu m’a appelé, tout heureux et fier,  pour m’annoncer qu’il va être Papa au mois d’août prochain.

Ce qui va faire de moi un grand-oncle…

Putain…

J’ai failli, en bon pédé qui connaît ses classiques, lui ressortir un dialogue de Dynasty (oui je sais, cette référence-là non plus ne me rajeunit pas…) :

Sammy Jo (extatique) : « Nous venons de nous marier, Steven a dû vous apprendre la nouvelle… »

Alexis (venimeuse) : « Oui, il me l’a apprise en effet, j’en ai été folle de bonheur.. »

Donc être pédé n’immunise pas contre les effets psychologiques du vieillissement lié aux générations montantes qui vous poussent vers le haut. A moins de ne pas avoir de frères et sœurs, évidement !

Bon, et comment il va m’appeler, ce bébé, quand il saura parler ? « Papychou » ? "Onc' Picsou" ? « Tatie Danièle »… ?

Putain…

Et maintenant que j'ai touché ce phénomène là de près, je m'aperçois que je suis encore suffisamment jeune ( ET OUI !!) pour devenir dans quelques années ARRIERE GRAND oncle !!

Putain... flinguez-moi toutes ces saloperies de spermatozoïdes en folie qui ne nous laissent pas le temps de nous préparer psychologiquement...