30.08.2007

Peplum

J’ai dû voir mon premier peplum quand j’avais 7 ou 8 ans. A la télé, bien sûr. Le genre était déjà trop démodé pour que je puisse en voir un au cinoche, si si, elle est pas si préhistorique que ça mon enfance ! Ah mais ! Bref.

Enfin en tout cas je l’oublierai jamais mon premier peplum, c’était « La bataille de Marathon » de Jacques Tourneur, sorti en 1960, avec Steve Reeves.

Dès le début du film j’ai même pas eu le temps de me rendre compte, j’étais scotché. Tétanisé. Absorbé. Englouti par ce qui se passait sur l’écran. Les scènes de Jeux olympiques avec Steve Reeves, entouré d’une dizaine d’autres beaux mecs musculeux, un peu moins beaux que lui mais beaux quand même. Et il gagnait. Tout. La course, le javelot, la lutte, la natation , tout.

Curieusement, je n’ai pas bien compris ce qui se passait en moi. Je suis même pas sûr d’avoir été excité sexuellement. Je me souviens seulement d’une impression de fascination totale. Et aussi d’un autre sentiment : ne surtout rien laisser paraître devant mes parents, mes frères et sœurs. Je sentais confusément que j’étais là dans une sorte de « domaine interdit » sur lequel il valait mieux que je ne m’étende pas. Que cette « fascination » pour l’homme magnifique qu’était Steve Reeves, ça allait au-delà de la simple admiration et que… je devais garder tout ça pour moi.

 

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J’ai bien sûr eu l’occasion de revoir le film et d’envisager plus lucidement ses côtés trop  naïfs  et kitschissimes depuis, mais peu importe. Il m’est toujours resté quelque chose de la première impression.

J’ai lu des articles, visité depuis des forums internet, « Steve Reeves était niais… une cacahuète à la place du cerveau… aucun talent…. ses muscles étaient son passeport pour le cinéma… pati, pata, gnagni, gnagna… ». Menfous, menfous, menfous. J’oublierai jamais cet émoi qui m’a pris en le voyant, lui, et aussi cette ambiance subtilement érotique dans le film, de ces beaux mecs qui s’entraînaient entre eux à moitié nus. Ben oui, à l’époque, il y avait pas les calendriers de rugbymen ! Par la suite, quand l’instinct sexuel est devenu plus clair pour moi, je suis moi aussi passé par les conneries habituelles : matage du catalogue de La Redoute (ou des 3 Suisses) à la page des maillots de bains (pour mecs, c’est la peine de préciser… ?) par exemple. Je me souviens plus tard en avoir parlé avec d’autres copains homos qui se sont esclaffés « on l’a tous fait ! » J’étais tout étonné ! Je croyais naïvement être le seul à m’adonner à ce style d’innocente perversion dans mon enfance. LOL.

Les peplums ont longtemps été démodés, ils sont revenus (un peu, pas trop…) au goût du jour il y a quelques années avec Gladiator. J’ai découvert aussi récemment à la télé (eh oui, encore !) Troie, que j’avais raté à sa sortie dans les salles. Même si j’ai grandi et mûri (oh, pas tant que ça…) j’ai conservé certains réflexes disons « esthétiques » de mon enfance. Mais la différence c’est que maintenant je suis mieux équipé pour figer les 'moments forts' (hum) d’un film dans leur perfection :

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(quelle idée ils ont eue d’aller s’entretuer devant les murailles, ces deux-là… y aurait eu tellement mieux à faire en un long face à face….)

Quoi qu’on ait pu dire sur ‘Troie’, je l’ai bien aimé, moi. Bon, d’accord, dans le film, l’histoire donne l’impression de s’écouler sur quatre jours alors que selon l’Iliade le siège de Troie a duré des années. J’ai aussi pleuré de rire en lisant sur un forum qu’il y avait eu une controverse sur le fait que la plupart des acteurs avaient un anglais et un accent trop ‘Shakespeariens’  dans la VO et qu’ils auraient dû avoir un accent grec. Ben voyons. Et pourquoi pas, pour l’authenticité, les faire déclamer en grec ancien aussi…. N’importe quoi.

Au fait, je suis pas fan de peplums. Je tenais à le préciser. La plupart de ceux que j’ai vus par la suite, je les ai trouvés plutôt mièvres et niais… mais bon…. Les émotions d’enfance qui perdurent jusqu’à l’âge adulte, c’est sympa et moi je les cultive. Si vous êtes sages, je vous parlerai un de ces quatre de ma passion pour les « Lassie ». Si, si. Rien ne vous sera épargné, vous dis-je. Rien.