29.03.2008

Ecrit il y a bien longtemps... (2)

Il a neigé toute la nuit

Le paysage est tout blanc,

Tout blanc sous le soleil qui luit.

La grande forêt au flanc

De la montagne enneigée

Fait une large tache grise.

Les arbres de ouate enveloppés

Balancent sous la froide bise.

Un grand chemin tout vierge est là.

On ne distingue plus dans l’uniformité

Qu’une petite trace de pas

Perdue dans cette immensité

La neige tout en tombant l’efface.

Elle en adoucit les contours.

Peu à peu la petite place

Où quelqu’un a marché, s’efface pour toujours.

Ainsi dans notre cœur

Les pas de la douleur

Se marquent d’abord profondément

Puis, peu à peu, de moment en moment

La neige du temps

Avec son mouvement lent

Les enveloppe dans ses plis,

Les adoucit.

Et il ne reste bientôt plus

Là où la douleur fut

Qu’un petit creux que souvenir

Va amortir et embellir.

Ainsi tout s’efface,

Tout passe.

Et là-haut le temps éternel

Solennel

Tourne son sablier

Sans sourciller

D’un geste las.

Puis regarde vers le bas,

Vers le monde, vers nous, en essayant

Le tranchant

De sa faux d’argent.

 

 

 

 

(Au cas où ça en intéresserait... pour le "Ecrit il y a bien longtemps... (1)" c'était

09.03.2008

Ecrit il y a bien longtemps.... (1)

 

Je veux faire des vers, ai-je dit. Très facile,

On n’a au fond qu’à prendre un crayon, du papier

On pense un instant et puis l’on peut briller

 

 

Hum… ma première épreuve est un peu gracile

Pour ne pas dire maigre, enfin passons, passons.

Et je veux surpasser en vers de ma façon

Ceux que Monsieur Hugo fit sur le crépuscule.

 

 

L’ombre… (c’est bien) lorsque le jour recule

Etend ses voiles obscurs, ruisselants de rayons

(Goûtez cette antithèse, elle est du meilleur ton).

Le soleil (détail à ne pas oublier),

Pour quitter notre sol veut se faire prier.

Il traîne ses vapeurs à l’horizon étrange

Et sur le bord des nues brode de rouges franges.

(Ah, vous goûtez, j’espère, telle description)

Et Byron lui-même, en sa blanche Albion

N’y aurait sûrement pas trouvé ces images.

 

 

Un peu de pathétique maintenant… équipages

Qui voguez sur les flots que le soleil couchant

Teinte de sang

(Ah, merveilleux) je pense à vous ce soir

Tout seul dans le noir.

Oh marins et maris et fils et petits-fils

Seuls suivant le fil

De quelques rêveries ondulantes et tendres

Comme un chant de chez nous que tu voudrais entendre

(Pas mal, pas mal, vous dis-je, et je fais des progrès).

 

 

Un rossignol chantait doucement tout auprès

Et la divine nuit montait dans les vapeurs

(Ah, cela est sans doute écrit avec mon cœur).

Les monts à l’occident étaient violet sombre

Et se fondaient ensemble en une masse d’ombre.

 

 

Hélas, j’ai tout revu et tout désapprouvé

Moi qui aurais voulu dire comme Musset

L’étoile passagère et la lune d’argent

Et la chanson du vent.

Bah, m’a dit quelqu’un, mais fais donc autre chose

Oui,… c’est bien résolu, je ferai de la prose.